Si vous investissez dans des actions depuis un certain temps, vous avez probablement remarqué que les contrats à terme et les options reviennent souvent dans les conversations financières. Ce sont tous les deux des dérivés : leur valeur découle d’autre chose, comme un indice boursier ou une marchandise, mais leur fonctionnement diffère profondément, avec des répercussions directes sur le risque, les exigences en capital et les façons de négocier.
Ce guide compare les actions, les contrats à terme et les options en mettant l’accent sur ce qui compte vraiment : ce que vous détenez, vos obligations, vos pertes maximales possibles et le produit qui convient à vos habitudes de négociation.
Actions, contrats à terme et options : des définitions
Les actions sont des parts de propriété dans une entreprise et n’ont pas de date d’échéance. Les contrats à terme et les options sont des dérivés, c’est-à-dire que leur valeur découle d’un actif sous-jacent comme un indice boursier, une marchandise ou une devise. Leur différence majeure tient au fait que les contrats à terme entraînent l’obligation d’acheter ou de vendre à une date future, tandis que les options donnent le droit, mais non l’obligation, de le faire.
Les actions comportent un risque modéré et limité au montant investi. Les contrats à terme impliquent un risque élevé, car les pertes peuvent dépasser le dépôt initial. Pour les options, le risque est plafonné à la prime versée à l’avance.
Les actions : des parts de propriété dans des entreprises
Quand on achète une action, on acquiert une part de propriété dans une société. On peut voter sur les affaires de l’entreprise et participer à sa croissance ou à son déclin au fil des variations du cours de l’action, et recevoir des dividendes dans certains cas.
Les actions n’ont pas de date d’échéance. On peut les conserver pendant 30 ans si on le souhaite, ce qui les rend idéales pour bâtir son patrimoine à long terme. La perte maximale est limitée au montant investi. Si une société fait faillite, on perd sa mise, mais on ne doit rien de plus.
Les options : le droit sans l’obligation
Une option est un contrat qui confère le droit d’acheter ou de vendre un actif sous-jacent à un prix déterminé (appelé prix de levée) avant ou à une date donnée. Les options d’achat donnent le droit d’acheter, et les options de vente, le droit de… vendre!
Quand on achète une option, on paie à l’avance une prime pour ce droit; c’est la perte maximale possible. Si l’option n’est pas avantageuse à exercer, on la laisse venir à échéance sans valeur. Lorsqu’on vend une option, on encaisse la prime, mais on assume un risque important.
Les options ont des dates d’échéance, ce qui amène la notion d’érosion de la valeur temps. À mesure que l’échéance approche, la valeur d’une option décline – contrairement aux actions, qu’on peut détenir indéfiniment.
Les contrats à terme : des engagements fermes pour des transactions futures
Un contrat à terme est une entente standardisée pour l’achat ou la vente d’un actif sous-jacent à un prix précis (le prix à terme) à une date future. Les deux parties sont tenues de respecter les conditions du contrat, contrairement aux options, qui ne lient que la partie vendeuse.
Les contrats à terme se négocient en bourse et exigent des dépôts de marge, généralement entre 5 % et 20 % de la valeur totale du contrat, plutôt qu’un paiement intégral à l’avance. Les gains et les pertes sont réglés quotidiennement par le processus d’évaluation à la valeur de marché. On peut négocier des contrats à terme sur des marchandises comme le pétrole et l’or, des indices boursiers et des devises.
Contrats à terme et options : les différences
Les contrats à terme et les options sont tous deux des dérivés, mais leur mécanique est bien différente en pratique. Ces distinctions ont des répercussions sur tout, des pertes maximales possibles au capital nécessaire pour commencer à investir.
Obligation ou droit
C’est la différence fondamentale entre les contrats à terme et les options. Avec un contrat à terme, on est lié : on a l’obligation d’acheter ou de vendre à l’échéance, même si la plupart des gens clôturent leur position avant. On peut le faire à tout moment avant le dernier jour de négociation, ce qui annule l’obligation. Avec une option, on a le choix d’exercer ou non son droit de vendre ou d’acheter.
Supposons que vous avez un contrat à terme sur le pétrole brut. Vous seriez alors dans l’obligation de prendre la livraison ou de régler en espèces à l’échéance, selon les conditions du contrat. Si vous aviez plutôt une option d’achat sur le pétrole brut, vous pourriez vous retirer si le prix évoluait défavorablement, et perdre seulement la prime versée.
Comparaison des profils de risque
Les contrats à terme et les options ont des structures de risque fondamentalement différentes, et c’est important de comprendre les deux avant d’investir dans l’un ou l’autre.
Quand on achète une option, on paie une prime à l’avance; c’est la perte maximale possible. Mais l’érosion de la valeur temps est un facteur à ne pas négliger, c’est-à-dire que la position perd de la valeur chaque jour à mesure que l’échéance approche, même si on a anticipé correctement la direction du marché.
Avec les contrats à terme, il n’y a pas de prime ni d’érosion de la valeur temps. Les profits et les pertes sont réglés quotidiennement, ce qui donne une vision claire et immédiate du risque. Mais les pertes peuvent dépasser le dépôt de marge initial, et si le marché évolue défavorablement, on peut recevoir un appel de marge, soit une demande de fonds supplémentaires pour maintenir la position ouverte.
