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Négociation de contrats à terme : le guide complet

Mis à jour 31 mars 2026

La négociation de contrats à terme vous permet de spéculer sur la direction que prendront les cours, sans réellement posséder l’actif sous-jacent. Grâce à ces contrats, les compagnies aériennes obtiennent des prix fixes sur le carburant, les agriculteurs garantissent le prix des cultures et les spéculateurs peuvent profiter des fluctuations de marchés allant du pétrole brut à l’indice S&P 500.

Mais les contrats à terme ne fonctionnent pas du tout comme des actions. Leur effet de levier amplifie les gains et les pertes, les contrats expirent à date fixe et les appels de marge peuvent vous forcer à vous départir de vos positions au pire moment. Ce guide explique les contrats à terme, leurs risques et comment débuter.

Qu’est-ce qu’un contrat à terme?

La négociation de contrats à terme implique l’achat ou la vente de contrats standardisés négociés en bourse qui créent l’obligation entre deux parties d’acheter ou de vendre un actif, comme des produits de base, des indices boursiers ou des devises, à un prix prédéterminé et à date fixe. Quand vous achetez des actions, vous détenez une part d’une entreprise. Mais quand vous souscrivez un contrat à terme, vous spéculez sur l’évolution du cours sans jamais détenir l’actif sous-jacent. Et c’est à la fois attrayant et risqué, car vous pouvez contrôler d’importantes positions avec relativement peu de capitaux, grâce à l’effet de levier.

Alors, qu’est-ce qu’un contrat à terme, au juste? En gros, c’est un accord contraignant. Une partie accepte d’acheter, l’autre accepte de vendre, et les deux fixent le prix d’une transaction qui aura lieu seulement dans quelques semaines ou mois. Ce délai est ce qu’on appelle le « terme ».

haque contrat à terme est standardisé par la bourse où il se négocie. C’est donc la bourse qui définit l’actif sous-jacent, la quantité, la qualité, le type de règlement et la date d’exécution. Vous ne négociez pas de modalités sur mesure avec chaque contrepartie. Cette standardisation garantit la liquidité des contrats à terme.

Principaux éléments d’un contrat à terme

Chaque contrat renferme quelques renseignements cruciaux :

  • Actif sous-jacent : ce qui est négocié (pétrole brut, or, indice S&P 500, etc.).

  • Taille du contrat : la quantité par contrat (p. ex., 1 000 barils de pétrole).

  •  Valeur de l’unité de fluctuation: la fluctuation de cours minimale et sa valeur en dollars.

  • Date d’expiration : la date de règlement du contrat.

  • Méthode de règlement : le règlement en espèces ou la livraison physique de l’actif.

  • Marge par contrat : le dépôt que vous devez faire dans votre compte pour détenir un contrat à terme.

Différences entre les contrats à terme et les actions

Les contrats à terme sont très différents des actions. Quand vous achetez une action, vous détenez une part de l’entreprise. Quand vous achetez un contrat à terme, vous détenez une obligation, et non l’actif sous-jacent.

Caractéristique
Actions
Contrats à terme
PropriétéPropriété partielle de l’entrepriseObligation contractuelle seulement
ExpirationAucuneDate d’expiration fixe
Effet de levierLimité (comptes sur marge)Important (de 2 à 90 fois la valeur du contrat)
Heures de négociationHeures de la bourse seulementPresque 24 heures par jour, 5 ou 6 jours par semaine
Vente à découvertExige d’emprunter des actionsAucune restriction

Comment fonctionne la négociation de contrats à terme?

Les contrats à terme se négocient sur les bourses réglementées comme le Chicago Mercantile Exchange (CME). Vous ne négociez pas directement avec quelqu’un d’autre. C’est une chambre de compensation qui fera office d’intermédiaire et qui sera l’acheteur ou le vendeur, selon le cas.

Pourquoi est-ce important? Parce que ça élimine le risque de contrepartie. Vous n’avez pas à vous soucier de savoir si l’autre partie respectera son obligation, car la chambre de compensation garantit chaque contrat.

Il y a une autre différence importante par rapport aux actions : les contrats à terme sont évalués à la valeur du marché chaque jour. Les profits et les pertes sont donc réglés à la fin de chaque séance de bourse, selon le cours en vigueur. Si votre position prend de la valeur, cette appréciation est créditée à votre compte. Si elle perd de la valeur, votre compte est débité. Ce règlement quotidien se poursuit jusqu’à la fermeture de votre position ou l’expiration du contrat.

Positions acheteur et vendeur

Une position « acheteur » signifie que vous achetez un contrat à terme en misant sur la hausse du cours. Une position « vendeur » signifie que vous vendez un contrat en misant sur la baisse du cours.

Dans le cas des actions, la vente à découvert (en position vendeur) exige d’emprunter des actions et de payer des intérêts. Mais avec les contrats à terme, vous pouvez être en position acheteur ou vendeur. Il n’y a pas de restriction ni de démarche supplémentaire.

