Pour exceller dans la négociation d’options avancées, vous devez maîtriser la gestion des risques. En respectant votre pouvoir d’achat, en choisissant des positions de taille raisonnable et en contrôlant les risques liés à l’assignation et à la cible, vous pouvez transformer des stratégies à risque en une forme d’art discipliné.
Les options à plusieurs pattes : le tableau ultime
Si négocier de simples options d’achat et de vente est un peu comme jouer aux dames, passer aux options à plusieurs pattes (comme les écarts verticaux, les condors de fer ou les papillons) serait comparable à une partie d’échecs.
C’est une étape complexe et passionnante. Les autres auront l’impression que vous comprenez parfaitement la signification des graphiques complexes qui s’affichent sur votre écran.
Comme plusieurs, vous aurez peut-être l’impression d’avoir débloqué un nouveau tableau dans un jeu vidéo.
Oui, les options simples sont intéressantes, sauf que les stratégies à plusieurs pattes vous permettent de définir le risque, de réduire vos coûts et potentiellement de réaliser des profits alors que l’action ne bouge pas d’un poil. Vous avez dépassé le stade d’acheter et d’espérer, et vous entrez dans la phase de concevoir une stratégie gagnante.
Mais pour reprendre l’analogie des jeux vidéo, un grand pouvoir implique un grand boss aussi grincheux qu’exigeant : la marge.
Lorsque vous négociez des écarts sur options, vous ne pouvez pas vous contenter de prédire la direction que prendra une action. Vous devez également gérer vos fonds et vous assurer de ne pas les épuiser.
En matière de négociation d’options, le succès se mesure non seulement par le nombre d’opérations réussies, mais aussi par votre capacité à limiter vos pertes lorsque les choses ne vont pas comme vous le voudriez.
Voyons comment gérer les risques liés aux options à plusieurs pattes sans avoir de doctorat en mathématiques appliquées.
Comprendre les exigences de marge sur les écarts
Les exigences de marge ne sont pas simplement des chiffres aléatoires que votre maison de courtage invente pour gâcher votre vie. Au Canada, c’est l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) qui fixe les exigences minimales de marge. Leur but est de refléter le risque associé à votre compte sur marge : plus ce risque est faible, plus l’exigence de marge sera faible.
Votre exigence de marge réduit votre pouvoir d’achat (le montant dont vous disposez pour acheter des titres). Vous pouvez voir l’exigence de marge comme le dépôt de garantie pour un appartement (dans les provinces où cette pratique est permise). Vous allez récupérer cet argent lorsque vous quitterez votre logement, mais entre-temps, vous ne pourrez pas le dépenser pour vous payer de la pizza ou de la bière.
Dans le cas des options à plusieurs pattes , les exigences de marge suivent une approche fondée sur le risque que l’on appelle marge fondée sur la stratégie. Ainsi, votre maison de courtage ne tient pas compte de chaque position individuellement et à la place, elle les voit comme un tout.
Sans marge fondée sur la stratégie, votre maison de courtage examinerait chaque position et exigerait un dépôt de marge pour chaque option qu’elle juge risquée.
Vous détenez une position acheteur sur option d’achat? Vous devez déposer une marge. Vous détenez une position vendeur sur option de vente? Vous devez déposer une autre marge.
L’exigence s’appliquerait indépendamment du fait que certaines positions se complètent et qu’elles annulent mutuellement leurs risques. Votre maison de courtage ferait comme si elles fonctionnaient en vases clos.
La marge fondée sur la stratégie est plus intéressante. Elle permet à votre maison de courtage de réaliser, par exemple, que deux positions se protègent mutuellement.
Lorsqu’une stratégie combine deux options dont les risques se compensent, l’OCRI vous donne droit à un allégement de marge Quand on y pense, c’est tout à fait logique.
Voici comment cela fonctionne.
Sans marge fondée sur la stratégie : Vous achetez une option d’achat et vendez une option d’achat à des prix de levée différents (par exemple de 3,00 $ et de 1,00 $, respectivement). Votre maison de courtage examine chaque patte séparément et vous demande de déposer une marge sur chacune des deux positions.
Avec marge fondée sur la stratégie : Votre maison de courtage reconnaît les deux options comme faisant partie d’un écart haussier sur options d’achat. Votre dépôt de marge se limite au coût de l’opération, c’est-à-dire au débit net que vous avez payé. Si vous avez acheté l’écart pour 2,00 $, votre exigence de marge est de 200 $ (puisque 1 contrat = 100 actions). C’est tout. Ce montant représente également votre perte maximale si vous conservez la position jusqu’à l’échéance. Par conséquent, cette exigence de marge est tout à fait logique.
Il existe plusieurs stratégies admissibles à une marge réduite – des options d’achat de protection aux condors de fer en passant par les écarts calendaires. Plutôt que de vous ennuyer avec une liste exhaustive, nous vous proposons de consulter les stratégies admissibles et leurs exigences de marge respectives ici.
Remarque : C’est l’OCRI qui fixe les exigences de marge minimales pour l’ensemble des courtiers de placements au Canada. Votre maison de courtage peut exiger une marge plus élevée.
Taille de la position
Pourquoi le « tout pour le tout » ne fonctionne pas dans les écarts
Comme cela coûte moins cher de mettre un écart en place que d’acheter 100 actions, il peut être extrêmement tentant de maximiser votre levier. En effet, si vous voyez un écart qui ne coûte que 100 $, vous vous direz peut-être : « J’ai 10 000 $. Pourquoi ne pas en acheter 50? »
Par contre, un levier accru vient avec un risque accru, ce qui vous expose à certaines difficultés.
