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Contrats à terme : guide complet sur la négociation, les prix et les types

Mis à jour 12 avril 2026

Un contrat à terme est une entente standardisée intervenue entre deux parties en vue d’acheter ou de vendre un actif précis à un prix donné à une date future déterminée. À l’échéance du contrat, les deux parties sont légalement tenues de respecter leurs engagements, sans possibilité de se retirer (mais la plupart des adeptes de la négociation liquident leur position avant l’échéance).

Ces contrats se négocient sur des bourses réglementées, et une chambre de compensation veille à ce que chaque partie honore ses obligations. Voilà pourquoi les contrats à terme ont la confiance de tout le monde – des producteurs de blé jusqu’aux gestionnaires de fonds spéculatifs. Dans ce guide, nous expliquerons la façon dont les prix des contrats à terme sont établis, les différents types de contrats accessibles et ce qui distingue les contrats à terme des autres produits dérivés, tels que les options.

Qu’est-ce qu’un contrat à terme?

Un contrat à terme est une entente standardisée en vue d’acheter ou de vendre un actif précis à un prix donné à une date future déterminée. Les parties acheteuse et vendeuse ont toutes deux l’obligation légale d’honorer le contrat à l’échéance. Contrairement aux ententes informelles, les contrats à terme sont négociés sur des bourses réglementées, et une chambre de compensation veille à ce que les deux parties honorent leurs obligations.

Pour vous aider à comprendre ce principe, imaginez un producteur de blé de la Saskatchewan qui souhaite fixer le prix de la récolte qu’il sème au printemps. Le producteur vend un contrat à terme, dans lequel il s’engage à livrer du blé à 8 $ le boisseau en septembre. L’autre partie est un fabricant de pain, qui s’engage à acheter le blé à ce prix. Peu importe l’évolution des prix du blé au cours de l’été, les deux parties ont la certitude que l’opération sera conclue selon ces paramètres.

La bourse sert d’intermédiaire et veille à ce que tout le monde respecte les règles. Grâce à cette structure, les contrats à terme sont devenus la pierre angulaire des marchés mondiaux financiers et de marchandises depuis plus d’un siècle.

Les éléments clés d’un contrat à terme

Chaque contrat à terme précise exactement l’actif négocié et les conditions applicables. L’actif sous-jacent peut être une marchandise physique comme du pétrole brut, un instrument financier comme un indice boursier, ou une devise comme l’euro.

La taille du contrat est standardisée, de sorte que chaque partie sait exactement ce qu’elle négocie. Un contrat à terme sur le pétrole brut à la New York Mercantile Exchange (NYMEX) représente toujours 1 000 barils. De même, un contrat sur l’or à la Chicago Mercantile Exchange (CME) porte sur 100 onces troy.

En plus de la taille, les contrats précisent les paramètres ci-dessous.

  • Date de livraison : le jour et le mois où le contrat arrive à échéance.

  • Unité de fluctuation : la variation minimale du prix, par exemple 0,01 $ par baril de pétrole.

  • Règlement : la question de savoir si le contrat est réglé en espèces ou s’il entraîne une livraison physique et, le cas échéant, les exigences en matière de lieu et de qualité.

  • Horaire de négociation : le moment où l’achat et la vente peuvent avoir lieu.

  • Exigences de marge : le montant en espèces qui doit être déposé auprès de la chambre de compensation.

Fonctionnement des contrats à terme

Lorsque vous ouvrez une position sur contrat à terme, vous prenez soit une position acheteur (vous vous engagez à acheter l’actif sous-jacent à l’échéance), soit une position vendeur (vous vous engagez à vendre cet actif). Vous ne payez pas la valeur totale du contrat d’avance. À la place, vous déposez une marge, qui fait office de cautionnement de bonne fin.

La marge varie généralement entre 5 et 20 % de la valeur totale du contrat. Par exemple, si vous négociez un contrat d’une valeur de 100 000 $, vous devrez peut-être déposer 7 000 $. Cette situation entraîne un effet de levier, ce qui signifie que de petites fluctuations de prix se traduisent par des gains ou des pertes relativement importants sur votre dépôt.

La plupart des adeptes de la négociation ne prennent jamais livraison physique de quoi que ce soit. À la place, ils clôturent leurs positions avant l’échéance en passant un ordre inverse. Si vous avez acheté un contrat sur maïs échéant en décembre, votre stratégie de sortie consiste à vendre un contrat sur maïs échéant en décembre. La différence entre les prix d’entrée et de sortie détermine votre profit ou votre perte.