Par exemple, disons que vous achetez un contrat à terme E-minisur l’action CHOU alors que l’indice atteint 4 500 points (c’est la valeur de l’indice lui-même et non un montant en dollars). Chaque fluctuation d’un point vaut 50 $, selon la valeur fixée par la bourse. Si vous vendez le contrat quand l’indice atteint 4 520 points, vous obtenez un gain de 20 points, multipliés par 50 $, soit un profit de 1 000 $. Si l’indice baisse pour s’établir à 4 480 points, vous avez plutôt une perte de 1 000 $.

Comprendre l’effet de levier et les marges

L’effet de levier est ce qui rend les contrats à terme à la fois attrayants et risqués. Au lieu de payer la valeur totale du contrat, vous déposez une fraction appelée « marge » (habituellement entre 3 % et 12 %). Ce n’est pas un acompte ou un prêt. Ce montant sert à garantir que vous pourrez couvrir les pertes éventuelles.

Si vous négociez un contrat valant 100 000 $, il vous faudra peut-être 5 000 $ seulement. Cela vous donne un effet de levier de 20 contre 1, ce qui signifie qu’une fluctuation de 1 % de la valeur de l’actif sous-jacent fait fluctuer de 20 % votre capital. Ce calcul fonctionne en votre faveur si les cours fluctuent dans la bonne direction. Sinon, les pertes s’accumulent rapidement. Plus l’effet de levier est important, plus le risque l’est également.

Marge initiale et marge de maintien

La marge initiale est ce que vous déposez pour ouvrir une position. La marge de maintien est le montant minimum qu’il vous faut pour conserver cette position.

Si le solde de votre compte devient inférieur à la marge de maintien en raison de pertes, vous recevrez un appel de marge. Par exemple, si la marge initiale est de 6 000 $ et que la marge de maintien est de 5 000 $, votre compte peut absorber une perte de 1 000 $ avant qu’un appel de marge soit déclenché. Une fois déclenché, vous devrez déposer d’autres fonds, sinon votre courtier pourrait liquider votre position.

Pourquoi l’effet de levier fonctionne dans les deux sens

L’effet de levier amplifie les gains tout comme les pertes. Une fluctuation défavorable de 5 % de la valeur d’un actif ayant un effet de levier de 20 contre 1 fait disparaître toute votre marge. Dans les marchés volatils, les pertes peuvent être plus importantes que votre dépôt initial, et vous devrez alors de l’argent à votre courtier.

Voilà pourquoi la gestion des risques n’est pas optionnelle si vous négociez des contrats à terme. L’ajustement de la taille de la position, les ordres stop avec limite et le maintien d’un solde de compte supérieur à la marge requise sont tous des éléments de cette gestion des risques.

Types de marchés pour les contrats à terme

Il y a des contrats à terme pour de nombreuses catégories d’actifs, qui ont toutes leurs caractéristiques uniques.

Contrat à terme sur produits de base

Les premiers contrats à terme étaient des contrats sur des produits agricoles (maïs, blé et soja) qui permettaient aux agriculteurs de fixer les prix avant la récolte. Les contrats à terme sur l’énergie (pétrole brut, gaz naturel et essence) sont fortement influencés par les événements géopolitiques et les ruptures d’approvisionnement. Les contrats à terme sur les métaux portent sur l’or (qui sert souvent de protection contre l’inflation), l’argent et les métaux industriels comme le cuivre.

Contrat à terme sur instrument financier

Les contrats à terme sur les indices boursiers, comme l’E-mini S&P 500 et le Nasdaq-100, vous permettent de spéculer sur les fluctuations des marchés sans acheter d’actions individuelles. Les contrats à terme sur les devises portent sur la négociation de paires de devises (EUR/USD ou CAD/USD). Les contrats à terme sur les taux d’intérêt, y compris les obligations du Trésor et le SOFR (taux de financement à un jour garanti), sont utilisés par les institutions pour couvrir les coûts d’emprunt.

Contrat à terme sur cryptomonnaie

Les contrats à terme sur le Bitcoin et l’Ethereum sont maintenant négociés sur les bourses réglementées comme le CME. Ces contrats offrent une exposition aux fluctuations de prix des cryptoactifs sans le côté complexe associé à la détention réelle d’actifs numériques. Cependant, la volatilité de ces contrats a tendance à être beaucoup plus grande que celle des marchés traditionnels.

Pourquoi négocier des contrats à terme

Les contrats à terme ont deux grands objectifs : la couverture et la spéculation.

Les contrats à terme offrent une couverture pour la gestion des risques. Une compagnie aérienne peut acheter des contrats à terme sur le pétrole brut pour garantir le coût du carburant. Un cultivateur de blé peut vendre des contrats à terme pour garantir un prix avant la récolte. Ces contrats ne visent pas à tirer un profit de la fluctuation des cours, mais plutôt à réduire l’incertitude.

La spéculation vise à profiter des fluctuations de cours. Les spéculateurs offrent des liquidités à ceux qui cherchent une couverture et qui veulent transférer les risques liés aux prix. En l’absence de spéculateurs, les marchés des contrats à terme seraient beaucoup moins efficaces.

