Vous avez probablement déjà acheté une action ou un fonds négocié en bourse (FNB), ou vous y avez songé. Vous ouvrez une application, vous choisissez un symbole boursier, vous appuyez sur « acheter », et vous voilà propriétaire d'une petite part de l'entreprise. C'est le marché public : rapide, accessible, et c'est à cela que la plupart des gens pensent lorsqu'ils entendent le mot « investissement ».
Les marchés privés, eux, désignent des investissements dans des entreprises et des actifs qui ne sont pas négociés en bourse comme des sociétés fermées, des prêts privés et des projets d'infrastructure.
Les bourses publiques ne représentent qu'une fraction de l'économie. Des milliers d'entreprises, des milliards de dollars en prêts et des infrastructures essentielles (routes, réseaux électriques, réseaux de fibre optique) existent entièrement en dehors de ces marchés. C'est là tout l'univers des marchés privés, et c'est là que certains des plus grands investisseurs institutionnels au monde placent une part considérable de leur argent.
Si ce terme ne vous dit rien, vous n'êtes pas seul⋅e : les régimes de retraite, les fonds de dotation et les ultra-riches ont longtemps dominé les marchés privés. Mais cette réalité est en train de changer.
Comment fonctionnent les marchés privés
Qu'est-ce qui rend un investissement « privé »?
Le mot « privé » signifie simplement que l'investissement n'est pas inscrit à une bourse : impossible d'en consulter le prix sur un symbole boursier, impossible de l'acheter ou de le vendre en un seul geste. Ces transactions se négocient plutôt directement entre les investisseurs et les entreprises (ou les projets), souvent par l'intermédiaire de fonds spécialisés.
Puisqu'aucune bourse n'intervient dans ces transactions, les investissements en marché privé sont généralement moins liquides : il faut habituellement attendre plusieurs années avant de pouvoir récupérer son argent. En contrepartie, les personnes qui investissent s'attendent souvent à des rendements plus élevés, afin de compenser cette perte de flexibilité. Ce compromis porte même un nom : la prime d'illiquidité.
Les trois piliers des marchés privés
« Marchés privés » est un terme générique qui englobe un vaste ensemble d'actifs échappant aux bourses publiques. Les principales catégories sont les suivantes :
Capital-investissement : l'achat de participations dans des sociétés fermées.
Capital de risque : le financement d'entreprises en démarrage au fort potentiel de croissance.
Crédit privé : le prêt d'argent directement à des entreprises, en dehors du système bancaire traditionnel.
Infrastructures privées : l'investissement dans de grands actifs physiques, comme les routes, les réseaux électriques et les réseaux de télécommunications.
Immobilier privé : l'investissement direct dans des propriétés et des actifs adossés à l'immobilier.
Au-delà de ces catégories principales, les marchés privés s'étendent à un large éventail d'autres actifs, notamment des équipes sportives, des œuvres d'art et des vins fins, qui côtoient les grandes catégories établies.
Chaque catégorie fonctionne différemment et présente son propre profil de risque et de rendement. Nous nous concentrerons sur les catégories les plus importantes et les mieux établies : le capital-investissement, le crédit privé, les infrastructures privées et l’immobilier privé.
Capital-investissement
Le capital-investissement consiste à acheter des participations dans des entreprises qui ne sont pas cotées en bourse ou, dans certains cas, à transformer des sociétés ouvertes en sociétés fermées en achetant l'ensemble de ses actions en circulation.
Les sociétés de capital-investissement réunissent d’importantes sommes auprès d’investisseurs, puis utilisent ces fonds pour acquérir des entreprises qu'elles estiment pouvoir améliorer. La démarche suit habituellement le même schéma : acquérir une entreprise, favoriser sa croissance (par une meilleure gestion, des gains d'efficacité opérationnelle ou une expansion), puis la revendre à profit plusieurs années plus tard, soit en trouvant un autre acheteur, soit en lançant un premier appel public à l’épargne (PAPE).
Il existe plusieurs formes de capital-investissement :
Rachats d’entreprises : une société de capital-investissement acquiert une participation majoritaire dans une entreprise mature, souvent en combinant capitaux d'investisseurs et fonds empruntés.
