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Glossaire des contrats à terme : le vocabulaire essentiel pour investir

Mis à jour 20 avril 2026

Le marché des contrats à terme a son propre vocabulaire, et si vous avez déjà consulté les cours des contrats à terme ou lu sur les marchés des marchandises, vous avez probablement croisé de ces termes qui semblent conçus pour semer la confusion. Ici, la marge n’a rien à voir avec celle du marché des actions. On parle parfois de futures, le mot anglais pour désigner les contrats à terme. Le tick a près d’une dizaine d’équivalents en français. Sans oublier la position longue, qui vient ici avec une date d’échéance.

Ce glossaire définit les termes importants Vous pourrez ainsi lire sur les contrats à terme sans l’impression d’avoir affaire à une langue étrangère.

Qu’est-ce qu’un contrat à terme?

Un contrat à terme est une entente standardisée pour acheter ou vendre un actif sous-jacent, comme du pétrole brut, de l’or ou un indice boursier, à un prix prédéterminé et à une date future précise. Les deux parties sont légalement tenues de conclure la transaction à l’échéance du contrat. C’est ce qui distingue les contrats à terme des options, où l’acheteur a un droit, mais non une obligation.

Les contrats à terme se négocient sur des marchés boursiers réglementés, ce qui signifie que chaque contrat comporte des conditions standardisées. La bourse en fixe la quantité, le mois d’échéance et le mode de règlement; rien de tout cela n’est négocié entre l’acheteur et le vendeur.

On trouve des contrats à terme sur une grande variété d’actifs :

  • Marchandises : pétrole brut, gaz naturel, or, blé, maïs

  • Indices boursiers : S&P 500, TSX 60

  • Devises : dollar canadien, euro, yen japonais

  • Taux d’intérêt : obligations du gouvernement du Canada, bons du Trésor des États-Unis 

Les notions clés à maîtriser pour débuter sont les suivantes : la position longue et la position courte (soit la position acheteur et la position vendeur), la marge (le capital requis pour ouvrir une position), le pas de cotation (le fameux tick, soit la variation minimale du prix) et la date d’échéance (le moment où le contrat est réglé). Chacune d’entre elles est expliquée ci-dessous.

Marges et effet de levier dans les contrats à terme

Les contrats à terme fonctionnent avec un système de marge, c’est-à-dire un dépôt qu’on verse pour ouvrir une position. On ne paie pas la valeur totale du contrat à l’avance; on dépose plutôt une fraction de cette valeur à titre de garantie, ce qui crée un effet de levier.

Attention à ne pas confondre, pour les gens qui viennent du marché des actions : la marge sur contrats à terme est complètement différente. Quand on achète des actions sur marge, on emprunte de l’argent à sa maison de courtage et on paie des intérêts sur ce prêt. Dans les contrats à terme, la marge est plutôt un dépôt de garantie, ou cautionnement de bonne fin, conservé par la chambre de compensation pour s’assurer qu’on peut couvrir les pertes éventuelles. Aucun argent n’est emprunté, et aucun intérêt n’est exigible sur le dépôt de marge lui-même.

Marge initiale ou dépôt de garantie 

La marge initiale est le dépôt requis pour prendre une position sur un contrat à terme. C’est la bourse qui en détermine le montant, bien que certaines maisons de courtage puissent imposer un seuil plus élevé. On peut le voir comme une garantie de bonne exécution plutôt que comme une mise de fonds.

Cette marge initiale crée un effet de levier. Par exemple, si un contrat à terme sur le pétrole brut vaut 80 000 $ et que la marge initiale est de 6 000 $, on contrôle alors une exposition d’une valeur de 80 000 $ avec 6 000 $ investis.

Marge de maintien

La marge de maintien est le solde minimal à conserver dans le compte pour garder une position ouverte. Elle est toujours inférieure à la marge initiale, ce qui offre un peu de latitude face à la volatilité des marchés. Si la valeur du compte tombe sous ce seuil parce que le marché a évolué défavorablement, un appel de marge sera émis.

