Pourquoi les professionnel·les de la santé associé·es deviennent propriétaires de cliniques
Vous avez passé des années à vous perfectionner dans votre domaine. Vous faites bien votre travail. Mais dernièrement, vous songez à le faire à votre compte au lieu de travailler pour l’entreprise de quelqu’un d’autre.
Beaucoup de professionnels pensent un jour ou l’autre à travailler à leur compte, que ce soit de façon autonome, en s’associant à d’autres ou en dirigeant leur propre petite équipe. Les raisons se ressemblent : autonomie décisionnelle, possibilité d’accumuler du capital dans une entreprise qui vous appartient et meilleur contrôle de vos revenus.
Quand vous gérez une entreprise au lieu de simplement faire le travail, plusieurs aspects de vos finances changent, y compris vos revenus, économies, placements et impôts. Le choix d’être propriétaire n’est pas pour tout le monde. Il implique plus de risques, plus de responsabilités et une relation différente avec l’argent. Ce guide fait un survol des réalités financières pour vous aider à décider si ce choix vous convient.
Comment savoir si c’est le bon moment pour devenir propriétaire
Avant de commencer à chercher des cliniques à vendre ou à dessiner des plans d’étage, faites un bilan personnel. Imaginez qu’il y a une description de poste de « propriétaire de clinique » et soyez honnête. Vous embaucheriez-vous? Faire la transition du statut d’associé à celui de propriétaire de clinique au Canada est une décision financière et opérationnelle, et non une simple question de style de vie.
Vous avez l’impression que votre rôle actuel vous limite
Vous n’êtes peut-être pas d’accord avec la manière dont la clinique gère l’horaire des rendez-vous avec les patients ou vous aimeriez offrir des services dans lesquels le propriétaire actuel ne veut pas investir. Ou vous avez peut-être atteint un plafond, sur les plans clinique, financier ou les deux, et il n’y a plus de progression possible.
Si vous voulez contrôler l’orientation des soins, la culture de travail et les décisions opérationnelles qui les façonnent, vous pensez en propriétaire.
Vous avez mis de l’argent de côté pour les urgences et les frais de démarrage
Un coussin financier n’est pas optionnel; c’est la base. Que vous décidiez d’acheter une clinique ou d’en démarrer une nouvelle, il vous faudra des économies personnelles pour couvrir les dépenses avant que vous puissiez récupérer votre argent.
C’est un point essentiel. Si vous vivez d’une paie à l’autre, ce n’est pas encore le bon moment, et ce n’est pas grave.
Vous comprenez les bases de la gestion d’une entreprise
La formation clinique vous prépare à soigner des patients. Elle vous enseigne rarement à lire un état des flux de trésorerie, à embaucher du personnel, à négocier un bail ou à remplir une déclaration de revenus des sociétés (T2, CO-17 au Québec). Vous n’avez pas besoin d’une maîtrise en administration, mais vous devez avoir une certaine littératie financière, ou du moins, avoir un plan pour vous renseigner à ce sujet.
Vous voulez travailler sur l’entreprise, pas seulement à l’intérieur de celle-ci
Les nouveaux propriétaires sont souvent surpris par l’énorme quantité de travail non clinique à faire. Vous vous occupez de tout : gestion de l’équipe, surveillance financière, conformité réglementaire, marketing, planification stratégique, etc. La première année, attendez-vous à consacrer plus de temps que prévu à l’entreprise. Beaucoup de nouveaux propriétaires disent que c’est comme avoir deux emplois à temps plein. Ce n’est pas permanent, mais c’est une réalité.
Comment préparer vos finances personnelles avant l’achat d’une clinique
La plupart des gens sautent cette étape et finissent par regretter. Votre santé financière personnelle est la base pour tout ce qui suit. Les prêteurs vont l’évaluer. Votre niveau de stress en dépend, tout comme la stabilité de votre nouvelle entreprise.
