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Marchés de prédiction : évaluer les risques macroéconomiques pour mieux protéger votre portefeuille

Mis à jour 7 août 2026

Vous l’avez sans doute ressentie, cette sourde anxiété financière qui persiste depuis 2024. Elle se nourrit des menaces de droits de douane qui changent sans cesse, de l’incertitude entourant l’évolution du taux directeur de la Banque du Canada et de la vulnérabilité soudaine de certaines routes commerciales établies depuis des décennies. Si vous investissez au Canada, vous vous demandez peut-être s’il est possible d’anticiper ces bouleversements et d’en limiter les effets sur votre portefeuille.

Peut-être. Ou, du moins, de mieux cerner ce qui risque de se produire. Sur les marchés de prédiction, on négocie des contrats dont la valeur dépend de l’issue d’événements à venir. Le prix de chaque contrat traduit, en temps réel, la probabilité que le marché attribue à un événement donné – une récession, une baisse de taux ou autre. Ces marchés ne prédisent pas l’avenir. Mais ils montrent comment des milliers de personnes qui ont réellement pris position l’envisagent. Et cette information peut être franchement utile.

Comment les marchés de prédiction mesurent le risque macroéconomique

L’intérêt des marchés de prédiction ne tient pas tant à la négociation elle-même qu’aux données qu’ils produisent. Le prix des contrats donne des indications concrètes sur la probabilité d’événements macroéconomiques. Trois types de contrats sont particulièrement pertinents :

  • Contrats sur une récession : ils portent sur la probabilité qu’une économie donnée entre en récession d’ici à une date précise.

  • Contrats sur les décisions des autorités publiques : ils portent sur les décisions des banques centrales et les mesures gouvernementales (par exemple : « La Banque du Canada réduira-t-elle son taux directeur lors de sa prochaine annonce? »).

  • Contrats sur les devises et le commerce : ils suivent les mouvements des taux de change et les décisions de politique commerciale, notamment l’évolution du taux CAD/USD et l’imposition de droits de douane.

Le prix d’un contrat est assez simple à décoder. Si un contrat sur une récession se négocie à 0,40 $, le marché estime à 40 % la probabilité qu’une récession survienne d’ici la date indiquée. Si son prix grimpe à 0,55 $ en deux semaines, cela indique que les participants sont devenus nettement plus pessimistes avant même la publication des données officielles.

L’intérêt des marchés de prédiction pour investir au Canada

Depuis 2025, l’incertitude demeure élevée : fluctuations des droits de douane entre le Canada et les États-Unis, évolution du taux directeur de la Banque du Canada et risques géopolitiques persistants. Les indicateurs économiques traditionnels, comme le PIB, l’emploi et l’inflation, arrivent avec un certain décalage. Quand les chiffres paraissent, les marchés ont souvent déjà bougé. Les marchés de prédiction apportent autre chose : des indications prospectives, en temps réel, qui évoluent en continu.

Incertitude entourant les droits de douane et la politique commerciale

Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis font peser un risque direct sur les portefeuilles exposés aux secteurs tributaires des exportations, comme l’énergie, la fabrication et l’agriculture. Ces secteurs peuvent réagir brusquement lorsque les menaces de droits de douane s’intensifient, mais l’analyse traditionnelle permet difficilement d’en prévoir le moment.

Les marchés de prédiction chiffrent la probabilité de scénarios tarifaires précis. Si le prix d’un contrat portant sur la question « Les États-Unis imposeront-ils de nouveaux droits de douane sur les produits canadiens d’ici le troisième trimestre de 2026? » passe de 0,25 $ à 0,50 $, ce n’est pas anodin. Cela ne garantit pas que ces droits seront imposés. Mais les participants, dont certains ont peut-être eux-mêmes des capitaux en jeu, jugent ce scénario de plus en plus probable. Voilà un premier signal qui peut vous amener à revoir la place qu’occupent ces secteurs dans votre portefeuille.

Inflation et volatilité des taux d’intérêt

Les décisions de taux de la Banque du Canada se répercutent dans tout le système financier canadien : cours des obligations, taux hypothécaires, valeur des actions. Le maintien inattendu du taux alors que le marché prévoyait une baisse, ou l’inverse, peut provoquer de fortes variations.