Capital de croissance : investir dans des entreprises déjà rentables, mais qui ont besoin de capitaux pour prendre de l'expansion, par exemple pour pénétrer un nouveau marché ou lancer une nouvelle gamme de produits.
Capital de risque : financer des entreprises en démarrage qui n'ont pas encore de profits, voire pas de revenus, en pariant sur leur potentiel futur.
Dans tous ces cas, il s’agit d’investir dans des entreprises qui ne sont pas cotées à la Bourse de Toronto (TSX) ou la Bourse de New York (NYSE), du moins pas encore.
Crédit privé
Le crédit privé, parfois appelé « dette privée », désigne simplement le fait de prêter de l'argent à des emprunteurs en dehors du système bancaire traditionnel et des marchés obligataires publics. Plutôt que d'emprunter à une banque ou d'émettre des obligations négociées publiquement, l'entreprise emprunte directement auprès de fonds d'investissement. Dans ce cas, vous devenez le prêteur et vous recevez des intérêts en retour.
Le fonds réunit des capitaux auprès d'investisseurs, les prête, puis perçoit des intérêts sur ces prêts, et les investisseurs, quant à eux, profitent d’une source de revenus régulière.
La forme la plus connue est le prêt direct, accordé à des entreprises de taille moyenne, mais le crédit privé va bien au-delà. Il comprend notamment :
Le prêt aux entreprises : des prêts classiques à des entreprises, mais aussi des prêts plus risqués, remboursés plus tardivement dans l'ordre de priorité en échange de rendements supérieurs, ainsi que des prêts à des entreprises en démarrage à croissance rapide.
Le prêt adossé à des actifs : du financement garanti par des éléments comme de l'équipement, des factures impayées, des prêts à la consommation, voire des redevances tirées de la musique ou de brevets. L'accent est ici mis sur la valeur de l'actif plutôt que sur l'entreprise qui le détient.
Le prêt immobilier et d'infrastructure : des prêts destinés à financer des projets immobiliers ou de grands projets d'infrastructure, comme des routes, des services publics ou des centres de données.
Le prêt en situations particulières : du financement de secours pour des entreprises en difficulté, ou l'achat, à rabais, de prêts que des emprunteurs peinent à rembourser.
Ce qui unit ces différentes formes de crédit privé, c'est qu'elles reposent sur des ententes négociées en privé plutôt qu'échangées en bourse, qu'elles sont plus difficiles à liquider rapidement, et que l'essentiel du rendement provient des paiements d'intérêts plutôt que d'une appréciation de la valeur de l'investissement.
Pourquoi une entreprise choisirait-elle cette voie? Pour plusieurs raisons :
La rapidité et la flexibilité : les prêteurs privés peuvent souvent structurer une entente plus rapidement, et avec des modalités mieux adaptées que celles d’une banque.
L'accès : certaines entreprises (surtout celles de taille moyenne) ne respectent pas les critères d’emprunt d’une banque ou ont besoin d’un type de financement non offert par les banques.
La certitude : es emprunteurs transigent avec un seul prêteur ou un petit groupe, au lieu de passer par un processus de syndication complexe.
Pour l'investisseur, l'attrait réside dans la stabilité du revenu. Les rendements du crédit privé ont tendance à être moins volatils que ceux des actions, car ils reposent sur des paiements d'intérêts contractuels plutôt que sur des évaluations d'entreprise fluctuantes. Cela dit, le risque qu'un emprunteur fasse défaut demeure bien réel.
Infrastructures privées
Les infrastructures privées consistent à investir dans de grands actifs physiques dont dépend la société, comme les routes à péage, les centres de données, les aéroports, les lignes de transport d'électricité, les projets d'énergie renouvelable, les usines de traitement des eaux et les réseaux de télécommunications.
Ces actifs partagent quelques caractéristiques distinctives :
Des services essentiels : peu importe la situation économique, les gens ont besoin d’électricité, d’eau potable et de connexions Internet, ce qui crée des revenus assez prévisibles.
Une longévité exceptionnelle : une autoroute ou un réseau électrique dure des dizaines d’années, ce qui génère des revenus à très long terme.
