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Un guide pour répondre aux questions d'argent des enfants

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Les enfants posent des questions sur l'argent bien avant de comprendre ce que vaut un dollar. Que votre enfant de 6 ans se demande pourquoi vous ne pouvez pas tout acheter au magasin ou que votre ado s'interroge sur l'investissement, ces questions méritent des réponses honnêtes et réfléchies.

Ce qui complique la tâche des parents canadiens, c'est que les règles entourant les enfants et l'argent ne sont pas toujours intuitives. Il n'existe pas un âge unique à partir duquel un enfant peut ouvrir un compte bancaire, obtenir une carte de débit ou commencer à investir. Certaines règles dépendent de la province où vous habitez. D'autres dépendent de l'institution financière. Et le traitement fiscal du revenu de placement d'un enfant fonctionne différemment de ce que la plupart des gens croient.

Ce guide répond à des questions courantes que se posent les parents canadiens à propos de leurs enfants et de l'argent — du premier compte d'épargne aux régimes d'épargne enregistrés, en passant par certaines conversations un peu délicates qui surviennent à table. Chaque réponse est propre à la réalité canadienne, avec les chiffres et les règles dont vous avez besoin pour prendre des décisions éclairées.

Le guide comporte deux parties. D'abord, les notions de base que vous devez connaître en tant que parent — comment fonctionnent réellement les comptes, les cartes, les placements et la fiscalité pour les enfants au Canada. Ensuite, les questions que vos enfants sont susceptibles de vous poser directement, et quelques pistes de réponses.

Vous n'avez pas besoin de tout lire d'un coup. Allez directement à la section qui correspond à votre situation, ou commencez par le début et avancez dans l'ordre.

Si une question n'est pas couverte ici, c'est probablement parce que la réponse dépend de votre situation financière particulière — une bonne raison d'en discuter avec un ou une spécialiste financier·ère qualifié·e.

Comptes et accès

À quel âge puis-je ouvrir un compte d'épargne pour mon enfant?

Il n'existe aucun âge minimal prévu par la loi pour ouvrir un compte d'épargne ordinaire au Canada. En théorie, vous pourriez en ouvrir un dès la naissance de votre enfant. Cela dit, la plupart des institutions financières exigent qu'un parent ou tuteur en fasse la demande en personne pour les enfants de moins de 12 ou 13 ans, et le compte est habituellement détenu conjointement jusqu'à ce que l'enfant atteigne l'âge de la majorité.

L'âge de la majorité varie selon la province ou le territoire. Il est de 18 ans en Alberta, au Manitoba, en Ontario, à l'Île-du-Prince-Édouard, au Québec et en Saskatchewan, et de 19 ans en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve-et-Labrador, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Nouvelle-Écosse, au Nunavut et au Yukon.

Les comptes pour enfants et ados n'ont généralement pas de frais mensuels et offrent des capacités de transaction limitées — ce qui en fait un moyen à faible risque pour les enfants de commencer à apprendre à épargner et à dépenser.

À quel âge mon enfant peut-il obtenir une carte de débit ou de dépense?

Il n'existe aucun âge légal minimal pour une carte de débit au Canada. L'accès découle généralement du fait d'avoir un compte : si votre enfant en a un, il ou elle peut habituellement obtenir une carte de débit qui l'accompagne.

De nombreux parents introduisent la carte de débit vers l'âge de 8 ou 9 ans, mais cela dépend de la maturité de l'enfant et du niveau de confort de la famille. Les comptes jeunesse offrent généralement des protections intégrées, comme des limites de dépenses quotidiennes et des restrictions sur les achats en ligne.

Il n'y a pas de processus de demande distinct du compte lui-même — la carte est rattachée au compte. Si vous préférez démarrer avec un outil plus simple, certaines institutions offrent des cartes prépayées ou rechargeables qui fonctionnent de façon semblable, mais sans accès direct au solde complet du compte.

Une carte de débit ou de dépense est un outil pratique pour apprendre aux enfants à dépenser selon leurs moyens — puisqu'ils ne peuvent dépenser que ce qui se trouve dans le compte, cela renforce naturellement l'idée que l'argent est une ressource limitée.

Quelles pièces d'identité dois-je fournir pour ouvrir un compte pour mon enfant?

Cela dépend de l'endroit où vous ouvrez le compte et du type de compte.

