Vous souhaitez acheter une action pour laquelle vous êtes optimiste. (Autrement dit, vous croyez que le cours va monter.) Par contre, comme un événement se profile à l’horizon, que ce soit la publication des résultats financiers ou une annonce importante, vous préférez limiter votre exposition au cas où les choses tourneraient mal. Grâce à une option de vente de protection, vous pouvez acheter l’action dont vous anticipez des gains potentiels tout en limitant vos pertes potentielles. C’est comme une police d’assurance sur vos actions au cas où le cours de l’action baisserait au lieu de monter.
Dans cet article, nous expliquons le fonctionnement d’une option de vente de protection, les situations où elle se prête le mieux et les profits, les pertes et le seuil de rentabilité auquel vous pouvez vous attendre.
Qu’est-ce qu’une option de vente de protection?
Comme son nom l’indique, une option de vente de protection vous permet d’acheter des actions et de les jumeler à une option de vente, à raison d’une action pour une option, afin de limiter les pertes potentielles.
Si le cours de l’action augmente, vous réalisez des gains sur la valeur que vous détenez, moins le coût de l’option de vente.
Si l’action baisse en dessous du prix de levée, vous disposez d’une option de vente et limitez le montant de vos pertes si vous décidez de l’exercer.
Pour acheter l’option de vente, vous payez une prime, qui représente le coût de cette protection. La prime nette comprend le prix de l’option, plus les frais et commissions.
Pattes de la stratégie : 2 (position acheteur sur action + position acheteur sur option de vente)
Opinion : haussière, avec une pointe de prudence
Bon à savoir : le choix du moment pour mettre en place une option de vente de protection peut avoir une incidence sur la période de détention de vos actions à des fins fiscales. Nous vous recommandons de consulter votre fiscaliste avant de mettre en place cette stratégie.
Option de vente de protection avec ou sans achat d’un sous-jacent
Il existe une autre stratégie, qui est étroitement liée à la simple option de vente de protection: l’« achat d’un sous-jacent avec option de vente de protection ». Elle consiste tout simplement à acheter les actions et l’option de vente de protection en même temps. En anglais, la stratégie s’appelle « married put », puisque les deux opérations se produisent simultanément, comme si elles étaient mariées.
La distinction porte principalement sur le moment choisi :
Achat d’un sous-jacent avec option de vente de protection : Vous achetez les actions et l’option de vente en même temps, généralement pour protéger une toute nouvelle position dès le premier jour.
Option de vente de protection : Ce terme passe-partout désigne également l’achat d’une option de vente sur des actions que vous possédez déjà, souvent lorsque les perspectives à court terme deviennent incertaines.
Les deux stratégies ont le même fonctionnement, le même rendement et le même seuil de rentabilité. La seule différence réside dans le moment où la protection a été ajoutée.
Exemple concret d’une option de vente de protection
Supposons que Johanne s’intéresse à l’action POIRE, qui se négocie actuellement à 125 $. Elle croit que le titre est sur le point de remonter, mais comme l’émetteur s’apprête à faire des annonces importantes, elle ne sait pas exactement comment le marché va réagir. Elle décide donc d’acheter les actions, mais de se protéger à l’aide d’une option de vente.
Voici ce qu’elle fait :
Acheter 100 actions POIRE à 125 $
Acheter 1 option de vente sur POIRE échéant en janvier au prix de levée de 125 $ pour une prime de 1,15 $
L’option de vente couvre ses 100 actions selon un ratio de 1 pour 1. Si le cours de POIRE chute, Johanne peut exercer l’option de vente pour vendre ses actions à 125 $, peu importe jusqu’où le cours de l’action a diminué.
Quand utiliser une option de vente de protection
Une option de vente de protection convient à un scénario bien précis : vous êtes optimiste à l’égard d’une action à long terme, mais vous craignez une baisse à court terme. Voici quelques exemples typiques.
À l’approche d’un événement connu : Vous anticipez la publication de résultats financiers ou une annonce importante susceptible de faire fluctuer fortement le cours d’une action dans un sens comme dans l’autre.
Après une forte hausse : Vous souhaitez garantir un seuil minimal de gains sans avoir à vendre vos actions.
Lors de l’achat initial d’actions : Vous achetez le sous-jacent (l’action) en même temps que l’option de vente de protection pour définir le risque de perte dès le départ.
Cette stratégie est moins utile si vous êtes une personne patiente et que vous investissez à long terme sans date précise en tête. Dans ce cas, le confort que vous procure cette protection ne justifie pas le coût des primes en continu.
