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Les forces macroéconomiques et leur effet sur l’analyse fondamentale

Mis à jour 7 janvier 2026

Résumé

Les grandes tendances économiques ont une influence immense sur le rendement des entreprises et sur les possibilités d’investissement. En portant attention aux principaux indicateurs économiques et en comprenant leur effet sur différents secteurs, vous pouvez améliorer votre analyse fondamentale des entreprises dans lesquelles vous envisagez d’investir, sans que les variations des taux d’intérêt, l’inflation ou la croissance ne vous influencent.

Pour évaluer les résultats d’une entreprise et la possibilité d’investir dans celle-ci, il ne faut pas s’arrêter à la qualité de sa gestion et à son avantage concurrentiel. La conjoncture économique exerce une influence énorme.

C’est ce qu’on appelle la macroéconomie, c’est-à-dire l’étude des grands facteurs économiques, comme les taux d’intérêt, l’inflation et la croissance économique globale. 

Même si vous centrez votre analyse sur les données fondamentales d’une entreprise, comme ses flux de trésorerie et son bilan, ce sont les facteurs macroéconomiques qui dictent ces données et leur évolution. Voilà pourquoi il est bon de connaître les principales forces macroéconomiques et leur effet possible sur votre analyse fondamentale.

Le premier trio : taux d’intérêt, inflation et PIB

Les taux d’intérêt, l’inflation et le produit intérieur brut (PIB) sont les facteurs qui ont le plus grand effet sur le rendement d’une entreprise. Jetons un coup d’œil à leur influence sur l’analyse fondamentale.

Taux d’intérêt

La Banque du Canada (ou la Réserve fédérale des États-Unis) gère l’inflation et la croissance économique en fixant les taux d’intérêt.

La hausse et la baisse des taux d’intérêt ont des effets différents selon les secteurs :

  • Services financiers. Les banques et les compagnies d’assurance bénéficient normalement de la hausse des taux d’intérêt parce qu’elles peuvent exiger des intérêts plus élevés sur les prêts, tandis que les intérêts qu’elles versent sur les dépôts n’augmentent pas toujours aussi rapidement, ce qui augmente leurs marges d’intérêt nettes (elles conservent une plus grande part de la différence).

  • Immobilier. Les sociétés immobilières dépendent fortement du financement. Quand les taux d’intérêt augmentent, les hypothèques et les prêts immobiliers coûtent plus cher, ce qui peut réduire la valeur des propriétés. Si vous investissez dans l’immobilier, vous vous intéressez aussi aux taux de capitalisation (rendement des immeubles locatifs). Ceux-ci ont tendance à augmenter avec les taux d’intérêt, ce qui peut diminuer la valeur des actifs.

  • Technologies. La valeur des entreprises technologiques dépend beaucoup de leurs bénéfices potentiels. Leurs actions sont généralement considérées comme des valeurs de croissance. Quand les taux d’intérêt augmentent, le taux d’actualisation utilisé dans les modèles d’évaluation augmente, ce qui signifie que les bénéfices potentiels de ces entreprises valent moins. Voilà pourquoi les actions des entreprises technologiques peuvent être sensibles aux fluctuations des taux d’intérêt. 

Quand les taux d’intérêt montent ou baissent, les investisseurs d’expérience augmentent leur position dans les secteurs qui profitent des nouveaux taux et diminuent leur exposition aux secteurs moins favorisés. C’est ce qu’on appelle la rotation sectorielle.

Effet des taux d’intérêt sur l’analyse fondamentale : Les taux d’intérêt déterminent combien il en coûte aux entreprises pour emprunter ou réunir des fonds. Il est donc important de porter attention aux niveaux d’endettement et aux ratios de couverture des intérêts quand les taux sont en hausse. Des taux d’intérêt élevés peuvent également faire augmenter le taux d’actualisation utilisé dans des modèles d’évaluation, ce qui diminue la valeur actualisée des bénéfices futurs d’une entreprise. Voilà pourquoi les variations des taux d’intérêt peuvent avoir un effet considérable sur le cours d’une action, même si le rendement de l’entreprise ne change pas. 

Inflation

La hausse du prix des biens et des services n’a pas le même effet sur tous les secteurs, selon leur capacité à augmenter leurs prix sans perdre de clientèle. C’est ce qu’on appelle le pouvoir de fixation des prix. 

Voici à quoi cela ressemble dans différents secteurs :

  • Consommation discrétionnaire. Les dépenses « facultatives » (p. ex. divertissements et restaurants) sont souvent éliminées quand le prix des biens augmente. Ce secteur subit donc des pressions en période d’inflation élevée. Les entreprises doivent augmenter leurs prix quitte à perdre des clients ou diminuer leurs marges bénéficiaires pour demeurer concurrentielles.

  • Biens de consommation de base. Les dépenses comme l’épicerie sont incontournables. Les entreprises dans ce secteur ont donc un plus grand pouvoir de fixation de prix, mais leurs marges peuvent quand même diminuer si le coût des intrants (p. ex. emballage et transport) augmente plus vite que le prix des denrées vendues.