Caractéristique | Contrats à terme | Options (achat) |
|---|---|---|
| Perte maximale | Peut dépasser la marge initiale | Prime versée |
| Appel de marge possible | Oui | Non |
| Règlement quotidien | Oui | Non |
| Érosion de la valeur temps | Non | Oui |
| Coût d’entrée | Dépôt de marge (remboursé à la clôture) | Prime (non remboursable) |
Le dépôt de marge n’est pas un coût : c’est une garantie remboursée à la clôture de la position. Les pertes découlant du règlement quotidien sont déduites séparément du solde en espèces.
En bref : avec les options, la perte est limitée, mais au prix de la prime et de l’érosion de la valeur temps. Avec les contrats à terme, on évite ces coûts, mais on doit gérer activement ses positions et sa marge.
Structure des coûts et exigences en capital
Quand on achète une option, on paie une prime à l’avance. Quand on négocie des contrats à terme, on verse une marge initiale (un dépôt de garantie et non un prêt), selon des exigences qui varient généralement entre 2 500 $ et 10 000 $, selon le contrat et la maison de courtage.
La marge sur contrats à terme fonctionne différemment de la marge sur actions, qui est un prêt avec intérêts. Il s’agit ici d’un dépôt de bonne foi pour maintenir une position. Si le marché évolue défavorablement, des fonds supplémentaires pourraient être requis pour maintenir le niveau de marge. Avec les options, une fois la prime versée, on n’a pas à prévoir de capital supplémentaire pour la position.
Tableau comparatif : actions, options, contrats à terme
Voyons maintenant comment les actions, les contrats à terme et les options se comparent, et ce qui compte vraiment pour prendre des décisions de placement éclairées.
Actions | Options | Contrats à terme | |
|---|---|---|---|
| Propriété et contrôle | On détient une part de la société, avec droit de vote et admissibilité aux dividendes | On détient un contrat conférant le droit d’acheter ou de vendre l’actif sous-jacent à une date future, sans en être propriétaire | On détient une obligation d’acheter ou de vendre l’actif sous-jacent à une date future, sans en être propriétaire |
| Effet de levier et rentabilité des capitaux | Généralement 2:1 avec un compte sur marge standard | Effet de levier inhérent; on peut contrôler 100 actions pour une fraction du coût | Effet de levier le plus élevé, souvent entre 10:1 et 20:1 |
| Heures de négociation | Heures normales, de 9 h 30 à 16 h (HE), avec accès limité avant et après les heures d’ouverture | Heures normales, de 9 h 30 à 16 h (HE), avec accès limité avant et après les heures d’ouverture | Presque 24 heures sur 24 |
| Traitement fiscal | Généralement imposé comme gain en capital selon la période de détention | Généralement imposé comme gain en capital selon la période de détention | Selon la situation, mais généralement comme imposé comme gain en capital selon la période de détention |
Remarque : L’Agence du revenu du Canada (ARC) peut traiter différemment les activités de négociation fréquentes et l’investissement occasionnel. Comme les règles fiscales applicables aux dérivés varient selon la situation, nous vous invitons à consulter votre fiscaliste pour comprendre comment vos activités de négociation pourraient être classées.
Quel produit choisir et quand?
Chaque produit répond à des besoins différents. Le choix dépend souvent du capital disponible, de la tolérance au risque, du temps à y consacrer et du niveau d’expérience.
Les actions pourraient vous convenir si...
Vous cherchez à bâtir votre patrimoine à long terme, souhaitez détenir des titres de participation avec un potentiel de revenus de dividendes, préférez une mécanique plus simple ou débutez en investissement. Les actions fonctionnent bien dans les comptes enregistrés comme les CELI et les REER, et il n’y a pas de contrainte d’échéance qui force les décisions.
Les options pourraient vous convenir si...
Vous souhaitez un risque limité et prévisible, cherchez à couvrir des positions en actions existantes ou voulez générer des revenus par des stratégies comme les options d’achat couvertes. Les options exigent plus de connaissances et une approbation de la maison de courtage selon votre profil, mais elles offrent une flexibilité que les actions seules ne permettent pas.
Les contrats à terme pourraient vous convenir si…
Vous êtes à l’aise avec l’effet de levier et un niveau de risque plus élevé, souhaitez un accès au marché presque 24 heures sur 24, ou recherchez une meilleure rentabilité des capitaux.
Vous voulez des marchés simples et transparents offrant une exposition directe à l’actif sous-jacent (par exemple, une exposition au prix du pétrole brut plutôt qu’à des actions d’une société pétrolière).
Vous souhaitez miser sur votre lecture du marché dans un sens ou dans l’autre. Prendre une position vendeur est aussi simple que prendre une position acheteur, sans emprunt ni approbation supplémentaire.
Erreurs courantes
Chaque produit a ses pièges. Mieux vaut les connaître avant d’en faire les frais.
Avec les actions, des erreurs répandues sont le recours excessif à la marge, la vente en panique lors des baisses et la tendance à miser sur des titres récemment performants. La diversification et la patience sont généralement les meilleures alliées des gens qui investissent en actions.
Avec les options, beaucoup se font prendre en achetant des options fortement hors jeu avec une faible probabilité de profit, en sous-estimant l’érosion de la valeur temps et en calibrant mal leurs positions. Les lettres grecques comme le delta et le thêta, qui mesurent comment le prix d’une option évolue, sont des outils précieux pour la prise de décision.
Avec les contrats à terme, le fait de sous-estimer l’effet de levier, de ne pas prévoir suffisamment de capital pour répondre aux exigences de marge, de négliger la surveillance de ses positions ouvertes et de ne pas utiliser d’ordres stop avec limite (lorsque possible) peut vite mener à des pertes importantes. La rapidité des mouvements sur les marchés à terme prend parfois par surprise.