Le meilleur scénario : profit maximal
Johanne avait raison. Le cours de POIRE a grimpé. Ses actions ont pris de la valeur, et son coût se limite à la prime de 1,15 $ qu’elle a payée pour l’option de vente. Son potentiel de hausse est pratiquement illimité, et l’option de vente ne réduit que très légèrement ses gains.
Question : Le cours de POIRE est de 125 $ lorsque Johanne met en place l’option de vente de protection. Une semaine plus tard, il grimpe à 130 $. À combien s’élève le profit non réalisé de Johanne (avant déduction des frais et commissions)?
Réponse : 385 $
Gain sur les actions : (130 $ – 125 $ = 5 $) × 100 actions = 500 $
Coût de l’option de vente (prime) : 1,15 $ × 1 × 100 = –115 $
Profit non réalisé : 500 $ – 115 $ = 385 $
Le pire scénario : perte maximale
Johanne avait tort. Le cours de POIRE a chuté au lieu de grimper. Par contre, comme Johanne avait mis en place l’option de vente, ses pertes sont plafonnées. Elle peut exercer l’option pour vendre ses actions à 125 $, et ce, même si le cours de POIRE est inférieur à ce montant, puisque le prix de levée la protège.
Question : Le cours de POIRE est de 125 $ lorsque Johanne met en place l’option de vente de protection. Une semaine plus tard, il chute à 113 $. À combien s’élève la perte non réalisée de Johanne (avant déduction des frais et commissions)?
Réponse : –115 $
Prix de levée : 125 $ × 100 actions = 12 500 $
Prix d’achat des actions : 125 $ × 100 actions = 12 500 $
Coût de l’option de vente (prime) : 1,15 $ × 1 × 100 = –115 $
Perte non réalisée : (12 500 $ – 12 500 $) + (115 $) = –115 $
Sans cette option de vente, Johanne aurait pu perdre 1 200 $ rien que sur ses actions.
Prix d’achat des actions : 125 $ × 100 actions = 12 500 $
Cours actuel de l’action : 113 $ × 100 actions = 11 300 $
Perte potentielle : 12 500 $ – 11 300 $ = 1 200 $
L’option de vente a fonctionné exactement comme prévu.
Seuil de rentabilité
Question : Quel est le seuil de rentabilité par action pour Johanne?
Réponse : 126,15 $
Johanne a payé 1,15 $ pour l’option de vente. Par rapport au prix d’achat, le cours de POIRE doit augmenter d’au moins ce montant pour que Johanne récupère le coût de la protection.
125 $ + 1,15 $ = 126,15 $
L’espoir de Johanne
Elle souhaite que le cours de POIRE grimpe – idéalement bien au-delà de 126,15 $. Plus le cours monte, plus le coût de l’option de vente devient un lointain souvenir. En revanche, si l’action POIRE s’effondre à la place, elle sait déjà que dans le pire des cas, sa perte se limite à 115 $. C’est pour avoir cette tranquillité d’esprit qu’elle a acheté l’option de vente de protection.
Le principal risque
Le risque lié à une option de vente de protection est limité, mais bien réel. Le prix de levée de l’option de vente est généralement inférieur ou égal au prix d’achat de l’action, et l’écart entre les deux – plus la prime – correspond à l’exposition maximale. (Dans l’exemple de Johanne, le prix de levée correspond à son prix d’achat, ce qui veut dire que son coût se limite au montant de la prime.)
Au-dessus du prix de levée : l’option vous couvre, et les pertes ne dépassent pas le prix de levée.
En dessous du prix de levée : l’option vous protège, et votre perte maximale correspond à l’écart entre le prix d’achat et le prix de levée, plus la prime que vous avez versée.
En résumé
Une option de vente de protection est une stratégie sur options intuitive qui se veut une couverture contre les pertes éventuelles. Elle consiste à détenir une action qui vous inspire confiance et à payer une petite prime pour éviter qu’un mauvais résultat ne devienne catastrophique. La stratégie délimite le risque sans l’éliminer complètement. Si vous souhaitez conserver votre placement tout en limitant votre risque de perte, cette stratégie vous offre une combinaison des plus intéressantes.
Quelles sont les prochaines étapes? Découvrez la stratégie du tunnel, qui consiste à prendre une option de vente de protection et à y ajouter une position vendeur sur option d’achat pour compenser le coût de la protection.