Les contrats sur les décisions de taux donnent des indications avant les annonces officielles. Si le prix d’un contrat portant sur une baisse lors de la prochaine annonce du taux directeur bondit de 0,30 $ à 0,70 $, le marché obligataire a probablement déjà commencé à réagir. Ce type d’indication en temps réel contraste nettement avec les données économiques traditionnelles, qui reflètent souvent la situation telle qu’elle était plusieurs semaines, voire plusieurs mois plus tôt.

Événements géopolitiques et résultats électoraux

Les événements politiques peuvent faire bouger les marchés en quelques heures. Les élections fédérales au Canada, l’issue d’événements politiques aux États-Unis et les conflits internationaux créent tous de l’incertitude, qui se répercute sur les rendements des portefeuilles.

En regroupant en temps réel les estimations de probabilité d’une foule de personnes, les marchés de prédiction peuvent servir de système d’alerte. Les contrats politiques ne sont pas autorisés au Canada, mais une forte variation du prix d’un contrat électoral peut précéder, ou accompagner, des mouvements touchant aussi bien les produits de base que les taux de change.

Une forme d’assurance : utiliser les marchés de prédiction comme couverture

C’est là que les marchés de prédiction deviennent particulièrement intéressants pour la gestion de portefeuille. Le principe est simple : acheter des contrats qui rapportent si un événement défavorable survient afin de compenser une partie des pertes du portefeuille. Un peu comme une assurance.

Prenons un exemple. Vous investissez au Canada et détenez beaucoup d’actions du secteur de l’énergie. La possibilité que les États-Unis imposent de nouveaux droits de douane sur le pétrole canadien vous inquiète. Vous pourriez acheter un contrat « oui » portant sur la question suivante : « Les États-Unis imposeront-ils de nouveaux droits de douane sur le pétrole canadien d’ici au quatrième trimestre de 2026? » Si ces droits sont imposés, la valeur de vos actions risque de baisser, mais le contrat vous rapportera et pourrait compenser une partie de la perte. S’ils ne le sont pas, vous perdez votre mise, mais le risque contre lequel vous vouliez vous protéger ne se matérialise pas.

Voilà ce qui rend le principe intéressant : les contrats de prédiction peuvent servir de couverture. Les entreprises utilisent déjà des options et des contrats à terme pour gérer le risque, mais les contrats de prédiction pourraient coûter moins cher et être plus faciles d’accès.

Pas besoin de bien connaître les options ou les contrats à terme pour saisir la logique : vous payez aujourd’hui une petite somme connue d’avance, et le contrat vous rapporte si un événement défavorable survient plus tard. C’est comme une assurance habitation. On espère ne jamais en avoir besoin, mais mieux vaut l’avoir si les choses tournent mal.

Quels risques macroéconomiques les marchés de prédiction peuvent-ils aider à évaluer?

Même si vous ne pouvez pas négocier un contrat donné, suivre son prix vous donne une sorte de tableau de bord des risques macroéconomiques en temps réel. Voici les principales catégories à surveiller.

Probabilité d’une récession

Les contrats sur une récession comptent parmi les plus liquides et les plus négociés des marchés de prédiction, ce qui en fait des indicateurs relativement fiables. L’important est de suivre l’évolution de leur prix plutôt que de s’arrêter à un chiffre. Un contrat stable à 0,25 $ pendant trois mois ne raconte pas la même histoire qu’un contrat passé de 0,25 $ à 0,45 $ en deux semaines.

Vous pourriez, par exemple, vous fixer un seuil. Si la probabilité d’une récession dépasse 40 à 50 %, ce pourrait être le moment de revoir les mesures prises pour protéger votre portefeuille. Ce n’est pas une science exacte, mais cette méthode fournit un cadre concret pour réagir à l’évolution de la conjoncture.

Selon une étude de l’économiste Jonathan Hartley*, une hausse d’un point de pourcentage de la probabilité d’une récession est associée à des baisses mesurables des marchés boursiers et des taux des titres du Trésor américain. Même de faibles variations peuvent donc avoir un effet réel sur un portefeuille.

*Hartley, Jonathan, Recession Risk and Asset Prices: Evidence From Recession Prediction Markets (25 mars 2020). http://dx.doi.org/10.2139/ssrn.3524686 (en anglais).