Le rôle de la marge dans la négociation de contrats à terme

Il y a deux types de marge à considérer.

  • La marge initiale est le montant que vous déposez pour ouvrir une position.

  • La marge de maintien est le solde minimum que vous devez conserver pendant que vous détenez cette position.

Si le marché évolue en votre défaveur et que votre compte passe en dessous du niveau de maintien, vous recevrez un appel de marge. Autrement dit, votre maison de courtage vous demandera de déposer des fonds supplémentaires immédiatement, faute de quoi elle pourrait liquider votre position sans préavis.

Soulignons que pour répondre à un appel de marge, vous ne pouvez pas vous contenter de retourner au seuil de marge de maintien : vous devez rétablir le solde de votre compte à hauteur de la marge initiale. Cette distinction est importante lorsque vous faites vos calculs.

Les chiffres peuvent monter rapidement. Supposons que vous détenez un contrat de 50 000 $ dont la marge initiale est de 5 000 $ et la marge de maintien s’établit à 4 000 $. Si le marché recule et que la valeur de votre compte tombe à 3 500 $ (soit 500 $ de moins que la marge de maintien), vous devrez verser 1 500 $ sur-le-champ pour conserver votre position. Ce faisant, vous ramenez le solde de votre compte à la marge initiale de 5 000 $ plutôt qu’à la marge de maintien de 4 000 $.

Règlement quotidien et évaluation à la valeur de marché

Les comptes de contrats à terme ne fonctionnement pas de la même façon que les comptes d’actions. Lorsque vous négociez des actions, vos gains et vos pertes demeurent latents jusqu’au moment de la vente. En revanche, lorsque vous négociez des contrats à terme, votre compte fait l’objet d’un règlement à la fin de chaque jour de bourse par le biais d’un processus qu’on appelle « évaluation à la valeur de marché ».

Si le marché évolue en votre faveur, des espèces sont créditées à votre compte le soir même. S’il évolue en votre défaveur, des espèces sont débitées. Ce règlement quotidien réduit le risque pour la chambre de compensation et garantit que chaque personne qui détient une position maintient une marge suffisante pendant toute la durée de l’opération.

Ce processus a un avantage pratique : il vous empêche d’attendre qu’une position de perte se résorbe alors que vous n’avez pas les capitaux nécessaires pour couvrir les pertes à mesure qu’elles surviennent.

Types de contrats à terme

Au début, les contrats à terme portaient sur des produits agricoles, mais aujourd’hui, les marchés ont pris de l’expansion. Ainsi, il existe des contrats pour à peu près n’importe quoi – du soya jusqu’aux indices boursiers en passant par les cryptomonnaies. Il existe deux grandes catégories : les contrats à terme sur marchandises et les contrats à terme financiers.

Contrats à terme sur marchandises

Les contrats à terme sur marchandises portent sur des biens physiques.

  • Les contrats agricoles portent sur le blé, le maïs, le soya, le canola, le café et le bétail.

  • Les contrats énergétiques portent sur le pétrole brut, le gaz naturel, l’essence et le mazout de chauffage.

  • Les contrats sur métaux portent sur l’or, l’argent, le cuivre et le platine.

Un contrat à terme sur gaz naturel négocié à la NYMEX représente 10 000 millions d’unités thermiques britanniques (BTU). Les services publics et les producteurs d’énergie ont souvent recours aux contrats sur gaz naturel pour gérer les fluctuations de prix. Les contrats à terme sur canola se négocient à la bourse ICE Futures Canada par tranches de 20 tonnes métriques, principalement par des agriculteurs des Prairies et des transformateurs alimentaires qui souhaitent bénéficier d’une certitude en matière de prix.

Chaque marchandise a ses propres particularités. Les contrats agricoles sont fortement influencés par les conditions météorologiques et les périodes de végétation. Les contrats énergétiques réagissent aux événements géopolitiques et aux décisions de production. Pour leur part, les cours des métaux évoluent souvent en fonction des anticipations d’inflation et des fluctuations monétaires.

Contrats à terme financiers

Les contrats à terme financiers portent sur des actifs incorporels. Ils sont généralement réglés en espèces, ce qui signifie qu’ils n’entraînent pas de livraison physique. À la place, la différence entre le prix du contrat et le prix de règlement est payée en espèces.

Voici quelques exemples de contrats à terme financiers courants.