Dans plusieurs institutions financières traditionnelles, ouvrir un compte au nom de l'enfant exige deux pièces d'identité délivrées par le gouvernement : un certificat de naissance ou un passeport pour l'enfant, et une pièce d'identité avec photo valide (comme un permis de conduire ou un passeport) pour le parent ou le tuteur. Certaines institutions exigent aussi une demande en personne dans une succursale.

D'autres comptes fonctionnent différemment. Lorsque le compte est détenu en fiducie conjointe avec le parent comme seul titulaire, l'enfant n'a besoin d'aucune pièce d'identité ni passeport — l'identification du parent suffit, et tout peut souvent être fait en ligne, sans visite en succursale.

Les exigences varient, alors mieux vaut vérifier avant de commencer. Si une pièce d'identité est requise pour votre enfant et qu'il ou elle n'a pas de passeport, un certificat de naissance est généralement accepté comme pièce d'identité principale.

Les enfants peuvent-ils avoir une carte de crédit au Canada?

Un mineur ne peut pas détenir de carte de crédit à son propre nom. Pour être titulaire principal d'une carte, une personne doit avoir atteint l'âge de la majorité dans sa province ou son territoire — 18 ou 19 ans, selon l'endroit où elle habite.

Cela dit, de nombreuses institutions financières permettent aux parents d'ajouter un enfant comme utilisateur supplémentaire ou autorisé sur une carte de crédit existante. L'âge minimal pour un utilisateur autorisé varie selon l'institution : certaines n'imposent aucun minimum, d'autres exigent que l'enfant ait 13, 14 ou 16 ans.

Une mise en garde importante : le statut d'utilisateur autorisé ne permet pas à l'enfant de bâtir son propre dossier de crédit. L'activité de crédit est rattachée au dossier du titulaire principal. Si l'objectif est d'aider votre ado à apprendre à utiliser le crédit de façon responsable, une carte d'utilisateur autorisé peut être utile — mais elle ne lui donnera pas d'avance sur la constitution de sa propre cote de crédit.

Épargne, placements et comptes enregistrés

Un enfant de moins de 18 ans peut-il investir dans des actions ou des FNB au Canada?

Un mineur ne peut pas ouvrir de compte de courtage ni détenir de titres directement à son propre nom. La réglementation canadienne sur les valeurs mobilières exige que les titulaires de compte aient atteint l'âge légal.

À la place, un adulte — habituellement un parent ou un grand-parent — peut ouvrir un compte en fiducie informelle (parfois appelé compte « in-trust-for » ou ITF) au nom de l'enfant. L'adulte agit comme fiduciaire et gère les placements, tandis que l'enfant en est le ou la bénéficiaire.

Cette formule permet aux enfants de profiter des placements avant leurs 18 ans, mais elle comporte des implications fiscales précises qu'il est important de comprendre avant de cotiser. Plus de détails à ce sujet plus bas.

Quelle est la différence entre un REEE, un CELI et un compte en fiducie?

Ces 3 types de comptes répondent à des besoins différents, et les distinctions sont importantes :

  • Régime enregistré d'épargne-études (REEE) : conçu spécifiquement pour épargner en vue des études postsecondaires d'un enfant. Les cotisations ne sont pas déductibles d'impôt, mais la croissance des placements est à l'abri de l'impôt jusqu'au retrait. Le gouvernement fédéral verse une subvention égale à 20 % des premiers 2 500 $ cotisés chaque année par l'entremise de la Subvention canadienne pour l'épargne-études (SCEE), jusqu'à concurrence de 500 $ par année et de 7 200 $ pour la durée de vie du régime. Le plafond de cotisation à vie est de 50 000 $ par bénéficiaire. Les familles à faible revenu peuvent aussi être admissibles au Bon d'études canadien (BEC), qui offre jusqu'à 2 000 $ sans qu'aucune cotisation ne soit requise. Au Québec, le REEE peut aussi donner droit à l'Incitatif québécois à l'épargne-études (IQEE), une subvention provinciale distincte.

  • Compte d'épargne libre d'impôt (CELI) : ne peut être ouvert pour ou par une personne de moins de 18 ans. Les droits de cotisation commencent à s'accumuler l'année où la personne atteint 18 ans, mais dans les provinces où l'âge de la majorité est de 19 ans, le compte ne peut être ouvert qu'à 19 ans – les droits accumulés à 18 ans étant reportés.