Des coûts initiaux considérables : la construction d’un parc éolien ou d’un réseau de fibre optique coûte très cher, et une entreprise peut rarement la financer à elle seule.
C'est précisément ce dernier point qui explique le rôle si important des capitaux privés dans ce secteur. Les gouvernements et les services publics ne peuvent pas toujours financer chaque projet nécessaire à même les impôts ou la dette publique. L’investissement dans les infrastructures privées permet de combler cet écart, en injectant des capitaux en échange d’une partie des flux de trésorerie à long terme produits par les actifs.
Ce type d’investissement peut vous aider à vous prémunir contre l’inflation de façon partielle. Bien des contrats d'infrastructure comprennent des clauses d'indexation : si le coût de la vie augmente, les revenus tirés d'une route à péage ou d'une concession de service public peuvent augmenter en conséquence.
Immobilier privé
L’investissement dans l’immobilier privé consiste à investir directement dans des propriétés (ou des fonds qui détiennent des propriétés), au lieu d’acheter des actions d’une société de placement immobilier cotée en bourse. Cela comprend les immeubles d'habitation, les tours de bureaux, les entrepôts et les centres logistiques, les commerces de détail, ainsi que des actifs de plus en plus spécialisés comme les résidences étudiantes et les centres de données.
Voici quelques caractéristiques qui distinguent l’immobilier privé :
Des revenus et une plus-value : le rendement provient de deux sources, soit le loyer versé par les locataires, qui constitue un revenu continu, et l'appréciation de la valeur de la propriété au fil du temps. La répartition entre ces deux sources dépend de la stratégie adoptée.
Un éventail de niveaux de risque : celui-ci s'étend des propriétés « de base », stables et entièrement louées, qui se comportent d'une manière proche d'une obligation, jusqu'aux stratégies « à valeur ajoutée » ou « opportunistes », qui consistent à rénover, à repositionner ou à construire une propriété à partir de zéro. Le risque y est plus élevé, mais le potentiel de rendement l'est également.
Des actifs tangibles et durables : tout comme les infrastructures, les biens immobiliers sont des actifs physiques durables, et la demande de logements, de bureaux et d’espaces commerciaux a tendance à se maintenir d’un cycle économique à l’autre.
Pour l'investisseur, l'immobilier privé peut offrir un revenu stable, une diversification par rapport aux actions et aux obligations, ainsi qu'une certaine protection contre l'inflation, puisque les baux prévoient souvent des hausses de loyer et que la valeur des propriétés tend à croître avec le niveau général des prix. Comme pour les autres actifs privés, le compromis demeure la liquidité, puisqu'il est impossible de vendre un immeuble en un seul geste, et le rendement dépend largement de la compétence du gestionnaire à sélectionner et à administrer les propriétés.
En quoi les marchés privés diffèrent-ils des marchés publics?
Voici un tableau des principales différences :
Caractéristiques | Marchés publics | Marchés privés |
|---|---|---|
| Méthode de négociation | Bourses (p. ex., TSX, NYSE) | Transactions directes, fonds privés |
| Liquidité | Élevée : achat ou vente en quelques secondes | Faible : fonds généralement immobilisés pendant des années |
| Transparence | Grande : documents publics, rapports trimestriels | Limitée : moins de déclarations réglementaires |
| Accès | Accessibles à toute personne ayant un compte de courtage | Anciennement limités aux investisseurs institutionnels et accrédités |
| Investissement minimal | Aussi peu que le prix d'une seule action | Souvent entre 25 000 $ et 10 millions $ (ou plus) |
| Prix | Cours du marché en temps réel | Évaluations périodiques (trimestrielles ou moins fréquentes) |
| Réglementation | Importante : commissions des valeurs mobilières, publication d'information continue | Moins importante : marchés exemptés de plusieurs règles applicables aux marchés publics |
| Rendement | Rendements fondés sur les cours du marché, volatilité quotidienne | Potentiel de rendements à long terme plus importants, volatilité moins visible (mais réelle) |
Aucun de ces marchés n’est supérieur à l’autre. Les marchés publics offrent plus de flexibilité et de transparence. Les marchés privés peuvent offrir de meilleurs rendements et une plus grande diversification, mais exigent de la patience et une plus grande tolérance à l’incertitude.