Si vous songez sérieusement à faire la transition du statut d’associé à celui de propriétaire de clinique au Canada, commencez par cette étape avant de chercher des cliniques à vendre.
Constituez un fonds d’urgence qui couvre plusieurs mois de dépenses
Vos revenus vont devenir imprévisibles. Les associés reçoivent une rémunération régulière (un pourcentage des montants perçus), qui est déposée selon un horaire préétabli. Le revenu des propriétaires, c’est ce qui leur reste après avoir payé les dépenses, les salaires, les prêts et les impôts.
Il vous faut un fonds d’urgence personnel qui est à part des réserves de votre entreprise. C’est votre filet de sécurité pour vos paiements hypothécaires, l’épicerie et les dépenses quotidiennes quand la clinique a des périodes moins occupées. Un compte chèques ou d’épargne à intérêt élevé est généralement un bon choix pour ce fonds. Vous devez avoir facilement accès aux liquidités.
Remboursez d’abord les dettes à intérêt élevé
Vos dettes personnelles ne disparaissent pas quand vous devenez propriétaire d’entreprise. Elles vous suivent et peuvent nuire à votre capacité d’emprunter. Les prêteurs vérifient vos dettes totales lorsqu’ils évaluent une demande de prêt d’entreprise. Toutes les dettes comptent, y compris les soldes de cartes de crédit, les prêts autos et les marges de crédit. En remboursant vos dettes à intérêt élevé avant d’acheter, il vous restera plus d’argent tous les mois et vous améliorerez votre profil d’emprunteur.
Séparez vos comptes bancaires personnels et d’entreprise
Ce point est non négociable. Faites-le dès le premier jour. Si vous mélangez vos finances personnelles à celles de votre entreprise, votre déclaration de revenus sera plus compliquée, le rendement de l’entreprise sera plus difficile à évaluer et vous pourriez vous exposer à certaines responsabilités.
Vous devrez ouvrir un compte bancaire d’entreprise pour mener vos activités à l’aide du numéro d’entreprise attribué par l’Agence du revenu du Canada (ARC). Si vous organisez vos finances dans des comptes séparés, vous saurez en temps réel où va votre argent.
Vérifiez votre cote de crédit et réglez tout problème
Les prêteurs examinent votre dossier de crédit personnel quand vous demandez un prêt d’entreprise. Au Canada, vous pouvez obtenir votre dossier de crédit gratuitement auprès d’Equifax ou de TransUnion. Vérifiez votre cote d’avance, car s’il y a des erreurs ou des problèmes, il faudra les résoudre avant de parler à un prêteur. Une meilleure cote de crédit vous permet d’obtenir de meilleures conditions de prêt.
Combien d’argent il vous faut pour acheter ou démarrer une clinique au Canada
Le montant n’est pas le même pour tout le monde. Le coût de l’ouverture d’une clinique au Canada dépend de votre profession, de votre province, de votre choix d’acheter ou de construire et de plusieurs autres variables. Mais à l’étape de la planification, il est important de comprendre les principales catégories de coûts.
Achat d’une clinique existante
Quand vous achetez une clinique, vous achetez aussi la liste de patients, l’équipement, les contrats du personnel, le bail et, surtout, le fonds commercial. Le fonds commercial, c’est la valeur de la réputation de la clinique, de la fidélisation des patient·es et des revenus futurs potentiels.
Avant de signer quoi que ce soit, il est essentiel de consulter un·e comptable ayant de l’expérience dans le domaine de la santé pour obtenir une évaluation de la clinique. La valeur du fonds commercial est subjective, et trop souvent, les gens paient trop cher pour l’acquérir.
Démarrage d’une nouvelle clinique
Si vous commencez à partir de zéro, vous n’aurez pas de liste de patients établie et pas de fonds commercial à acheter, et vous devrez tout bâtir vous-même. Les catégories de coûts comprennent les améliorations locatives, l’équipement clinique, les technologies et les logiciels, le marketing pour attirer vos premiers patients et un fonds de roulement pour couvrir les dépenses en attendant d’avoir des revenus suffisants.