  • Compte en fiducie (ITF) : une fiducie informelle où un adulte détient des placements au nom d'un enfant. Il n'y a aucune limite de cotisation, mais le revenu de placement est assujetti aux règles d'attribution (expliquées dans la section fiscale ci-dessous).

Pour la plupart des familles qui épargnent en vue des études futures d'un enfant, le REEE est un bon point de départ en raison des subventions gouvernementales. Un compte en fiducie offre plus de flexibilité, mais s'accompagne d'une fiscalité plus complexe. Le CELI est un compte que votre enfant pourra ouvrir une fois devenu adulte.

Un mineur peut-il avoir un REER ou un CELI?

CELI : non. Un CELI ne peut être ouvert pour ou par une personne de moins de 18 ans, et il n'existe aucun moyen d'en ouvrir un par l'entremise d'une fiducie ou d'un parent agissant comme mandataire. Les droits de cotisation s'accumulent à partir de l'année où la personne atteint 18 ans, et dans les provinces où l'âge de la majorité est de 19 ans, le compte s'ouvre à 19 ans, les droits de l'année des 18 ans demeurant intacts.

Régime enregistré d'épargne-retraite (REER) : il n'existe aucun âge minimal prévu par la loi fiscale pour ouvrir un REER, mais une personne doit avoir un revenu gagné pour générer des droits de cotisation. En pratique, la plupart des institutions financières n'ouvriront pas de REER pour une personne de moins de 18 ans. Un REER pour un mineur est pertinent dans des situations peu courantes — par exemple, si un enfant a un revenu d'emploi provenant du jeu d'acteur ou d'une entreprise familiale.

Qu'est-ce qu'un compte en fiducie et comment fonctionne-t-il?

Un compte en fiducie est une fiducie informelle où un parent, un grand-parent ou un autre adulte ouvre un compte de placement au nom d'un enfant mineur. L'adulte est le ou la fiduciaire qui gère le compte, et l'enfant en est le ou la bénéficiaire.

Points clés à comprendre :

  • Les cotisations sont irrévocables. Une fois l'argent déposé dans le compte, il appartient à l'enfant. Le ou la fiduciaire le gère, mais ne peut pas le reprendre.

  • Aucune limite de cotisation. Contrairement aux comptes enregistrés, il n'y a aucun plafond au montant qui peut être cotisé.

  • L'attribution fiscale s'applique. Les revenus d'intérêts et de dividendes générés par les cotisations versées par un parent sont attribués à ce parent aux fins de l'impôt, en vertu de l'article 74.1(2) de la Loi de l'impôt sur le revenu (LIR). Les gains en capital, cependant, sont imposés entre les mains de l'enfant.

  • L'attribution prend fin. Les règles d'attribution cessent de s'appliquer l'année civile où l'enfant atteint 18 ans.

  • La provenance des fonds compte. Si l'argent du compte provient de l'Allocation canadienne pour enfants (ACE), de dons de tiers ou d'un héritage, le revenu peut être imposé entre les mains de l'enfant plutôt que du parent – puisque ce dernier n'en est pas la source.

Les comptes en fiducie offrent de la flexibilité, mais les règles fiscales sont nuancées. Il vaut la peine de consulter un ou une fiscaliste pour comprendre comment l'attribution s'applique à votre situation.

La fiscalité et les aspects pratiques

Mes enfants paient-ils de l'impôt sur un compte d'épargne?

Cela dépend de la provenance de l'argent et du type de revenu qu'il génère.

Si un parent dépose de l'argent dans le compte d'épargne d'un enfant, les intérêts gagnés sont attribués au parent aux fins de l'impôt, en vertu de l'article 74.1(2) de la LIR. Le parent déclare ce revenu d'intérêts dans sa propre déclaration de revenus, et non dans celle de l'enfant.

Si l'argent du compte provient des propres revenus de l'enfant (un emploi à temps partiel, par exemple), les intérêts sont imposés entre les mains de l'enfant. Dans la plupart des cas, le revenu total d'un enfant est suffisamment faible pour qu'il ne doive que peu ou pas d'impôt.

À retenir : c'est la provenance des fonds qui détermine qui paie l'impôt, pas le nom inscrit sur le compte.

Qui paie l'impôt sur le revenu de placement d'un enfant?

La réponse dépend à la fois de la provenance des fonds et du type de revenu :

  • Les intérêts et les dividendes générés par l'argent cotisé par un parent sont attribués à ce parent en vertu des règles d'attribution de la LIR. Le parent déclare ce revenu dans sa déclaration de revenus.