Fluctuations des taux de change

Le taux de change CAD/USD est lié à la politique commerciale, aux prix des produits de base et aux décisions de la Banque du Canada, autant de domaines où les marchés de prédiction peuvent fournir des indications utiles. Suivre les contrats sur les droits de douane et les taux peut donc donner une idée de l’évolution possible du dollar canadien.

C’est particulièrement utile si vous détenez des actifs en dollars américains. Une hausse de la probabilité que de nouveaux droits frappent les exportations canadiennes pourrait, par exemple, affaiblir le dollar canadien. Vos placements en dollars américains pourraient en profiter, mais votre pouvoir d’achat au Canada pourrait diminuer. Comprendre cette dynamique permet de mieux tenir compte du risque de change dans la gestion de votre portefeuille.

Rotations sectorielles et changements de politiques

Les changements de réglementation et de politiques publiques provoquent des rotations sectorielles. La politique énergétique touche les sociétés pétrolières et gazières; les politiques d’habitation, les fiducies de placement immobilier et les prêteurs hypothécaires; la réglementation financière, les banques et les entreprises de technologies financières.

Les contrats portant sur des mesures précises, par exemple « Le gouvernement fédéral instaurera-t-il de nouveaux incitatifs fiscaux pour le logement d’ici la fin de l’année? », peuvent signaler à l’avance qu’un rééquilibrage sectoriel pourrait s’imposer. Si le prix d’un tel contrat évolue sensiblement, il peut être utile de se demander si la composition de votre portefeuille tient compte de ce scénario.

Comment utiliser les signaux des marchés de prédiction pour gérer votre portefeuille

Les données des marchés de prédiction ne sont qu’une source d’information parmi d’autres. Voici comment les utiliser concrètement.

1. Suivez l’évolution de la probabilité d’une récession

Vous pouvez consulter le prix des contrats sur une récession sur Kalshi ou Polymarket sans ouvrir de compte. Jetez-y un œil chaque semaine ou à l’approche de grandes annonces économiques, comme une décision de la Banque du Canada, une annonce de la Réserve fédérale américaine ou la publication des données sur le PIB. Ce n’est pas une valeur isolée qui compte, mais son évolution. Une hausse soutenue de la probabilité de récession pendant plusieurs semaines est plus révélatrice qu’un bond en une seule journée.

2. Réévaluez votre répartition d’actifs lorsque les probabilités changent

Une hausse de la probabilité d’une récession peut inciter à privilégier des actifs défensifs, comme les titres à revenu fixe, les actions à dividendes, l’or ou les liquidités. À l’inverse, une baisse peut inciter à privilégier les actifs axés sur la croissance. Il ne s’agit pas d’une formule rigide, mais d’un facteur parmi d’autres à considérer avec votre tolérance au risque, votre horizon de placement et votre plan financier global.

Si vous avez un portefeuille géré, le rééquilibrage automatique adapte déjà votre répartition d’actifs aux conditions du marché. Si vous gérez vous-même vos placements, le suivi des probabilités peut vous aider à déterminer quand adopter une position plus défensive, par exemple en modifiant la part des titres à revenu fixe dans votre portefeuille.

3. Utilisez les contrats de prédiction pour choisir le moment de vous protéger

Certains contrats sont liés à une date précise, comme une décision de la Banque du Canada, la publication du PIB ou une élection. Ils peuvent vous aider à prévoir quand les marchés risquent de bouger. Si le prix d’un contrat indique une forte probabilité de baisse du taux directeur à la prochaine réunion de la Banque du Canada, par exemple, le cours des obligations pourrait déjà augmenter en prévision de cette décision.

Il ne s’agit pas de prévoir les mouvements du marché au sens traditionnel. Vous ne cherchez pas à repérer exactement les sommets et les creux, mais à utiliser les probabilités pour mieux déterminer quand une position défensive pourrait convenir.

Marchés de prédiction ou prévisions économiques traditionnelles

Les marchés de prédiction ne remplacent pas l’analyse économique traditionnelle : ils apportent un autre éclairage. Voici ce qui les distingue.