L’obtention des permis municipaux nécessaires peut prendre des semaines ou des mois, selon les règlements de zonage. Tenez-en compte dans votre planification.
Ententes de rachat de parts ou de société de personnes
Le rachat de parts d’une société de personnes est une manière moins risquée de devenir propriétaire. Vous achetez un pourcentage du capital au fil du temps (souvent auprès d’un propriétaire qui part à la retraite) et vous partagez la prise de décisions entre-temps. C’est la voie pour passer du statut d’associé à celui de propriétaire que beaucoup de professionnels empruntent.
C’est un processus graduel qui vous permet d’apprendre à gérer l’entreprise pendant que vous continuez à exercer votre profession. Mais une entente de société de personnes est essentielle et doit couvrir le partage des bénéfices, le pouvoir décisionnel, les modalités de sortie et l’invalidité.
Type d'acquisition | Inclusions | Délai habituel |
|---|---|---|
| Achat d'une clinique existante | Liste de patients, équipement, personnel, fonds commercial | Immédiat |
| Démarrage d'une nouvelle clinique | Rien – vous devez tout bâtir | Entre plusieurs mois et quelques années |
| Rachat de parts d'une société de personnes | Capital partiel, prise de décisions partagée | Transition graduelle |
Comment financer l’achat de votre clinique au Canada
La plupart des professionnels financent leur achat et ne paient pas de leur poche. Il existe plusieurs options pour les professionnels de la santé réglementés qui exploitent une clinique au Canada.
Prêts bancaires traditionnels pour les professionnels de la santé
Les grandes banques canadiennes offrent des programmes de prêts pour les professionnels de la santé réglementés qui ont souvent des modalités favorables : quotité de financement plus élevée, taux d’intérêt concurrentiels et périodes d’amortissement plus longues. Il vous faudra un plan d’affaires, des prévisions financières et des documents attestant vos titres professionnels.
Programme de financement des petites entreprises du Canada
Le Programme de financement des petites entreprises du Canada est un programme fédéral de prêts garantis dans lequel le gouvernement partage les risques avec le prêteur. Il est conçu pour aider les petites entreprises à obtenir du financement auquel elles ne seraient pas autrement admissibles.
Pour être admissible, votre entreprise doit être à but lucratif, exercer ses activités au Canada et avoir des revenus annuels de moins de 10 millions de dollars. Le programme couvre les prêts pour l’achat d’équipement, les améliorations locatives et les biens immobiliers. Pour en savoir plus sur les critères d’admissibilité, consultez le site Web du gouvernement du Canada.
Financement du propriétaire actuel
Dans certaines transactions, le propriétaire qui part à la retraite assume une partie du prix d’achat. C’est ce qu’on appelle le prêt accordé par le vendeur ou le financement par le vendeur. Il réduit le montant que vous devez emprunter d’une banque et peut faciliter la transaction pour les deux parties. Un·e avocat·e se spécialisant dans le domaine de la santé devrait rédiger ou revoir les modalités, y compris le calendrier de remboursement, le taux d’intérêt et ce qui arrive en cas de rendement insuffisant de l’entreprise.
Utilisation de vos économies et placements personnels
L’utilisation de vos économies ou placements à titre d’acompte comporte des avantages et inconvénients, selon le type de compte.
Les retraits des comptes non enregistrés sont simples. Vous devrez peut-être payer de l’impôt sur les gains en capital sur toute croissance des investissements, mais il n’y a pas de pénalités structurelles. Les retraits des régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) sont ajoutés à votre revenu imposable pour l’année, ce qui peut vous placer dans une tranche d'imposition supérieure. Les retraits des comptes d’épargne libre d’impôt (CELI) sont non imposables, mais réduisent vos droits de cotisation jusqu’à ce qu’ils soient rétablis l’année suivante.