Appel de marge

Un appel de marge est une demande de la maison de courtage d’approvisionner le compte lorsque le solde tombe sous le seuil de la marge de maintien. Si on ne répond pas à l’appel de marge, la maison de courtage peut liquider la position sans consentement, parfois à perte considérable. Notons qu’en cas d’appel de marge, le compte doit être ramené jusqu’au niveau de la marge initiale, et non seulement à celui de la marge de maintien.

Effet de levier

L’effet de levier permet de contrôler un contrat d’une grande valeur avec un dépôt de marge modeste. Il amplifie les gains et les pertes de façon proportionnelle.

Par exemple, avec un ratio d’effet de levier de 10:1, un mouvement de 1 % de l’actif sous-jacent se traduit par un gain ou une perte de 10 % sur la marge. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles les contrats à terme comportent un risque plus élevé que l’investissement traditionnel en actions ou en fonds négociés en bourse (FNB).

Prix et fluctuations dans les contrats à terme

Comprendre comment les cours des contrats à terme sont cotés et comment ils fluctuent est essentiel pour interpréter les graphiques et calculer les profits et les pertes.

Pas de cotation et valeur du pas de cotation

Le pas de cotation, aussi appelé variation minimale, tick et échelon de cotation, est l’écart minimal autorisé entre deux cours d’un même contrat à terme. La valeur du pas de cotation est le montant en dollars US gagné ou perdu à chaque pas de cotation.

Le pas de cotation et sa valeur varient selon le contrat. Pour les contrats à terme E-mini S&P 500, le pas de cotation est de 0,25 point d’indice, pour une valeur de 12,50 $ US. Pour les contrats à terme sur le pétrole brut, le pas de cotation est de 0,01 $ US par baril, ce qui correspond à 10 $ US par pas de cotation (chaque contrat couvrant 1 000 barils). Connaître la valeur du pas de cotation permet de calculer la taille de la position et la perte potentielle avant d’ouvrir une position.

Cours de liquidation

Le prix de règlement est le prix de clôture officiel fixé par la bourse à la fin de chaque séance de négociation. Il sert à l’évaluation au prix du marché, aussi appelée valorisation quotidienne, soit le calcul quotidien des gains et pertes. Il détermine aussi si un appel de marge est requis.

Notons que le prix de règlement ne correspond pas toujours au dernier cours négocié. Les bourses utilisent généralement une moyenne pondérée par le volume des transactions effectuées en fin de séance.

Prix au comptant ou cours au comptant

Le prix au comptant est le prix actuel du marché pour la livraison immédiate de l’actif sous-jacent. Il se distingue du prix à terme, qui reflète une livraison à une date ultérieure.

La différence entre le prix au comptant et le prix à terme s’appelle la base (ou écart de base). Les coûts de stockage, les taux d’intérêt et les anticipations d’offre sont autant de facteurs qui influencent cet écart.

Cours acheteur et cours vendeur

Le cours acheteur est le prix le plus élevé qu’un acheteur est disposé à payer pour un contrat à terme à un moment donné. Le cours vendeur est le prix le plus bas qu’un vendeur est prêt à accepter. L’écart entre les deux, appelé écart acheteur-vendeur ou écart de cotation, mesure la liquidité du marché. Un écart plus serré indique une plus grande liquidité du marché et des coûts de transaction moins élevés.

Analyse des marchés des contrats à terme

Ces termes aident à interpréter l’activité du marché et à évaluer l’ampleur des fluctuations de prix.

Volume de négociation

Le volume correspond au nombre total de contrats à terme négociés au cours d’une période donnée. Un volume élevé traduit une forte participation au marché et renforce la crédibilité d’une fluctuation de prix. Un faible volume peut indiquer un manque de conviction ou une liquidité moindre. Réinitialisé à chaque séance, le volume n’est pas cumulatif.

Intérêt en cours 

L’intérêt ouvert correspond au nombre total de contrats à terme actifs, soit qui n’ont pas encore été réglés ou clôturés. Il se distingue du volume, qui comptabilise toutes les transactions exécutées.

