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Condor de fer en position vendeur

Mis à jour

Vous croyez que le cours d’une action va faire du surplace pendant un certain temps? Autrement dit, il ne connaîtra aucun bond ni aucune chute, et son prix évoluera au sein d’une fourchette? Voici une stratégie qui vous permet de générer des revenus à partir de cette stabilité tout en délimitant le risque des deux côtés si votre pronostic s’avère erroné. Elle a pour nom « condor de fer en position vendeur ».

Voici comment cela fonctionne.

Qu’est-ce qu’un condor de fer en position vendeur?

Un condor de fer en position vendeur est une stratégie d’options neutre à risque défini qui génère des revenus lorsqu’une action évolue dans une fourchette et qu’elle reste stable jusqu’à l’échéance. Pour composer cette stratégie, il faut négocier quatre contrats d’options :

  1. Acheter 1 option de vente à un prix de levée inférieur (l’aile inférieure – position acheteur sur option de vente)

  2. Vendre 1 option de vente à un prix de levée élevé (la partie centrale inférieure – position vendeur sur option de vente)

  3. Vendre 1 option d’achat à un prix de levée encore haut (la partie centrale supérieure – position vendeur sur option d’achat)

  4. Acheter 1 option d’achat à un prix de levée maximum (l’aile supérieure – position acheteur sur option d’achat)

Les quatre contrats portent sur la même action et ont la même date d’échéance. Les deux options vendues – les « parties centrales » – sont plus proches du cours actuel de l’action et permettent de recevoir une prime. Les deux options achetées – les « ailes » – sont davantage hors jeu et limitent les pertes si le cours de l’action connaît une forte fluctuation dans un sens comme dans l’autre.

La stratégie génère le plus de profit lorsque le cours de l’action demeure entre les prix de levée des deux positions vendeur à l’échéance. Les deux écarts entre prix de levée sont de même largeur, ce qui maintient l’équilibre entre le risque et le rendement des deux côtés.

Comme cette stratégie utilise quatre contrats, il s’agit d’une stratégie à plusieurs pattes.

Pattes de la stratégie : 4 (achat de 1 option de vente au prix de levée inférieur, vente de 1 option de vente, vente de 1 option d’achat, achat de 1 option d’achat au prix de levée supérieur) Opinion : neutre

Comparaison avec un stellage ou un stellage élargi

Un condor de fer a un objectif semblable à celui d’un stellage ou d’un stellage élargi – deux stratégies qui visent à profiter de la stabilité d’une action. Cependant, dans le cas du condor de fer, le risque est bien défini. En revanche, un stellage ou un stellage élargi peut vous exposer à des pertes illimitées en cas de forte fluctuation du cours. Un condor de fer plafonne votre risque de perte moyennant une prime perçue moins élevée et des commissions plus élevées en raison des pattes supplémentaires.

Soulignons également que les condors de fer sont sensibles aux variations de la volatilité implicite. Lorsque la volatilité augmente, la valeur de la position diminue (ce qui nuit à la partie vendeuse). Lorsque la volatilité diminue, la position prend de la valeur (ce qui est favorable).

Un scénario hypothétique

Johanne a tendance à vendre des condors de fer lorsqu’elle croit que la volatilité est sur le point de baisser.

Supposons que Johanne s’intéresse à l’action POIRE, qui se négocie actuellement à 100 $. Elle ne s’attend pas à beaucoup de fluctuations à court terme et souhaite percevoir un revenu. Elle met en place un condor de fer en position vendeur.

Voici ce qu’elle fait :

  • Acheter 1 option de vente sur POIRE échéant en janvier au prix de levée de 95 $ pour une prime de 0,70 $

  • Vendre 1 option de vente sur POIRE échéant en janvier au prix de levée de 100 $ pour une prime de 2,10 $

  • Vendre 1 option d’achat sur POIRE échéant en janvier au prix de levée de 105 $ pour une prime de 2,35 $

  • Acheter 1 option d’achat sur POIRE échéant en janvier au prix de levée de 110 $ pour une prime de 0,95 $

Crédit net : (2,10 $ + 2,35 $) – (0,70 $ + 0,95 $) = 2,80 $

Lors de la mise en place, Johanne reçoit 2,80 $ par action, soit 280 $ dès le départ dans son compte (avant déduction des frais et commissions). Si le cours de POIRE reste entre 100 $ et 105 $ à l’échéance, elle conserve la totalité de cette somme.

Le meilleur scénario : profit maximal

Le scénario idéal pour Johanne est que le cours de POIRE se situe entre 100 $ et 105 $ à l’échéance. Si c’est le cas, les quatre options expirent sans valeur, et Johanne conserve l’intégralité du crédit de 2,80 $.

Question : À la mise en place du condor de fer, le cours de POIRE est de 100 $. À l’échéance, le cours de POIRE est de 100,10 $. À combien s’élève le profit de Johanne (avant déduction des frais et commissions)?