Avant de liquider des placements, consultez votre comptable, qui pourra calculer l’incidence fiscale. La mauvaise stratégie de retrait peut vous coûter des milliers de dollars.
Choisir la bonne structure d’entreprise pour votre clinique
La structure de votre entreprise change la méthode d’imposition qui s’applique à vous, votre responsabilité personnelle et la planification de votre avenir. Consultez un·e avocat·e et un·e comptable, car les exigences varient selon la province et la profession. Voici les principales structures d’entreprise possibles dans le domaine de la santé au Canada :
Entreprise individuelle
C’est l’option la plus simple. Il n’y a pas de séparation juridique entre vous et l’entreprise. Tous les revenus sont inscrits directement dans votre déclaration de revenus personnelle au taux d’imposition marginal. Les frais de démarrage sont minimes.
Les désavantages : il n’y a pas de protection contre la responsabilité et peu de possibilités de planification fiscale. Si l’entreprise est poursuivie en justice, vos actifs personnels sont exposés.
Société de personnes
Une société de personnes vous permet de partager la propriété, les risques et les ressources avec un·e autre professionnel·le. Mais sauf si votre société est à responsabilité limitée, chaque associé est personnellement responsable, notamment pour les actions de l’autre associé. Une entente de société de personnes est essentielle et doit couvrir le partage des bénéfices, les modalités de sortie, le règlement des différends et ce qui arrive si un associé devient invalide ou souhaite partir.
Société professionnelle
Une société professionnelle est détenue par un membre d’une profession réglementée et offre d’importants avantages fiscaux. Le taux d’imposition des sociétés est inférieur à celui des particuliers, ce qui crée une possibilité de report d’impôt; ainsi, vous payez moins d’impôt sur les revenus conservés au sein de la société. Il peut être possible de fractionner le revenu, mais les règles concernant l’impôt sur le revenu fractionné limitent de façon importante cette possibilité. La protection contre la responsabilité signifie que vos actifs personnels sont généralement protégés en cas de poursuites visant l’entreprise.
Les désavantages : frais d’établissement et d’entretien plus élevés, déclaration de revenus des sociétés (T2, CO-17 au Québec) séparée, compte bancaire d’entreprise attitré et dépôt de rapports annuels auprès de votre organisme de réglementation provincial. Dans le cas des professionnels ayant des revenus élevés, la constitution en société est une option favorable.
Entreprise individuelle : Création simple, mais aucune protection contre la responsabilité et options de planification fiscale limitées.
Société de personnes : Ressources et risques partagés, mais nécessite une entente juridique claire et chaque associé peut être tenu responsable des actions des autres.
Société professionnelle : Avantages fiscaux et protection contre la responsabilité, mais frais d’établissement et d’entretien plus élevés – solution adaptée aux professionnels établis ayant des revenus élevés.
Les permis nécessaires pour ouvrir une clinique au Canada
Comme les exigences varient d’une province et d’une profession à l’autre, les points ci-dessous sont un guide général, et non une liste exhaustive. Vérifiez le tout auprès de votre ordre professionnel et de votre municipalité avant de signer un bail.
Inscription auprès de l’ordre professionnel provincial
Vous devez vous inscrire auprès de votre ordre provincial pour exercer votre profession. Dans la plupart des provinces, vous devez être en règle auprès de l’ordre pour être propriétaire d’une clinique.
Il y a des frais de renouvellement annuels pour l’inscription et, dans certains cas, vous devez passer des examens. À noter que votre permis d’exercice actuel ne vous permet pas nécessairement d’être propriétaire.
Enregistrement du nom de l’entreprise
Si vous exercez vos activités sous un nom différent du vôtre, vous devrez l’enregistrer auprès du gouvernement provincial. Vous ne pouvez pas donner n’importe quel nom à votre société, car les ordres professionnels ont des règles précises à ce sujet.