  • Les gains en capital sont imposés entre les mains de l'enfant, peu importe qui a cotisé l'argent. Il s'agit d'une distinction importante : les gains en capital ne sont pas assujettis aux mêmes règles d'attribution que les intérêts et les dividendes.

  • Le revenu provenant de sources tierces (dons de grands-parents, héritages ou sommes de l'Allocation canadienne pour enfants) peut être imposé entre les mains de l'enfant, puisque le parent n'en était pas la source.

L'attribution prend fin l'année civile où l'enfant atteint 18 ans. Par la suite, tout le revenu de placement — y compris les intérêts et les dividendes — est imposé au nom de l'enfant.

Qu'advient-il de l'argent reçu en cadeau ou pour un anniversaire?

L'argent reçu en cadeau appartient à l'enfant, et ce qui se passe ensuite dépend de ce que vous en faites.

Si vous le déposez dans un compte d'épargne, les intérêts gagnés sont généralement imposés entre les mains de l'enfant — puisque l'argent provient d'un tiers, et non du parent. Si vous le placez dans un compte en fiducie, le même principe s'applique : comme le parent n'a pas fourni les fonds, les règles d'attribution peuvent ne pas s'appliquer, et le revenu pourrait être imposé au nom de l'enfant.

Une autre option consiste à verser l'argent reçu en cadeau dans un REEE. C'est souvent une bonne idée, puisque les cotisations admissibles donnent droit à la Subvention canadienne pour l'épargne-études — une subvention fédérale égale à 20 % des premiers 2 500 $ cotisés chaque année, jusqu'à concurrence de 500 $ annuellement. 

Quel que soit votre choix, garder une trace de la provenance de l'argent reçu en cadeau peut simplifier les choses au moment de l'impôt, surtout si l'Agence du revenu du Canada (ARC) pose un jour des questions sur la provenance des fonds dans le compte d'un enfant.

Une simple feuille de calcul ou une note dans vos dossiers (« argent d'anniversaire des grands-parents, 200 $, mars 2026 ») suffit généralement. L'objectif est de pouvoir démontrer que le parent cotisant n'était pas la source des fonds si la question de l'attribution se pose.

Les questions que posent les enfants (et comment y répondre)

« Pourquoi on ne peut pas juste l'acheter? »

C'est habituellement l'une des premières questions d'argent que posent les enfants, et c'est une excellente question. L'idée que l'argent est une ressource limitée – qu'on en gagne une certaine quantité et qu'il faut choisir comment l'utiliser – n'est pas évidente pour un jeune enfant.

Plutôt que de couper court avec un « parce qu'on n'a pas les moyens » (qui peut créer de l'anxiété), essayez d'expliquer l'idée des choix. L'argent que votre famille gagne doit couvrir bien des choses : le logement, la nourriture, les vêtements, les activités. Chaque fois que vous dépensez pour une chose, cet argent n'est plus disponible pour autre chose.

Pour les plus jeunes, l'idée du « maintenant » par rapport à « plus tard » peut aider. « On ne l'achète pas maintenant parce qu'on choisit d'utiliser notre argent pour autre chose cette semaine. » Pour les enfants plus âgés, vous pouvez être plus concret : « On a un budget, et ça n'y entre pas ce mois-ci. »

L'objectif n'est pas de faire sentir l'enfant coupable d'avoir posé la question, mais de normaliser l'idée que dépenser implique de faire des choix; une leçon qui lui servira toute sa vie.

« Est-ce qu'on est riches? »

Cette question peut prendre les parents au dépourvu, mais les enfants la posent habituellement par curiosité sincère, pas par sentiment d'avoir droit à quoi que ce soit. Ils et elles essaient simplement de comprendre où se situe leur famille dans le monde qu'ils observent autour d'eux.

Une bonne approche consiste à recadrer la question. Plutôt que de répondre avec un chiffre ou une comparaison avec d'autres familles, vous pouvez parler de ce que signifie « avoir assez ». « On a un chez-soi, de la nourriture et ce dont on a besoin. Ça fait de nous des gens chanceux. Tout le monde n'a pas ça. »

Pour les enfants plus âgés, vous pouvez ajouter que la richesse a un sens différent selon les personnes, et que votre famille fait des choix sur la façon d'utiliser l'argent qui reflètent vos valeurs. Cela crée une belle occasion de parler d'épargne, de générosité et de la différence entre les besoins et les désirs.