Réponse : 280 $

Les options sont hors jeu et arrivent à échéance sans valeur.

  • Position acheteur sur 1 option de vente au prix de levée de 95 $ : –0,70 $ × 100 = –70 $

  • Position vendeur sur 1 option de vente au prix de levée de 100 $ : +2,10 $ × 100 = +210 $

  • Position vendeur sur 1 option d’achat au prix de levée de 105 $ : +2,35 $ × 100 = +235 $

  • Position acheteur sur 1 option d’achat au prix de levée de 110 $ : –0,95 $ × 100 = –95 $

(–70 $) + (210 $) + (235 $) + (–95 $) = 280 $

Le pire scénario : perte maximale

Le cours de POIRE a fortement évolué. Les deux écarts ne peuvent pas être en jeu en même temps. Par conséquent, la perte maximale correspond à la largeur d’un écart (qui est la même pour les deux), moins le crédit net reçu.

Perte maximale = largeur de l’écart – crédit net reçu (100 $ – 95 $) – 2,80 $ = 2,20 $ par action, soit 220 $

Question : Le cours de POIRE tombe à 90 $ à l’échéance. À combien s’élève la perte de Johanne (avant déduction des frais et commissions)?

Réponse : –220 $

L’écart sur options de vente est entièrement en jeu. L’écart sur options d’achat expire sans valeur.

  • Position acheteur sur 1 option de vente au prix de levée de 95 $ : valeur de 5 $ Montant payé de 0,70 $ → profit de 4,30 $ × 100 = +430 $

  • Position vendeur sur 1 option de vente au prix de levée de 100 $ : valeur de 10 $ Montant reçu de 2,10 $ → perte de 7,90 $ × 100 = –790 $

  • Position vendeur sur 1 option d’achat au prix de levée de 105 $ : expire sans valeur → profit de 2,35 $ × 100 = +235 $

  • Position acheteur sur 1 option d’achat au prix de levée de 110 $ : expire sans valeur → perte de 0,95 $ × 100 = –95 $

(430 $) + (–790 $) + (235 $) + (–95 $) = –220 $

Voici un moyen plus rapide d’arriver au même chiffre : crédit net reçu – largeur de l’écart = 2,80 $ – 5,00 $ = –2,20 $ × 100 = –220 $

Seuil de rentabilité

Un condor de fer en position vendeur comporte deux seuils de rentabilité – un de chaque côté de la zone de profit. Le crédit net donne à Johanne une petite marge de manœuvre au-delà du prix de levée de chaque position vendeur avant qu’elle ne commence à perdre de l’argent.

Seuil de rentabilité inférieur : Prix de levée de la position vendeur sur option de vente – crédit net reçu de 100 $ – 2,80 $ = 97,20 $

Seuil de rentabilité supérieur : Prix de levée de la position vendeur sur option d’achat + crédit net reçu de 105 $ + 2,80 $ = 107,80 $

En tenant compte des frais et commissions de 0,02 $ par action :

  • Seuil inférieur : 100 $ – (2,80 $ – 0,02 $) = 97,22 $

  • Seuil supérieur : 105 $ + (2,80 $ – 0,02 $) = 107,78 $

Si le cours de l’action se situe entre 97,22 $ et 107,78 $, la stratégie est rentable. Sinon, elle commence à entraîner des pertes.

Les effets du temps et de la volatilité sur la stratégie

Deux facteurs font évoluer le condor de fer en position vendeur de jour en jour : le passage du temps et les variations de la volatilité implicite. Ces deux éléments sont tout aussi importants que le cours actuel de l’action.

L’érosion de la valeur temps joue en faveur de la partie vendeuse. Comme Johanne détient une position vendeur nette générant des primes, chaque jour qui passe fait perdre un peu de valeur aux quatre options. Si les actions restent dans les parties centrales, c’est cette érosion régulière qui rend la stratégie rentable à l’approche de l’échéance.

La volatilité implicite agit dans le sens inverse. Lorsqu’elle augmente, les options deviennent plus chères, et la position perd de la valeur, ce qui nuit à la partie vendeuse. En revanche, lorsque la volatilité implicite diminue, les options deviennent moins chères, et la position gagne en valeur. Par conséquent, les investisseurs et investisseuses ont tendance à mettre en place un condor de fer s’ils sont d’avis que la volatilité va diminuer.

L’espoir de Johanne

Elle souhaite que le cours de POIRE demeure entre 100 $ et 105 $ jusqu’à l’échéance. Avec chaque jour qui passe sans fluctuation importante, l’érosion de la valeur temps réduit la valeur des quatre options. Comme Johanne détient une position vendeur nette générant des primes, ce phénomène joue en sa faveur. Si l’action reste dans les parties centrales, elle encaisse la totalité des 280 $ et passe à autre chose.

Risques à surveiller

Si le cours de l’action sort de la zone de profit

Si le cours de POIRE reste entre les prix de levée des positions vendeur, il n’y a aucun risque d’assignation anticipée, car aucune des options n’est en jeu. Mais si le cours de l’action sort de cette fourchette dans un sens ou dans l’autre, les choses se compliquent.