Pourquoi les investisseurs institutionnels aiment-ils tant les marchés privés?
Si les marchés privés sont illiquides, opaques et difficiles d'accès, pourquoi les investisseurs les plus avertis au monde y consacrent-ils autant de capitaux?
La réponse tient en peu de mots : historiquement, ces marchés ont livré de solides rendements.
Depuis des décennies, les régimes de retraite, les fonds de dotation universitaires et les fonds souverains figurent parmi les plus grands acteurs des marchés privés. Leur horizon de placement est long (un régime de retraite qui investit au nom d'une personne de 30 ans n'aura pas besoin de cet argent avant 35 ans), ce qui rend le compromis lié à l'illiquidité beaucoup plus facile à accepter.
Prenez l’exemple d’Investissements RPC, l’organisme qui gère le Régime de pensions du Canada, qui compte plus de 22 millions de participants. En 2024, environ la moitié de son portefeuille était consacrée aux marchés privés, notamment le capital-investissement, le crédit privé, les infrastructures et l'immobilier. Le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (RREO) applique une approche semblable.
Pourquoi ces investisseurs adoptent-ils cette stratégie?
La diversification : les rendements des marchés privés n'évoluent pas au même rythme que ceux des actions et des obligations, ce qui contribue à stabiliser le rendement global d'un portefeuille.
Des rendements supérieurs à long terme : sur de longues périodes, le capital-investissement et les infrastructures ont historiquement surpassé leurs équivalents publics, bien que les rendements passés ne garantissent jamais les rendements futurs.
Une compensation pour le risque et l'illiquidité : les actifs privés sont généralement plus risqués et plus difficiles à liquider que les actifs publics, et leurs rendements attendus, plus élevés, sont perçus comme une compensation pour ces deux facteurs. Il n’y a pas de consensus sur la portion du rendement qui sert à compenser le manque de liquidité, mais on s’entend généralement pour dire que le risque accru explique au moins en partie le rendement obtenu. Les investisseurs prêts à prendre le risque et à attendre peuvent donc être récompensés.
À noter que ces résultats ne sont pas garantis. Le rendement des marchés privés varie considérablement selon le gestionnaire, l’année de lancement du fonds et la conjoncture économique. Le choix du bon fonds importe donc énormément, sans doute davantage qu'en marché public, où les fonds indiciels ont rendu les rendements « moyens » accessibles à tous.
Les investisseurs ordinaires ont-ils accès aux marchés privés?
Pendant longtemps, la réponse a été non pour la plupart d'entre eux.
Les autorités des valeurs mobilières, dont la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO) et les organismes de réglementation des autres provinces au Canada, limitaient généralement l’investissement dans les marchés privés aux investisseurs accrédités. Dans la plupart des provinces, ces investissements étaient réservés aux personnes ayant un revenu net supérieur à 200 000 $ (ou ayant un revenu combiné de 300 000 $ avec leur conjoint) ou des avoirs financiers nets de plus de 1 million de dollars. Pourquoi ces restrictions? Parce qu’il faut s’assurer que les participants peuvent absorber les pertes possibles, étant donné que les investissements privés comportent des risques accrus et offrent moins de protection réglementaire.
Les seuils d'investissement élevés ont constitué un autre obstacle important. Bien des fonds de capital-investissement et d'infrastructure exigent un investissement de départ de 250 000 $ US, de 1 million $ US, voire davantage, un montant bien au-delà de ce que la plupart des investisseurs individuels peuvent engager.
Mais tout ça évolue. Au cours des dernières années, de nouvelles structures de fonds sont apparues afin de rendre les investissements en marché privé plus accessibles :
Les fonds à intervalle et les fonds semi-liquides : ils permettent des rachats périodiques, bien que limités, ce qui immobilise votre argent moins longtemps.
Les fonds nourriciers et les fonds de fonds : ils regroupent de plus de petits investissements individuels et les canalisent vers des fonds de marché privé de qualité institutionnelle.
Des seuils d'entrée plus bas : certains instruments récents exigent un investissement initial de seulement 25 000 $ ou moins.