L’approche par unité
Une façon logique d’aborder les opérations sur options consiste à les voir sous l’angle des unités. Au lieu de considérer les options comme des montants fluctuants, voyez-les comme des unités de risque.
Supposons que votre unité standard correspond à un risque de 500 $.
Forte conviction : Vous aimez le montage de votre stratégie? Utilisez 1,5 ou 2 unités (un risque de 750 $ à 1 000 $).
Spéculation : Vous voulez simplement voir ce qui va arriver aux bénéfices? Utilisez 0,5 unité (un risque de 250 $).
Lorsque vous pensez en unités de risque standards, vous éliminez le poids émotionnel des dollars et vous vous concentrez sur l’aspect fonctionnel de l’opération.
Test de tension : pour se préparer au pire scénario
Négocier lorsque les conditions sont optimales, c’est du gâteau. Le test ultime, toutefois, c’est de passer à travers des conditions peu optimales.
Un test de tension consiste à simuler ce qui se passe avec votre argent lorsque tout va mal.
Analyse de scénario et test de tension
Ce sont les deux principales façons d’évaluer la vulnérabilité et de gérer le risque lié aux écarts.
Analyse de scénario : Cet exercice consiste à se poser une série de questions hypothétiques, par exemple « Que se passe-t-il avec mes options d’achat sur $CHOU si les ventes de salades sont inférieures aux prévisions? »
Qu’est-ce qui distingue cet exercice? Il porte sur un aspect.
Test de tension : Cet exercice consiste à se poser des questions telles que « Qu’arrivera-t-il à l’ensemble de mon portefeuille si le secteur agricole perd 20 %, si la volatilité augmente de 50 % et si les taux d’intérêt bondissent? »
Qu’est-ce qui distingue cet exercice? Il est systémique.
Comment réaliser un test de tension manuellement
Avant de confirmer une opération complexe composée de plusieurs pattes, soumettez-la à un test de tension manuel :
Risque lié au gamma
À l’approche de l’échéance, le delta (l’ampleur de la variation du prix de l’option) commence à évoluer plus rapidement. C’est ce qu’on appelle le gamma.
Si le cours de l’action évolue de 5 % en votre défaveur du jour au lendemain, est-ce que votre perte va s’accélérer plus vite que vous ne pourrez la gérer?
À l’aide des outils d’analyse ou de profil de risque proposés par votre plateforme de courtage, simulez sur différentes périodes la réaction de vos options à des variations de l’actif sous-jacent de :
±5 %
±10 %
±20 %
Risque lié au véga
C’est un risque important pour les condors de fer.
Le véga mesure la sensibilité de votre option à la volatilité implicite. Le cours de l’action peut ne pas bouger, mais si le marché s’affole et que la volatilité implicite grimpe en flèche, votre condor de fer pourrait vous faire perdre de l’argent.
Vous devez savoir si vous avez une position acheteur ou vendeur sur la volatilité.
À l’aide des outils d’analyse ou de profil de risque proposés par votre plateforme de courtage, observez l’effet immédiat sur le profit net ou la perte nette de votre écart en ajustant manuellement la volatilité implicite de :
±10 %
±20 %
±30 %
Risque de liquidité
Vérifiez l’écart entre les cours acheteur et vendeur. Supposons que vous négociez une action obscure du secteur de la biotechnologie avec un écart de 1,00 $ entre les cours acheteur et vendeur. Même si l’opération vous rapporte de l’argent, il est possible que vous ayez beaucoup de mal à liquider vos titres sans que les teneurs de marché viennent gruger tous vos profits.
Posez-vous la question suivante : Si je dois liquider ma position rapidement, l’écart entre les cours acheteur et vendeur sera-t-il si important qu’il absorbera mes profits?
Risque d’assignation et risque lié à la cible : le Bonhomme Sept Heures de la fin de semaine
Les options à plusieurs pattes impliquent la vente d’options et, par le fait même, un engagement de votre part. Vous vous exposez donc à deux risques qui peuvent vous empêcher de dormir sur vos deux oreilles le vendredi soir : le risque d’assignation anticipée et le risque lié à la cible.
Risque d’assignation anticipée
Si vous avez vendu une option d’achat dans le cadre d’un écart et que le cours de l’action monte en flèche, vous pourriez recevoir une assignation. Autrement dit, quelqu’un pourrait exercer son droit de vous acheter ces actions.
Résultat : vous pourriez vous réveiller un matin et vous rendre compte que vous êtes « à découvert » de 100 actions que vous n’avez jamais possédées.
Les assignations anticipées se produisent souvent juste avant la date ex-dividende. Si le dividende vaut plus que la « valeur temps » restante de l’option, attendez-vous à recevoir une assignation.
Si votre position vendeur est profondément en jeu, vous pouvez clôturer l’écart ou le reporter avant que l’assignation n’ait lieu.
Risque lié à la cible
Le risque lié à la cible survient lorsque le cours de clôture d’une action le vendredi à 16 h est presque identique au prix de levée de votre position vendeur.
Est-ce que vous serez propriétaire de l’action ou non? Vous n’aurez la réponse définitive qu’après la fermeture des marchés.
Quel cauchemar! Les marchés sont fermés, alors que vous vous exposez à un risque inconnu pendant toute la fin de semaine.
La plupart du temps, vous voudrez clôturer ou reporter votre position.
Si un écart est proche du prix de levée le vendredi après-midi, demandez-vous si cela vaut la peine de prendre des risques pour récolter quelques dollars de plus.