Il vous faudra aussi un numéro d’identification d’entreprise pour votre compte bancaire d’entreprise. Il n’est pas possible de déposer un chèque si le nom inscrit dessus ne correspond pas au nom enregistré de votre entreprise. Les détails de ce genre peuvent causer de bons maux de tête si vous ne faites pas les choses correctement dès le départ.
Permis municipaux et approbation de zonage
Votre clinique doit respecter les règlements de zonage municipaux. L’occupation de locaux pour y offrir des soins de santé déclenche souvent d’autres exigences concernant l’accessibilité, la ventilation, la plomberie et la signalisation. Un permis d’entreprise de votre municipalité est nécessaire.
Voici un piège fréquent : le propriétaire de l’immeuble n’est pas obligé de confirmer que l’espace loué est adapté aux soins de santé. Cette responsabilité vous revient. En général, vous devez prévoir un délai d’au moins 4 à 12 semaines pour l’obtention des permis.
Les assurances à obtenir pour votre clinique
Si vous avez le statut d’associé, votre employeur s’occupe probablement de votre assurance professionnelle. Cette responsabilité vous revient entièrement si vous êtes propriétaire. Voici les types d’assurance dont vous pourriez avoir besoin.
Assurance responsabilité professionnelle
Cette assurance couvre les poursuites pour faute professionnelle, les erreurs et les omissions. C’est souvent une condition d’exercice de votre ordre professionnel. Si vous engagez des professionnels associés, vérifiez si votre couverture s’applique à eux ou s’ils doivent obtenir leur propre assurance. Votre ordre professionnel pourrait offrir des assurances collectives qui ont des primes réduites.
Assurance des biens et contenus des entreprises
Cette assurance couvre l’équipement, le mobilier et les améliorations locatives. Si vous louez des locaux, une assurance locataire est la base. Vérifiez que votre police couvre l’équipement clinique spécialisé, car les polices standard peuvent exclure l’équipement médical ou dentaire de grande valeur, sauf s’il est expressément ajouté au contrat.
Assurance invalidité et assurance vie pour les professions libérales
C’est l’assurance que beaucoup de nouveaux propriétaires de clinique négligent. Vous n’avez plus accès à une assurance invalidité offerte par un employeur. Si vous ne pouvez plus exercer votre profession, vous n’avez plus de revenus.
Une assurance invalidité remplace une partie de vos revenus en cas de maladie ou de blessure. Une assurance vie, quant à elle, protège vos partenaires, vos personnes à charge et votre entreprise et pourrait être exigée par votre prêteur. Il peut être plus facile et moins coûteux d’obtenir ces deux assurances pendant que vous travaillez toujours comme associé·e, au lieu d’attendre après la transition.
Comment gérer vos flux de trésorerie durant votre première année comme propriétaire
Les flux de trésorerie et les profits sont deux choses différentes. Même si votre clinique est profitable sur papier, vous pourriez avoir de la difficulté à payer les salaires en raison de factures non payées par les patients. La première année est celle qui comporte le plus de risques, car les revenus peuvent se faire attendre pendant que les frais fixes continuent de s’accumuler.
Surveillez de près les comptes débiteurs : Les paiements en retard des compagnies d’assurance ou des patients peuvent entraîner un manque de liquidités, ce qui peut rapidement avoir un effet boule de neige.
Constituez une réserve : Gardez des fonds de côté pour les frais d’exploitation dans votre compte d’entreprise, à part de vos économies personnelles.
Vérifiez vos dépenses tous les mois : Examinez chaque dépense au cours des premiers mois – vous pourriez découvrir des frais que vous pouvez réduire ou éliminer.
Prévoyez des variations saisonnières : Le volume de patients fluctue en fonction des congés, de la météo et du calendrier scolaire – planifiez vos réserves en conséquence.