  • Indices boursiers : S&P 500, Nasdaq-100, S&P/TSX 60

  • Taux d’intérêt : obligations du Trésor américain, taux SOFR (Secured Overnight Financing Rate)

  • Devises : euro, yen japonais, dollar canadien

Grâce aux microcontrats à terme, les petits épargnants peuvent accéder aux contrats à terme financiers plus facilement que jamais. Par exemple, un microcontrat sur l’indice S&P 500 représente un dixième de la taille d’un contrat « E-mini » standard (un contrat à terme négocié électroniquement, dont la taille correspond à une fraction d’un contrat standard). Par conséquent, il nécessite moins de marge, ce qui réduit l’effet en dollars de chaque fluctuation de prix.

Établissement des prix des contrats à terme

Les prix des contrats à terme ne sont pas des pronostics sur les prix au comptant à l’échéance. À la place, ils reflètent les prix au comptant en vigueur, une fois ajustés pour tenir compte du coût de détention de l’actif jusqu’à la livraison. Cette façon d’établir les prix repose sur ce qu’on appelle le « modèle du coût de portage ».

Facteurs influençant les prix des contrats à terme

Lorsque les contrats à terme se négocient au-dessus des prix au comptant, le marché est en situation de report, ce qui est souvent le cas lorsque les coûts de stockage sont importants et que l’offre est suffisante. Lorsque les contrats à terme se négocient en dessous des prix au comptant, le marché est en situation de déport, ce qui témoigne souvent d’une offre actuelle restreinte ou d’une forte demande immédiate.

Au-delà de la relation de coût de portage, les prix des contrats à terme réagissent aux données fondamentales sur l’offre et la demande, aux conditions météorologiques dans le cas des marchandises agricoles, aux événements géopolitiques qui touchent l’approvisionnement en énergie et à l’humeur générale des marchés. Ainsi, une sécheresse dans le Midwest américain peut faire bondir les cours des contrats à terme sur maïs, tandis qu’une décision de production de l’OPEP peut faire bouger les contrats sur pétrole en quelques minutes à peine.

Calcul du prix d’un contrat à terme

Les prix des contrats à terme reflètent le prix au comptant plus le coût de détention de l’actif jusqu’à la livraison, ce qui comprend le financement, le stockage et, le cas échéant, les revenus générés par l’actif.

D’un point de vue technique, la formule de base pour calculer le prix va comme suit : F = S × e^([r+s-c]×t)

Voici la signification de chaque variable :

  • F = prix du contrat à terme

  • S = prix au comptant actuel

  • r = taux d’intérêt sans risque

  • s = coûts de stockage (dans le cas des marchandises physiques)

  • c = rendement d’opportunité ou dividendes attendus

  • t = années restantes jusqu’à l’échéance

Dans le cas d’un contrat à terme sur indice boursier, il n’y a pas de coûts de stockage, mais les dividendes attendus peuvent diminuer le cours par rapport au prix au comptant. Du côté des contrats à terme sur marchandises (pétrole, céréales), les coûts de stockage et d’assurance peuvent faire grimper le cours par rapport au prix au comptant.

Utilisations pratiques des contrats à terme

Un même contrat à terme peut servir des objectifs complètement différents selon la personne qui le négocie. Par exemple, les opérateurs en couverture se servent des contrats à terme pour gérer le risque de prix existant. Pour leur part, les spéculateurs utilisent les contrats à terme pour profiter des fluctuations de prix anticipées. Les deux groupes dépendent l’un de l’autre pour assurer le bon fonctionnement du marché.

Couverture à l’aide de contrats à terme

Un producteur de canola peut vendre des contrats à terme au printemps afin d’immobiliser les prix pour la récolte d’automne. Si les prix du canola baissent d’ici septembre, sa récolte vaudra moins sur le marché au comptant, mais la perte sera compensée par les gains générés par la position vendeur sur contrats à terme. C’est ce qu’on appelle une vente de couverture.

À l’inverse, une compagnie aérienne peut acheter des contrats à terme sur carburéacteur pour stabiliser ses frais d’exploitation. Elle ne le fait pas dans le but de parier sur les prix du carburant, mais bien pour transformer une dépense imprévisible en coût connu. C’est ce qu’on appelle un achat de couverture.

La couverture n’élimine pas complètement le risque. Compte tenu du risque de base, qui correspond à la différence entre les prix au comptant et les prix des contrats à terme à l’échéance, les couvertures donnent rarement des résultats parfaits. Elles peuvent toutefois transformer les fluctuations de prix importantes et imprévisibles en variations plus modestes et plus faciles à gérer.