  • Énergie et matériaux. Ces secteurs bénéficient habituellement d’une hausse de l’inflation parce que ce sont elles qui fournissent les intrants dont les prix augmentent. La hausse des prix des marchandises peut améliorer leurs revenus si les coûts de production n’augmentent pas aussi rapidement.

  • Services publics. Les tarifs des services publics sont presque toujours réglementés, ce qui limite la capacité des entreprises à refiler les hausses de prix à leurs clients. Leurs rendements finissent habituellement par s’ajuster, mais pas immédiatement.

Effet de l’inflation sur l’analyse fondamentale : L’inflation peut gonfler les revenus, ce qui peut donner l’impression qu’une entreprise est en croissance, même si ses ventes stagnent. Et si ses coûts (comme ceux des matériaux de production) augmentent plus vite que le prix de ses produits, ses marges se contractent. Surveillez l’évolution des marges dans les communiqués sur les résultats de l’entreprise [link to reports and earnings call article]. Une entreprise qui a un bon pouvoir de fixation de prix a généralement des marges stables ou croissantes.

PIB

Le PIB indique si l’économie connaît une croissance ou un ralentissement, ce qui se répercute sur la demande.

Certains secteurs sont plus sensibles au PIB que d’autres, selon qu’ils sont cycliques ou défensifs. Les secteurs cycliques connaissent des hausses et des baisses qui suivent les conditions économiques, tandis que les secteurs défensifs sont plus stables, peu importe la conjoncture. (C’est pourquoi une certaine connaissance de l’analyse sectorielle peut être utile.)

Il y a une règle simple à suivre :

  • Si le PIB augmente, favorisez les secteurs cycliques. Les industries ont généralement de bons résultats parce que la demande de nouvelles constructions et d’équipement augmente. Il en va de même pour les matériaux et l’énergie, parce qu’il faut davantage de ressources brutes pour soutenir la demande accrue de production. Les dépenses de consommation discrétionnaire ont aussi tendance à augmenter.

  • Si le PIB ralentit, favorisez les secteurs défensifs. Les dépenses essentielles sont bien protégées, comme les soins de santé, les biens de consommation de base et les services publics. Les entreprises dans ces secteurs ont tendance à avoir des flux de trésorerie plus stables, ce qui leur permet de protéger leurs revenus et de maintenir leurs dividendes, même quand les autres connaissent des difficultés.  

Effet du PIB sur l’analyse fondamentale : Durant une période de croissance, les variations du PIB vous permettent d’évaluer si la croissance des revenus d’une entreprise vient de sa propre réussite ou simplement de la robustesse de l’économie. Quand le PIB ralentit, les gains des entreprises dans les secteurs cycliques peuvent diminuer. Il faut alors chercher des signes montrant que ces entreprises peuvent affronter les périodes difficiles. Ont-elles assez de liquidités pour payer leurs dettes et leurs coûts? Les stocks s’envolent-ils ou s’accumulent-ils?

Le cours des actions ne suit pas toujours les données fondamentales

Même si une entreprise bénéficie d’une situation financière solide et de facteurs macroéconomiques favorables, le marché boursier ne le reconnaît pas toujours immédiatement, notamment en raison des tendances d’investissement. 

De nos jours, au lieu d’opter pour des actions individuelles, beaucoup de gens investissent dans des fonds négociés en bourse (FNB) et des fonds indiciels. Ces fonds achètent des groupes d’actions en bloc (comme toutes celles de l’indice S&P 500). C’est ce qu’on appelle l’investissement passif, car les investisseurs suivent le marché au lieu de choisir des titres individuels. 

Effet de l’investissement passif sur l’évaluation des actions

Les FNB et les fonds indiciels achètent automatiquement des actions de toute entreprise faisant partie de l’indice ou du secteur visé, peu importe ses données fondamentales.

Par conséquent :

  • Les actions dans le même secteur évoluent souvent ensemble.

  • Tant les entreprises faibles que les entreprises solides peuvent obtenir un coup de pouce simplement en raison du volume d’actions achetées par le FNB ou le fonds indiciel. Et le contraire se produit en cas de désinvestissement. 

Plus il y a d’investissement passif, plus le cours des actions fluctue selon les transactions du fonds, peu importe le rendement des entreprises ou les facteurs macroéconomiques. 

Ce principe s’applique aussi aux entreprises qui ne font pas partie d’un indice. Comme elles ne bénéficient pas de l’effet indiciel, elles peuvent avoir des données fondamentales solides, mais une faible hausse du cours de leurs actions, et recevoir moins d’attention des analystes et des journalistes. Les personnes qui sont prêtes à investir en dehors des indices connus et à choisir elles-mêmes des actions individuelles peuvent tirer profit des actions sous-évaluées.

Et l’analyse fondamentale dans tout ça?

La popularité accrue des FNB ne signifie pas que l’analyse fondamentale est moins importante, mais elle change la manière dont les données fondamentales d’une entreprise se reflètent dans le cours des actions.