Il n'y a pas de bonne réponse unique ici, mais l'honnêteté, dans les mots qui conviennent à votre famille, bâtit la confiance.

« Combien d'argent tu gagnes? »

Les parents craignent souvent que cette question mène à des comparaisons ou à trop de détails. Mais les enfants essaient habituellement de comprendre quelque chose de concret : comment l'argent fonctionne-t-il chez nous?

Vous n'avez pas à révéler votre salaire exact si vous n'êtes pas à l'aise de le faire. Ce qui compte davantage, c'est le concept : les adultes travaillent, le travail génère un revenu, et ce revenu sert à payer les choses dont la famille a besoin.

Pour les jeunes enfants, une explication simple fonctionne bien : « Assez pour prendre soin de notre famille et en mettre un peu de côté pour plus tard. » Pour les enfants plus âgés et les ados, vous pourriez choisir d'être plus précis — surtout si vous essayez de leur enseigner la gestion d'un budget. Certains parents trouvent utile de montrer une version simplifiée du budget familial, pour que les enfants voient comment le revenu se répartit entre les dépenses, l'épargne et les dépenses discrétionnaires.

Le plus important, c'est de normaliser le fait de parler d'argent. Plus votre famille est à l'aise avec ces conversations, mieux vos enfants seront préparés à gérer leurs propres finances une fois adultes.

« Pourquoi je dois épargner? »

Épargner semble abstrait pour les enfants, surtout les plus jeunes. La récompense est dans le futur, et le futur est difficile à imaginer quand on a 8 ans.

Une façon de rendre l'épargne concrète est de la relier à quelque chose que l'enfant désire. S'il ou elle épargne pour un jouet, un jeu ou une expérience, aidez-le ou aidez-la à suivre ses progrès visuellement — un pot, un graphique ou une appli simple. Voir l'argent s'accumuler vers un objectif rend le concept réel.

Pour les enfants plus âgés, vous pouvez introduire l'idée que l'épargne n'est pas une question de privation, mais une question de choix. Épargner vous donne des options. Ça veut dire que vous pourrez dire oui à des choses plus tard que vous ne pouvez pas vous permettre aujourd'hui. Et ça veut dire que vous avez un filet de sécurité quand quelque chose d'imprévu arrive.

Si votre enfant a un compte, lui montrer son solde qui augmente avec le temps, que ce soit de 5 $ par semaine ou de 50 $ par mois, peut être plus convaincant que n'importe quel discours.

« C'est quoi une carte de crédit, et pourquoi je ne peux pas en avoir une? »

Les enfants voient constamment des cartes de crédit être utilisées, alors il est normal qu'ils se demandent comment ça fonctionne. Le concept de base à expliquer, c'est qu'une carte de crédit permet d'emprunter de l'argent pour une courte période. Quand vous payez avec une carte de crédit, l'institution financière paie le commerçant, puis vous devez cet argent à l'institution financière. Si vous remboursez tout à temps, il n'y a aucun coût supplémentaire. Sinon, des intérêts vous sont facturés, ce qui veut dire que vous finissez par payer plus cher que le prix d'origine.

Pour les jeunes enfants, vous pouvez simplifier : « C'est comme emprunter – et il faut rembourser. » Pour les ados, vous pouvez aller plus loin en parlant des taux d'intérêt, de la cote de crédit et de l'importance de rembourser le solde en entier chaque mois.

Quant à savoir pourquoi ils ne peuvent pas en avoir une : au Canada, il faut avoir atteint l'âge de la majorité (18 ou 19 ans selon la province) pour détenir une carte de crédit à son propre nom. Certaines familles choisissent d'ajouter leur enfant comme utilisateur autorisé sur la carte d'un parent pour l'aider à s'exercer à utiliser le crédit de façon responsable, mais il est important de savoir que cela ne bâtit pas le dossier de crédit personnel de l'enfant.

La conversation sur le crédit est précieuse. Comprendre comment fonctionne l'emprunt et le coût de porter une dette est l'une des leçons financières les plus pratiques qu'un jeune puisse apprendre.

Une bonne façon de rendre ça concret : la prochaine fois que vous utilisez une carte de crédit devant votre enfant, décrivez le processus à voix haute. « J'emprunte ce montant maintenant, et je vais le rembourser à la fin du mois pour ne rien devoir de plus. » Ce genre de petits moments transforme un concept abstrait en quelque chose de tangible.

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