Les variations de l’intérêt ouvert peuvent signaler le sentiment du marché :

  • Intérêt ouvert en hausse + prix en hausse : indiquent souvent l’afflux de nouveaux capitaux sur le marché, un signal haussier

  • Intérêt ouvert en baisse + prix en baisse : peuvent indiquer une clôture de positions et une tendance qui s’essouffle

Support et résistance

Le support est un niveau de prix sous lequel le marché a du mal à descendre, comme un plancher, où l’intérêt d’achat prend le dessus et freine la baisse. La résistance, elle, est un niveau au-dessus duquel le marché a du mal à monter, comme un plafond, où la pression de vente s’impose et freine la hausse. On repère les niveaux de support et de résistance à partir de l’historique des prix pour planifier les entrées, les sorties et le passage des ordres stop.

Liquidité

La liquidité désigne la facilité avec laquelle un contrat à terme peut être acheté ou vendu sans influer sensiblement sur son prix. Une liquidité élevée se traduit par des écarts acheteur-vendeur plus serrés et des coûts de transaction moins élevés. La liquidité varie considérablement d’un marché à l’autre; les grands contrats comme le E-mini S&P 500 sont très liquides, tandis que certains contrats sur des marchandises de niche le sont beaucoup moins.

Positions et stratégies dans les contrats à terme

Ces termes décrivent les positions fondamentales sur le marché et les objectifs qui les sous-tendent.

Position acheteur

Prendre une position acheteur signifie acheter un contrat à terme en anticipant une hausse des prix. On réalise un profit lorsque le prix de l’actif sous-jacent dépasse le prix d’entrée, et une perte lorsqu’il tombe en dessous. Le principe est le même qu’acheter une action, mais avec un effet de levier et une date d’échéance.

Position vendeur

Prendre une position vendeur signifie vendre un contrat à terme en anticipant une baisse des prix. On réalise un profit lorsque le prix de l’actif sous-jacent tombe sous le prix d’entrée, et une perte lorsqu’il le dépasse. Contrairement à la vente à découvert d’actions, il n’est pas nécessaire d’emprunter des titres; la position vendeur sur contrats à terme est structurellement plus simple.

Couverture

La couverture consiste à utiliser des contrats à terme pour compenser les pertes potentielles d’une position existante ou d’une activité commerciale. Par exemple, un producteur de blé canadien qui prévoit une récolte dans trois mois pourrait vendre des contrats à terme sur le blé aujourd’hui pour fixer un prix et se protéger contre une baisse avant la récolte. La couverture est la fonction première des contrats à terme; elle transfère le risque de prix des producteurs et des consommateurs vers les spéculateurs.

Spéculation

La spéculation consiste à prendre des positions sur contrats à terme pour tirer profit de mouvements de prix anticipés, sans exposition physique sous-jacente à couvrir. En apportant de la liquidité au marché, la spéculation facilite la recherche de contreparties pour les opérations de couverture. Spéculer implique toutefois d’assumer l’intégralité du risque de prix, lequel est amplifié par l’effet de levier.

Cycle de vie d’un contrat à terme

Chaque contrat à terme suit un cycle défini, de son admission en bourse jusqu’au règlement.

Date d’échéance

La date d’échéance correspond au moment où un contrat à terme cesse d’être négocié et où le règlement a lieu. Chaque contrat a un mois d’échéance précis; beaucoup de grands contrats arrivent à échéance en mars, juin, septembre et décembre. Si on ne souhaite pas régler le contrat, on clôture ou on reconduit la position avant l’échéance.

Reconduction

La reconduction consiste à clôturer une position sur un contrat proche de l’échéance et à en ouvrir en même temps une nouvelle sur un contrat à échéance ultérieure. On y a recours pour maintenir une exposition continue au marché sans procéder au règlement du contrat. On reconduit généralement dans les semaines précédant l’échéance, lorsque la liquidité du contrat de première échéance commence à diminuer.

Règlement

Le règlement est le processus par lequel les obligations du contrat sont honorées à l’échéance. Il en existe deux types :

  • Règlement par livraison physique : la marchandise sous-jacente est effectivement livrée du vendeur à l’acheteur (courant dans les contrats à terme agricoles et énergétiques)

  • Règlement en espèces : la différence entre le prix du contrat et le prix de règlement final est versée en espèces (courant dans les contrats à terme sur les indices)

La plupart des contrats à terme négociés par des particuliers investisseurs·euses de détail n’atteignent jamais le règlement; ils sont clôturés ou reconduits avant l’échéance.