Séparez les prélèvements du propriétaire de ceux de l’entreprise : À chaque période, versez-vous un montant préétabli et laissez le reste dans le compte de l’entreprise pour couvrir les frais d’exploitation.
Les outils numériques de suivi qui vous permettent de voir vos comptes en temps réel simplifient beaucoup cette tâche. Quand vous pouvez voir toutes vos liquidités en un seul coup d’œil, vous prenez de meilleures décisions.
La planification de la retraite quand vous travaillez à votre compte
Quand vous délaissez votre statut d’associé, vous abandonnez plusieurs avantages, comme les cotisations de l’employeur à un régime de retraite, les cotisations de contrepartie aux REER collectifs et d’autres avantages sociaux. Vous devenez entièrement responsable de la planification de votre retraite. C’est à la fois un risque et une occasion. Vous avez plus de contrôle, mais vous devez en faire bon usage.
Cotisations à un REER en tant que propriétaire d’entreprise
Vous pouvez cotiser à votre REER jusqu’à 18 % du revenu gagné l’année précédente, sans dépasser le maximum annuel fixé par l’ARC.
Une nuance s’impose pour les propriétaires constitués en société : le « revenu gagné » est le salaire que vous vous versez, et non les dividendes. Si vous vous versez seulement des dividendes, vous n’accumulerez pas de nouveaux droits de cotisation. Votre comptable pourra déterminer la combinaison optimale de salaire et de dividendes, selon votre situation.
Les cotisations à un REER réduisent votre revenu imposable au cours de l’année où vous versez ces cotisations, ce qui peut être important si vous tirez un salaire de votre société professionnelle au Canada.
Régimes de retraite individuels pour les professionnels constitués en société
Un régime de retraite individuel est un régime à prestations définies pour les propriétaires constitués en société. C’est une solution intéressante si vous avez plus de 40 ans, car les limites de cotisation à ce régime peuvent dépasser les limites des cotisations REER, parfois de beaucoup.
C’est votre entreprise qui effectue les cotisations, qui sont déductibles d’impôt pour la société. Un actuaire doit établir et administrer le régime, ce qui augmente la complexité et les coûts. Mais un régime de retraite individuel peut accélérer l’épargne-retraite pour les professionnels constitués en société stables et à revenu élevé qui ont utilisé tous leurs droits de cotisation REER.
Placements à avantages fiscaux pour votre société professionnelle
L’un des plus importants avantages financiers de la constitution en société est la possibilité de conserver les gains au sein de votre entreprise et de les investir, en tirant avantage du taux d’imposition moindre des sociétés. En faisant travailler le capital pour vous dès le départ, vous obtiendrez un meilleur effet composé que si vous investissez après avoir payé l’impôt des particuliers.
Mise en garde importante : si votre société gagne plus de 50 000 $ par année en revenu de placement passif, la déduction accordée aux petites entreprises est réduite. Votre comptable déterminera l’équilibre idéal entre les investissements d’entreprise et les distributions de salaire ou de dividendes.
Votre avenir financier comme propriétaire de clinique commence dès maintenant
La transition entre le statut d’associé et celui de propriétaire de clinique transforme complètement vos finances. Vos revenus prévisibles deviennent variables. Vous devez gérer vous-même les avantages sociaux. En plus de votre déclaration de revenus de particulier, vous devez produire une déclaration de société ayant sa propre échéance.
Rien de tout cela ne devrait vous effrayer, mais ça devrait vous motiver à planifier. Les professionnels qui réussissent la transition traitent l’aspect financier avec la même rigueur que leur travail clinique.
Vous n’avez pas à tout faire vous-même. Les bons outils facilitent votre transition, qu’il s’agisse de gérer vos placements, d’optimiser votre REER et votre CELI ou d’organiser vos finances personnelles et d’entreprise en un seul endroit. Commencez par vos finances personnelles, apprenez-en plus, assemblez votre équipe professionnelle, puis lancez-vous en toute confiance.