Une entreprise qui a de bons résultats pourrait accuser du retard si elle ne fait pas partie d’un des grands indices. 

Les actions peuvent évoluer en bloc, même si les entreprises sont très différentes.

Le marché peut prendre plus de temps à reconnaître les entreprises fondamentalement solides.

Voilà pourquoi une analyse fondamentale approfondie combinée à une évaluation des facteurs macroéconomiques peut profiter aux investisseurs autonomes patients. 

Intégrer l’analyse macroéconomique et fondamentale dans vos décisions

La première étape, c’est de comprendre l’effet des facteurs macroéconomiques sur les résultats d’une entreprise. La deuxième, c’est de savoir comment combiner ces connaissances à l’analyse fondamentale pour éclairer vos décisions d’investissement (sans devenir économiste à temps plein). 

Créez un simple tableau de bord macroéconomique

Créez votre propre tableau de bord pour suivre les principaux indicateurs économiques. En plus des trois grands facteurs (taux d’intérêt, inflation et PIB), vous voudrez peut-être suivre le taux de chômage (ce qui peut ajouter un élément contextuel pour comprendre les dépenses des consommateurs et les chiffres d’affaires d’une entreprise), ainsi que la confiance des consommateurs (qui mesure la propension des consommateurs à acheter).

Vous pouvez vérifier ces indicateurs chaque mois et chaque trimestre, en consultant les sites Web du gouvernement et de la banque centrale, des journaux financiers et des calendriers économiques, qui contiennent les événements financiers et économiques qui peuvent influer sur le marché (comme la publication de rapports sur le PIB et les hausses ou baisses prévues des taux d’intérêt).

Liez les tendances macroéconomiques aux secteurs

N’oubliez pas que les facteurs macroéconomiques ne touchent pas tous les secteurs de la même façon. Quand vous combinez votre analyse macroéconomique et votre analyse fondamentale, pensez à ceci :

  • Le secteur de cette entreprise est-il avantagé ou désavantagé par le contexte économique? Comment ce facteur se reflète-t-il sur mon analyse?

  • Vous pourrez ainsi éviter d’investir dans des entreprises en contexte défavorable ou choisir le bon moment pour investir.

Choisissez le bon moment pour faire votre entrée

Une autre façon de choisir le bon moment pour vos décisions, c’est d’ajouter une analyse technique.

L’analyse fondamentale vous aide à décider quelles actions acheter. L’analyse macroéconomique vous aide à déterminer si c’est généralement un bon moment pour acheter. L’analyse technique vous aide à trouver exactement le meilleur moment pour investir, selon l’évolution du marché.

Voici de bons indicateurs d’analyse technique :

  • Direction des tendances. Le cours de l’action est-il généralement en hausse ou à la baisse?

  • Niveaux de support et de résistance. À quel niveau le cours de l’action va-t-il se stabiliser ou se renverser?

  • Volume. Les investisseurs achètent-ils avec confiance?

Si votre analyse fondamentale et la conjoncture économique semblent favorables, mais que votre analyse technique vous dit que l’action suit toujours une tendance baissière, vous voudrez peut-être attendre un renversement de la tendance pour éviter d’acheter trop tôt.

Ajustez votre position selon la certitude ou l’incertitude

Selon ce que votre analyse macroéconomique révèle, vous voudrez peut-être ajuster la taille de vos positions. 

Si les taux d’intérêt, l’inflation ou le PIB sont en fluctuation, une position moins importante pourrait atténuer votre risque jusqu’à ce que l’économie se stabilise.

Si la confiance des consommateurs, le taux d’emploi et le PIB sont élevés, des positions plus importantes peuvent offrir une plus grande hausse de valeur.

Mais n’oubliez pas que les facteurs macroéconomiques n’ont pas le même effet sur tous les secteurs. Tenez compte autant du secteur dans lequel vous investissez que du montant que vous investissez.

Protégez-vous des grosses surprises

La multiplication des signes de récession, les hausses abruptes des taux et même les catastrophes naturelles ou l’incertitude politique peuvent changer soudainement le contexte macroéconomique.

Afin d’atténuer l’incidence négative sur votre portefeuille, utilisez quelques stratégies de couverture simples pour mieux surmonter la volatilité : 

  • Diversifiez votre portefeuille en incluant des titres de plusieurs secteurs.

  • Ajoutez des actions des secteurs défensifs pour améliorer votre stabilité en cas de ralentissement économique.

  • Songez à utiliser des ordres de vente stop (un ordre de vente automatique si le cours d’une action baisse trop) pour atténuer votre risque en cas de détérioration soudaine du contexte.

Vous n’avez pas à prédire ou à analyser chaque soubresaut de l’économie. Mais en combinant une compréhension des facteurs macroéconomiques et votre analyse fondamentale, vous comprendrez mieux pourquoi les résultats d’une entreprise pourraient augmenter ou diminuer, vous éviterez les risques qui ne sont peut-être pas dans le rapport annuel et vous choisirez le bon moment pour investir, quand le contexte économique vous sera favorable.

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