Si le cours de POIRE dépasse le prix de levée de la position vendeur sur option d’achat (105 $) : Johanne court un risque d’assignation anticipée sur la position vendeur sur option d’achat. Elle dispose de quelques options :

  • Liquider le condor de fer au complet (racheter les deux écarts)

  • Liquider seulement l’écart baissier sur options d’achat (racheter la position vendeur sur option d’achat et vendre la position acheteur sur option d’achat)

  • Racheter uniquement la position vendeur sur option d’achat et laisser les trois autres pattes ouvertes

Si elle reçoit une assignation sur la position vendeur sur option d’achat, elle doit livrer les actions en les achetant sur le marché ou en exerçant la position acheteur sur option d’achat (si elle est en jeu). La date de livraison tombe un jour après la date de vente – ce qui entraîne des frais et des intérêts potentiels.

Le motif d’assignation anticipée le plus courant est le versement d’un dividende. Si POIRE est sur le point d’en verser un et que la position vendeur sur option d’achat est en jeu, la partie acheteuse pourrait exercer l’option par anticipation pour toucher cet argent. Si Johanne reçoit une assignation avant la date d’exercice, elle se retrouvera avec une position à découvert sur ces actions à partir de cette date.

Si le cours de POIRE tombe en dessous du prix de levée de la position vendeur sur option de vente (100 $) : Johanne court un risque d’assignation anticipée sur la position vendeur sur option de vente. Elle dispose des mêmes choix : tout liquider, ne liquider que l’écart haussier sur options de vente ou racheter uniquement la position vendeur sur option de vente.

Si elle reçoit l’assignation de la position vendeur sur option de vente, elle est tenue d’acheter des actions POIRE au prix de 100 $. Si elle prévoyait exercer sa position acheteur sur option de vente pour liquider cette position, la date de vente se situerait un jour après la date d’achat – ce qui entraînerait des frais et des intérêts potentiels. L’assignation pourrait également déclencher un appel de marge.

Autre point à souligner : la position vendeur sur option de vente peut être en jeu sans que ce soit le cas de la position acheteur sur option de vente. Si Johanne reçoit l’assignation de la position vendeur sur option de vente, elle pourrait se retrouver avec une position acheteur sur actions et une position acheteur sur option de vente qui est toujours hors jeu – un scénario qui la prendrait au dépourvu. Par conséquent, il vaut mieux se préparer à cette éventualité.

Si Johanne veut éviter toute position sur actions après l’échéance, la solution la plus sûre serait de clôturer l’écart en question, voire le condor de fer en entier avant l’échéance.

En résumé

Un condor de fer en position vendeur est une stratégie à risque défini qui vise à profiter du calme d’un marché. Elle permet de recevoir une prime de chaque côté du cours actuel de l’action et donne un maximum de profit tant que ce dernier demeure entre les prix de levée des positions vendeur. Les ailes limitent les pertes si les cours évoluent en défaveur de la position dans un sens comme dans l’autre. Cette stratégie n’est pas la plus payante, puisque les ailes ont un coût, mais elle peut valoir la peine si votre objectif est de maximiser le profit potentiel d’une volatilité réduite tout en évitant une exposition illimitée.

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Foire aux questions sur les condors de fer

Le condor de fer est-il une bonne stratégie pour les novices?

En règle générale, le condor de fer est considéré comme une stratégie de niveau intermédiaire, car il comporte quatre pattes et plusieurs éléments mobiles. Il définit d’emblée votre perte maximale, ce qui peut être rassurant pour les novices. Nous vous recommandons toutefois de bien vous familiariser avec les écarts sur options de vente et options d’achat en premier.

Quelle est la probabilité de réaliser un profit à l’aide d’un condor de fer?

Les chances dépendent de l’écart entre le cours actuel et les prix de levée des positions vendeur. En plaçant les parties centrales encore plus hors jeu, on élargit la zone de profit tout en augmentant les chances de conserver le crédit, mais on réduit du même coup la prime perçue.

Quelle est la différence entre un condor de fer et un stellage élargi?

Une position vendeur sur stellage élargi consiste uniquement à vendre une option de vente et une option d’achat. La prime est plus élevée, mais la perte potentielle est illimitée. Un condor de fer ajoute une position acheteur sur option de vente et une position acheteur sur option d’achat pour former les ailes, ce qui réduit la prime perçue, mais plafonne la perte des deux côtés.

Quelle est la différence entre un condor de fer en position vendeur et un condor de fer en position acheteur?

Un condor de fer en position vendeur permet de recevoir un crédit net et de réaliser un profit lorsque le cours de l’action reste à l’intérieur des prix de levée des positions vendeur. Un condor de fer en position acheteur fait l’inverse : il entraîne un débit net et génère un profit lorsque le cours de l’action connaît un mouvement important au-delà de l’une ou l’autre des ailes.

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