L’attitude des organismes de réglementation change également. Des organismes au Canada et ailleurs dans le monde examinent des manières d’élargir l’accès aux marchés privés de façon responsable, en préservant les mécanismes de protection existants.
L’accès s’élargit, mais c’est loin d’être aussi simple que d’acheter un FNB. L’obligation de diligence, les frais et les périodes d’immobilisation demeurent des considérations bien réelles.
Les risques à comprendre avant d'investir
Les marchés privés peuvent offrir de véritables avantages à un portefeuille, mais ils s'accompagnent de risques qui diffèrent de ceux du marché public. Plusieurs de ces risques sont communs à l'ensemble des actifs privés :
L’illiquidité : C'est là l'enjeu principal. Lorsque vous investissez dans un fonds privé, vous ne pouvez généralement pas récupérer votre argent avant plusieurs années. Il est impossible de vendre votre position lors d'une mauvaise journée, ou d'une bonne, d'ailleurs. Si votre situation financière change et que vous avez besoin de liquidités, vous pourriez ne pas y avoir accès.
Une transparence limitée : les sociétés ouvertes publient des communiqués trimestriels et de l’information sur la rémunération de leurs cadres, et elles sont soumises à une surveillance réglementaire. Ce n’est pas le cas des sociétés fermées. Vous disposerez donc de beaucoup moins d'informations et les évaluations sont peu fréquentes (dans certains cas, une seule fois par année).
L’effet de levier : Les fonds privés ont souvent recours à des fonds empruntés pour accroître leurs rendements. Or, l'effet de levier agit dans les deux sens : il amplifie les gains, mais également les pertes, ce qui ajoute une sensibilité aux taux d'intérêt et aux conditions de refinancement.
Des frais plus élevés : Les fonds privés facturent habituellement des frais de gestion, souvent entre 1,5 % et 2 % de l'actif, en plus des frais liés au rendement. Ces derniers s'appliquent généralement seulement lorsque le rendement dépasse un seuil minimal (habituellement entre 5 % et 8 %), après quoi le gestionnaire prélève une part des gains au-delà de ce seuil, souvent autour de 20 %. Ces frais peuvent réduire sensiblement le rendement net obtenu par l'investisseur.
Le risque lié au choix du gestionnaire : sur les marchés publics, un fonds indiciel suffit à obtenir un rendement « moyen ». Sur les marchés privés, l'écart entre les gestionnaires les plus performants et les moins performants est considérable. Le choix d'un mauvais gestionnaire peut faire toute la différence entre un rendement solide et des pertes importantes.
Au-delà de ces risques, il convient également de tenir compte des incidences fiscales. Les investissements en marché privé peuvent donner lieu à une déclaration de revenus considérablement plus complexe qu'un fonds indiciel classique, en raison des différents types de revenus, des revenus de source étrangère et d'un calendrier qui ne coïncide pas toujours avec l'année d'imposition. Il est donc utile de bien comprendre le traitement fiscal applicable à votre situation, idéalement avec l'aide d'une ou d'un fiscaliste.
Aucun de ces risques ne constitue en soi une raison d'éviter complètement les marchés privés. Ils justifient toutefois d'y entrer en toute connaissance de cause, avec une compréhension claire de ce à quoi vous vous engagez.
En conclusion
Les marchés privés représentent une part importante (et grandissante) de l’économie mondiale. Ils financent les entreprises, les infrastructures et les prêts qui façonnent notre quotidien, même si la plupart des gens n'en sont jamais témoins.
Comprendre le fonctionnement du capital-investissement, du crédit privé et des infrastructures privées ne fait pas que vous préparer à un investissement éventuel. Cela vous procure également une vision plus claire de la circulation des capitaux dans l'économie, des raisons pour lesquelles les régimes de retraite investissent de la manière dont ils le font, et de ce que l'on entend réellement lorsqu'on parle de « placements non traditionnels ».
Devriez-vous ajouter des investissements privés à votre portefeuille? Cela dépend de votre situation financière, de votre horizon de placement et de votre acceptation des compromis (surtout l’illiquidité et les frais plus élevés). Mais plus vous comprenez le fonctionnement de cette portion de l'économie, mieux vous serez outillé pour prendre des décisions éclairées à l'égard de votre propre argent.