Structure des marchés des contrats à terme

Les marchés de contrats à terme fonctionnent grâce à un réseau d’institutions réglementées qui veillent à ce que les transactions soient exécutées, compensées et réglées de manière fiable.

Bourse

La bourse est le marché réglementé où les contrats à terme sont inscrits à la cote et négociés. Au Canada, la Bourse de Montréal (MX) inscrit les contrats à terme sur les taux d’intérêt et les indices boursiers canadiens. Aux États-Unis, le Chicago Mercantile Exchange (CME) est l’une des principales bourses de contrats à terme. La bourse normalise les paramètres des contrats, fixe les exigences de marge et veille au respect des règles de négociation.

Chambre de compensation ou organisme de compensation

La chambre de compensation est l’intermédiaire qui garantit l’exécution des contrats et gère le risque de contrepartie. Elle s’interpose entre chaque acheteur et chaque vendeur, prenant le rôle de la partie opposée, de sorte qu’aucune d’entre elles n’est exposée au risque de crédit de l’autre. Cette structure constitue l’un des principaux avantages des contrats à terme négociés en bourse par rapport aux instruments dérivés négociés de gré à gré.

Actif sous-jacent

L’actif sous-jacent est la marchandise ou l’instrument financier sur lequel repose un contrat à terme. Il détermine le comportement du contrat, la valeur du pas de cotation et le mode de règlement. On en trouve dans plusieurs catégories : les marchandises (pétrole brut, or), les indices boursiers (S&P 500, TSX 60), les devises (dollar canadien, euro) et les taux d’intérêt (obligations du gouvernement du Canada).

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Foire aux questions

Quelle est la différence entre les contrats à terme et les contrats d’options?

Les contrats à terme obligent les deux parties à conclure la transaction au prix convenu à l’échéance, sans possibilité de se retirer. Les options, elles, donnent à leur titulaire le droit, mais non l’obligation, d’acheter ou de vendre au prix de levée. Quand on achète une option, on peut laisser le contrat venir à échéance sans valeur, ce qui n’est pas possible pour les contrats à terme.

Est-ce que les investisseur·euses canadien·nes peuvent négocier des contrats à terme?

Au Canada, les particuliers peuvent accéder aux marchés de contrats à terme par l’intermédiaire de maisons de courtage inscrites qui offrent des comptes de négociation de contrats à terme. Toutes les plateformes ne proposent pas ce service, donc il vaut la peine de vérifier au cas par cas. Les comptes de contrats à terme au Canada sont assujettis à la réglementation de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) et des autorités provinciales en valeurs mobilières.

Combien de capital faut-il au minimum pour négocier des contrats à terme?

Les exigences de capital varient selon le contrat, la bourse et la maison de courtage. Ce sont les exigences de marge, et non la valeur totale du contrat, qui déterminent le dépôt minimal pour ouvrir une position. Cela dit, on conserve généralement un solde nettement supérieur à la marge de maintien pour faire face aux fluctuations de prix défavorables sans déclencher d’appel de marge.

Les contrats à terme sont-ils plus risqués que les actions ou les FNB?

Les contrats à terme comportent un effet de levier, qui amplifie autant les gains que les pertes par rapport au capital déposé. Une variation de prix défavorable, même modeste, peut entraîner des pertes supérieures au dépôt de marge initial. Les actions et les FNB, en revanche, limitent généralement les pertes au montant investi (aucun effet de levier). Les contrats à terme peuvent servir à réduire le risque dans une optique de couverture, mais utilisés à des fins spéculatives, ils comportent un risque plus élevé.

Qu’arrive-t-il si on conserve un contrat à terme jusqu’à l’échéance?

Le contrat est réglé selon ses paramètres, soit par livraison physique de l’actif sous-jacent, soit en espèces. La livraison physique est rare pour les particuliers et peut impliquer des obligations logistiques complexes. La plupart clôturent ou reconduisent leur position bien avant l’échéance pour éviter un règlement non souhaité. En fait, la plupart des maisons de courtage offrant des contrats à terme clôturent automatiquement les positions ouvertes avant l’échéance (ce qui peut entraîner une perte).

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