Facteur
Marchés de prédiction
Prévisions traditionnelles
Fréquence de mise à jourEn temps réelPériodique (mensuelle ou trimestrielle)
Source des donnéesEnsemble des opérations sur le marchéAnalyse d’économistes
Mécanisme d’incitationEnjeu financierRéputation
AccessibilitéPrix accessibles au publicAccès souvent payant

Les principales différences? La fréquence des mises à jour, les incitations et l’accessibilité. Les prévisions traditionnelles sont produites par de petits groupes d’analystes, actualisées périodiquement et souvent accessibles uniquement par abonnement. Les marchés de prédiction, eux, évoluent en continu et leurs prix sont publics. Et comme les personnes qui y participent peuvent avoir de l’argent en jeu, elles ont tout intérêt à suivre la situation de près.

Mais ces marchés ont aussi leurs limites. Certains contrats sont peu négociés, ce qui peut rendre leur prix moins fiable. Ils peuvent aussi être manipulés. Et il n’existe pas toujours de contrats portant sur des événements propres au Canada. Les plus liquides concernent généralement l’économie américaine; les personnes qui investissent au Canada doivent donc souvent se servir des données américaines comme indicateur de la conjoncture mondiale.

Quels sont les risques et les limites de cette stratégie de couverture?

Les marchés de prédiction fournissent des indications utiles, mais ils ne sont pas infaillibles. Avant de vous en servir pour prendre des décisions, il faut bien en comprendre les limites.

Liquidité et profondeur du marché

Les marchés peu actifs, où les participant·es et les opérations sont peu nombreux, donnent des signaux moins fiables et présentent souvent un écart acheteur-vendeur important, soit une grande différence entre le prix offert par les acheteurs et celui demandé par les vendeurs. Les contrats les plus liquides portent généralement sur des événements américains très médiatisés. Ceux qui concernent le Canada peuvent être beaucoup moins liquides, si bien que leur prix ne reflète parfois que l’opinion d’un petit nombre de personnes.

Comme l’a souligné Werner Antweiler, professeur à la Sauder School of Business de l’Université de la Colombie-Britannique, il faut un grand nombre de personnes aux points de vue variés pour que les prix fassent ressortir une information réellement utile.

Risques de manipulation et d’inexactitude

Malgré les mesures de protection en place et l’évolution de la surveillance réglementaire, les marchés de prédiction peuvent faire l’objet de manipulations. Le risque est particulièrement élevé pour les contrats peu liquides, dont le prix peut être fortement influencé par une seule personne disposant de capitaux importants. Werner Antweiler souligne aussi qu’en l’absence de plafonds d’investissement, les participant·es les plus fortunés peuvent peser démesurément sur le marché et brouiller le signal qu’il envoie.

Autre problème : les probabilités très médiatisées peuvent donner une fausse impression d’inévitabilité. Une probabilité de récession de 75 % n’est pas une certitude, même si un gros titre peut facilement le faire croire.

Et surtout, les marchés de prédiction peuvent devenir volatils et illiquides en période de crise, précisément au moment où l’on aurait le plus besoin de signaux fiables. Quand l’incertitude devient extrême, moins de personnes sont parfois prêtes à négocier, ce qui réduit la qualité des données.

Les marchés de prédiction sont-ils accessibles au Canada?

Réponse courte : ça dépend du contrat. En mars 2026, l’OCRI avait autorisé deux courtiers en placement membres à offrir à leur clientèle canadienne un éventail limité de contrats de prédiction. Ceux-ci portent notamment sur des indicateurs économiques, des prévisions financières et des phénomènes environnementaux, comme les décisions de taux des banques centrales ou la possibilité d’une récession avant la fin d’un trimestre.

Pour les contrats liés au sport ou à la politique, c’est une autre histoire. Des plateformes américaines comme Kalshi et Polymarket sont inscrites auprès de la CFTC et s’adressent surtout aux personnes qui résident aux États-Unis. Les restrictions imposées par les ACVM sur les options binaires limitent de fait la participation directe au Canada.

Il existe donc deux façons d’utiliser les marchés de prédiction. Vous pouvez négocier directement certains contrats auprès de courtiers canadiens autorisés, mais seulement dans les catégories approuvées par l’OCRI. Vous pouvez aussi simplement suivre gratuitement le prix des contrats sur différentes plateformes et vous en servir comme source d’information. Cette utilisation indirecte est légale et accessible à quiconque dispose d’une connexion Internet.