Spéculation et stratégies de négociation

Les spéculateurs prennent des positions en fonction de leur point de vue sur le marché sans avoir à couvrir d’exposition sous-jacente. Par exemple, une personne qui anticipe une hausse des prix du pétrole pourrait acheter des contrats à terme sur pétrole brut. Si les prix augmentent, elle réalise un profit. Si les prix baissent, elle essuie une perte.

Parmi les approches spéculatives les plus courantes, soulignons : la négociation directionnelle, qui est fondée sur des prévisions de prix; l’exploitation des écarts, qui mise sur les rapports de prix entre des contrats connexes; et l’arbitrage, qui consiste à profiter des écarts de prix entre différents marchés.

L’effet de levier vient amplifier les gains et les pertes potentiels des contrats à terme. Ainsi, une variation de 10 % de l’actif sous-jacent peut entraîner un gain ou une perte de 100 % sur le dépôt de marge.

Comparaison entre les contrats à terme et d’autres instruments financiers

Les contrats à terme ne sont qu’un des nombreux types d’instruments dérivés dont disposent les adeptes de la négociation et les opérateurs de couverture, d’où l’importance de comprendre leurs différences et leurs cas d’application.

Caractéristique
Contrats à terme
Contrats à terme de gré à gré
Options
StandardisationOuiNon; produit sur mesureOui
MarchéBourseHors coteBourse ou hors cote
ObligationOui, pour les deux partiesOui, pour les deux partiesPartie acheteuse : droit, mais pas obligation
RèglementQuotidien, au prix du marchéÀ l’échéanceÀ l’exercice ou à l’échéance
Risque de contrepartieGarantie de la chambre de compensationExposition directeChambre de compensation, dans le cas des contrats négociés en bourse

Les contrats à terme de gré à gré peuvent être personnalisés, mais présentent un risque de contrepartie, étant donné qu’il n’y a pas de chambre de compensation qui garantit la bonne fin.Les options présentent des profils de risque asymétriques, en ce sens que la perte de la partie acheteuse se limite à la prime qu’elle a payée.

Risques et facteurs à considérer

La négociation de contrats à terme présente des risques substantiels. L’effet de levier augmente l’efficacité des contrats à terme sur le plan du capital, mais il peut aussi amplifier les pertes au-delà de votre dépôt initial. Un appel de marge au mauvais moment pourrait vous obliger à liquider des positions à des prix peu favorables.

Ce type de produit vous expose également à d’autres risques.

  • Risque de liquidité : difficulté à liquider des positions sur des contrats peu négociés.

  • Risque de base : corrélation imparfaite entre les prix à terme et les prix au comptant.

  • Risque de livraison : obligations de livraison physique imprévues lorsque les positions ne sont pas liquidées avant l’échéance.

Pour gérer ces risques, vous pouvez appliquer différentes stratégies : choisir la taille des positions avec soin, passer des ordres de protection et tenir des marges supérieures aux exigences minimales.

Surveillance et protection réglementaires

Aux États-Unis, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) réglemente les marchés à terme, tandis que la National Futures Association (NFA) supervise les maisons de courtage. Au Canada, la négociation de contrats à terme est régie par les autorités provinciales en valeurs mobilières.

Les contrats à terme négociés en bourse bénéficient des garanties des chambres de compensation, qui éliminent pratiquement tout risque de contrepartie. Toutefois, la surveillance des autorités ne vous protège pas contre les pertes de négociation. Par rapport aux comptes de valeurs mobilières, les comptes de contrats à terme ne bénéficient pas des mêmes protections pour les investisseurs et investisseuses, puisqu’ils ne sont pas couverts par un organisme équivalent au Fonds canadien de protection des investisseurs (FCPI).

Les contrats à terme vous conviennent-ils?

Les contrats à terme permettent de gérer le risque de prix et d’accéder à divers marchés avec relativement peu de capital. Les entreprises s’en servent pour stabiliser leurs coûts et leurs revenus. Pour leur part, les adeptes de la négociation les utilisent pour exprimer une opinion sur le marché et profiter de l’effet de levier.

Cela dit, les contrats à terme ne sont pas des placements au sens traditionnel du terme. Ce sont plutôt des instruments de négociation assortis d’horizons temporels définis et d’un effet de levier important. Si vous envisagez de négocier des contrats à terme, vous avez tout intérêt à faire vos leçons, à vous exercer à l’aide de comptes de simulation et à déterminer en toute franchise votre degré de tolérance au risque et le capital dont vous disposez.

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