Les contrats à terme offrent aux personnes qui investissent des caractéristiques que les actions n’ont pas : un effet de levier pour augmenter l’efficacité du capital, la capacité de réaliser des profits dans des marchés baissiers, des heures de négociation prolongées et un accès à des catégories d’actifs autres que les actions.

Heures de négociation des contrats à terme

Contrairement aux bourses qui ont des heures de séance fixes, les contrats à terme peuvent se négocier presque n’importe quand. La seule exception est une pause qui a généralement lieu de 17 h à 18 h. La plupart du temps, le jour de négociation des contrats à terme change à 17 h (le « minuit » des bourses).

Cet accès élargi vous permet de réagir même la nuit aux nouvelles : publication de données économiques, événements géopolitiques, communiqués sur les résultats, etc. Cependant, la liquidité varie tout au long de la journée. La plupart des activités de négociation ont lieu durant les heures de séance des bourses américaines. En dehors de ces heures, l’écart de cotation peut être plus grand.

Commencer à négocier des contrats à terme

Avant de commencer, il vous faut un peu de préparation afin d’éviter des erreurs qui pourraient vous coûter cher.

1. Apprenez les notions de base

Avant de prendre des risques, vous devez comprendre le fonctionnement des contrats et des marges et la relation entre l’effet de levier et le risque. Le CME, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) et la National Futures Association (NFA) offrent des ressources d’information gratuites.

2. Choisissez un courtier en contrats à terme

Comparez les commissions, les marges, la qualité des plateformes et le soutien à la clientèle. Certains courtiers servent les adeptes de la négociation et exigent des frais par contrat peu élevés, mais d’autres offrent plus de conseils aux personnes qui débutent.

3. Commencez à petite échelle

Souscrivez d’abord des positions de petite taille dans des marchés liquides. Vous limiterez ainsi les pertes. Les micro-contrats E-mini, par exemple, équivalent à un dixième des contrats E-mini standards, ce qui vous permet d’apprendre en limitant vos pertes. En suivant chaque transaction et en revoyant régulièrement vos décisions, vous pourrez voir des tendances au fil du temps.

Gestion des risques

La négociation de contrats à terme est assez risquée. Voilà pourquoi vous devez bien comprendre les risques et la manière de les gérer.

  • Risque lié à l’effet de levier : les pertes peuvent être plus grandes que votre investissement initial, et un appel de marge peut vous forcer à déposer d’autres fonds ou à vous départir de vos positions au mauvais moment.

  • Risque de volatilité : les prix des contrats à terme peuvent fluctuer soudainement en raison des données économiques, des résultats ou des événements géopolitiques, et les écarts d’un jour à l’autre peuvent dépasser les ordres stop avec limite.

  • Risque de liquidité : l’écart de cotation peut être plus grand dans le cas des contrats moins populaires, de sorte qu’il est plus coûteux d’acheter et de vendre des positions.

Les risques peuvent être gérés de plusieurs manières : ajustement de la taille de la position (pour que le risque touche un faible pourcentage de votre compte), les ordres stop avec limite et le maintien d’un solde de compte plus élevé que la marge requise.

Cadre réglementaire

Au Canada, la négociation de contrats à terme relève des organismes provinciaux de réglementation des valeurs mobilières, des équipes de réglementation des bourses et des organismes d’autoréglementation. Aux États-Unis, la CFTC réglemente les marchés des contrats à terme, tandis que la NFA surveille l’autoréglementation. Ces organismes travaillent à prévenir la fraude, à garantir l’intégrité des marchés et à protéger les personnes qui investissent.

Frais liés à la négociation de contrats à terme

Voici tous les frais que vous devrez payer si vous négociez des contrats à terme :

  • Commissions : habituellement entre 0,25 $ et 5,00 $ par contrat, par partie.

  • Frais de la bourse : frais payés à la bourse pour chaque transaction.

  • Frais de données : abonnement mensuel requis pour voir les cotes en temps réel.

  • Décalage : différence entre le prix prévu et le prix d’exécution réel.

Si vous êtes adepte de la négociation, ces frais s’additionnent. Une approche peut sembler profitable à première vue, mais vous pourriez ne pas gagner d’argent ou même en perdre après tous les frais.

Est-ce que la négociation de contrats à terme vous convient?

La négociation de contrats à terme offre des caractéristiques que les actions n’ont pas : effet de levier, heures prolongées, vente à découvert facile et accès aux produits de base et aux devises. Mais ces caractéristiques créent des risques qui peuvent facilement vous déstabiliser sans préparation adéquate.

Si vous songez à investir dans les contrats à terme, commencez par vous renseigner, menez des simulations et investissez des sommes que vous pouvez vous permettre de perdre. Il y a beaucoup de choses à apprendre et la patience est de mise.

Pour beaucoup de personnes qui investissent, un portefeuille diversifié composé d’actions et de fonds négociés en bourse est la meilleure façon de se constituer un patrimoine à long terme. Les contrats à terme peuvent vous aider à y parvenir, si vous avez le temps, les fonds et la tolérance au risque nécessaires pour négocier activement, mais ce n’est pas un raccourci pour faire des profits faciles.

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