La distinction est importante. Pas besoin de négocier sur tous ces marchés pour tirer parti des données qu’ils produisent. Suivre le prix des contrats sur une récession, les probabilités liées aux décisions de taux ou l’évolution des politiques commerciales peut vous aider à prendre le pouls du risque en temps réel. Le cadre réglementaire continue d’évoluer, mais le Canada adopte depuis longtemps une approche prudente à l’égard des instruments qui s’apparentent aux options binaires. Les ACVM et l’OCRI continuent d’ailleurs d’examiner les conditions applicables, qui pourraient encore se resserrer.

Comment préparer votre portefeuille à l’incertitude macroéconomique

L’incertitude macroéconomique n’est pas près de disparaître. Négociations sur les droits de douane, cycles de taux et bouleversements géopolitiques continueront d’alimenter la volatilité. Mais votre portefeuille peut être conçu pour mieux résister à différents scénarios. Trois principes comptent particulièrement :

  • Diversifiez les catégories d’actifs et les régions : évitez de concentrer votre portefeuille dans un seul secteur ou un seul pays. Répartissez vos placements entre actions, titres à revenu fixe, actifs réels et différents marchés géographiques. C’est la base d’un portefeuille plus résilient.

  • Rééquilibrez régulièrement : avec le temps, les mouvements du marché peuvent éloigner votre portefeuille de sa répartition cible. Un rééquilibrage périodique, par exemple chaque trimestre ou chaque semestre, ou encore après un mouvement important des marchés, permet de maintenir le niveau de risque souhaité. Les signaux des marchés de prédiction peuvent aussi vous aider à choisir le moment de rééquilibrer.Restez à l’affût : consultez les données des marchés de prédiction en parallèle des communications de la Banque du Canada, des données économiques et des analyses. Aucune source ne donne à elle seule un portrait complet. Les marchés de prédiction ajoutent une dimension prospective et instantanée à une information souvent rétrospective et publiée avec un certain décalage.

Avec un portefeuille géré, la diversification et le rééquilibrage se font automatiquement, au fil de l’évolution des marchés. Si vous gérez vous-même vos placements, suivre les probabilités macroéconomiques et réagir avec mesure, par exemple en augmentant la part des titres à revenu fixe ou des FNB de dividendes, peut vous aider à traverser les périodes d’incertitude plus sereinement.

Le but n’est pas de prédire l’avenir, mais de mieux vous préparer à celui qui se présentera.

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Foire aux questions

À quelle fréquence devrait-on consulter les données des marchés de prédiction?

Le prix des contrats évolue en temps réel, mais, pour la plupart des particuliers, il suffit d’y jeter un œil une fois par semaine ou avant une annonce économique importante, comme une décision de la Banque du Canada, une réunion de la Réserve fédérale américaine ou la publication du PIB. Inutile de les surveiller de trop près : les fluctuations à court terme peuvent alimenter inutilement l’anxiété liée à votre portefeuille.

Les marchés de prédiction couvrent-ils des événements économiques propres au Canada?

La plupart des contrats portent sur des événements américains, comme les décisions de la Réserve fédérale, les élections ou une éventuelle récession. Certaines plateformes offrent des contrats sur les décisions de la Banque du Canada, mais leur disponibilité et leur liquidité varient beaucoup. Les contrats macroéconomiques américains peuvent donc servir d’indicateurs indirects de la conjoncture mondiale pour les personnes qui investissent au Canada.

Les signaux des marchés de prédiction sont-ils fiables pendant une crise financière?

Les marchés de prédiction peuvent devenir volatils et illiquides pendant une crise, ce qui risque de réduire leur fiabilité au moment où vous avez le plus besoin d’y voir clair. Faute de liquidité, moins de personnes contribuent à fixer les prix, qui peuvent alors devenir peu fiables ou connaître des mouvements extrêmes. Ces données servent surtout à suivre la conjoncture en temps normal, et non à réagir à une crise.

Quelle est la différence entre un marché de prédiction et un marché de paris?

Les marchés de prédiction mettent en commun l’information détenue par de nombreuses personnes pour produire des estimations de probabilité. Les participant·es peuvent modifier leur position à mesure que de nouvelles informations apparaissent, contrairement à un pari dont les conditions sont fixées au départ. Les marchés de paris servent avant tout à miser sur l’issue d’un événement. Au Canada, les autorités de réglementation travaillent à mettre en place un cadre approprié et des mesures de protection pour les participant·es.

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