Vous croyez qu’une action va stagner pendant un certain temps, mais vous voulez être là lorsque le cours va finir par bouger. Un écart calendaire en position acheteur sur options d’achat vous permet de vendre une position « tranquille » à court terme pour financer une exposition haussière à plus long terme. Cette stratégie est composée de deux options au même prix de levée, mais à deux dates d’échéance différentes.
Voici comment ça fonctionne.
Qu’est-ce qu’un écart calendaire en position acheteur sur options d’achat?
Pour monter un écart calendaire en position acheteur sur options d’achat (également appelé écart horizontal sur option d’achat), il faut deux étapes :
Vendre une option d’achat dont la date d’échéance est rapprochée (mois 1)
Acheter une option d’achat dont la date d’échéance est éloignée (mois 2)
Les deux options ont le même sous-jacent (l’action) et le même prix de levée. Comme l’option à échéance éloignée coûte toujours plus cher que celle à échéance rapprochée, cette stratégie se solde par un débit net : vous devez débourser de l’argent pour établir la position.
Vous partez du principe que si l’action reste stable à court terme, la position vendeur sur option d’achat à échéance rapprochée perd de la valeur plus rapidement que la position acheteur sur option d’achat à échéance éloignée. Cette érosion de la valeur temps joue en votre faveur. Une fois que l’option d’achat à échéance rapprochée expire, vous conservez une exposition à la haute à plus long terme, et ce, pour moins cher que si vous aviez directement acheté l’option d’achat.
Pattes de la stratégie : 2 (position vendeur sur option d’achat du mois 1 + position acheteur sur option d’achat du mois 2) Prix de levée : Identique pour les deux pattes Sentiment : Neutre à haussier
Voici quelques observations sur le nom de cette stratégie. Comme il s’agit d’une « position acheteur », la stratégie entraîne un débit net. Si la stratégie porte également le nom d’« écart horizontal », c’est parce que les options expirent à des dates différentes, mais partagent le même prix de levée.
Exemple concret (avec des chiffres fictifs)
Supposons que Marcus s’intéresse à l’action KIWI, qui se négocie actuellement à 100 $. Il croit que le cours de KIWI ne bougera pas énormément au cours du mois prochain, mais demeure optimiste quant à son évolution au cours des prochains mois. Il met en place un écart calendaire en position acheteur sur options d’achat.
Voici ce qu’il fait :
Vendre 1 option d’achat sur KIWI du mois 1 au prix de levée de 100 $ pour une prime de 3,35 $
Acheter 1 option d’achat sur KIWI du mois 2 au prix de levée de 100 $ pour une prime de 4,75 $
Son débit net s’élève à 1,40 $ par action, ce qui revient à 140 $ une fois qu’on inclut le multiplicateur de l’option, qui est de 100. C’est le montant maximum que Marcus peut perdre.
Le meilleur scénario : profit maximal
Le scénario idéal de Marcus se déroule en deux temps : Le cours de KIWI reste stable pendant le premier mois, puis remonte par la suite. Si le cours de KIWI est inférieur ou égal à 100 $ à l’échéance de l’option du mois 1, la position vendeur sur option d’achat expire sans valeur, et Marcus conserve cette prime. Ensuite, si le cours de KIWI grimpe d’ici l’échéance de l’option du mois 2, l’option d’achat à échéance éloignée lui permet de profiter de la hausse.
Question : KIWI se négocie à 100 $ lors de la mise en place de l’écart, qui entraîne un début de 1,40 $. Le cours de KIWI est inférieur à 100 $ à l’échéance de l’option du mois 1. (Marcus ne reçoit pas d’assignation pour la position vendeur sur option d’achat.) Ensuite, le cours de KIWI atteint 110 $ à l’échéance de l’option du mois 2. À combien s’élève le profit de Marcus (avant déduction des frais et commissions)?
Réponse : 860 $
Voici la ventilation par patte :
Mois 1 – Position vendeur sur option d’achat : Le cours de KIWI est inférieur au prix de levée de 100 $. La position vendeur sur option d’achat expire donc sans valeur. Marcus conserve l’intégralité de la prime perçue. 3,35 $ × 100 = 335 $
Mois 2 – Position acheteur sur option d’achat : Le cours de KIWI atteint 110 $. Marcus a payé une prime de 4,75 $ pour une option d’achat qui vaut désormais 10 $. 10,00 $ – 4,75 $ = 5,25 $ × 100 = 525 $
Profit net : 335 $ - 525 $ = 860 $
Le pire scénario : perte maximale
Le cours de KIWI a énormément fluctué dans un sens ou dans l’autre. Lorsque le cours de l’action s’éloigne fortement du prix de levée, la différence de valeur entre les deux options d’achat se rapproche de zéro, et Marcus perd la totalité du montant qu’il a payé pour mettre en place l’écart. En cas de forte baisse, les deux options d’achat convergent vers zéro. En cas de forte hausse, les deux options deviennent fortement en jeu et se négocient à des prix presque identiques. Dans les deux cas, l’écart s’effondre.
La perte maximale correspond au débit net payé pour établir la position : 140 $.
Question : Le cours de KIWI est inférieur à 100 $ à l’expiration des options échéant aux mois 1 et 2, et Marcus ne reçoit pas d’assignation de la position vendeur sur option d’achat et n’exerce pas la position acheteur sur option d’achat. À combien s’élève son profit ou sa perte?
Réponse : –140 $
Les deux options expirent sans valeur. La perte de Marcus se limite au montant qu’il a payé pour mettre en place l’écart.
–1,40 $ × 1 × 100 = –140 $
Comme le cours de KIWI est resté inférieur au prix de levée à l’échéance de l’option du mois 1, Marcus a conservé la prime de la position vendeur sur option d’achat. Sa stratégie revenait donc à acheter l’option d’achat du mois 2 au coût net de l’écart (1,40 $). Comme le cours de KIWI était inférieur au prix de levée de l’option d’achat du mois 2, cette dernière a également expiré sans valeur.
Seuil de rentabilité
Contrairement à une simple option à une patte, l’écart calendaire en position acheteur sur options d’achat comporte deux seuils de rentabilité : l’un au-dessus du prix de levée et l’autre en dessous. Il s’agit du cours de l’action, à l’échéance de l’option du mois 1, auquel la valeur temps restante de l’option d’achat à échéance éloignée correspond exactement au coût initial de l’écart. Les seuils de rentabilité exacts dépendent des conditions du marché à l’échéance de l’option du mois 1. Il est donc impossible de les déterminer à l’avance à l’aide d’une formule unique.
Ce que Marcus espère
Marcus aimerait que le cours de KIWI oscille autour de 100 $ tout au long du mois 1 – juste assez pour que l’option d’achat à échéance rapprochée expire sans valeur – puis qu’il grimpe fortement avant le mois 2. Ce scénario en deux temps permettrait à la stratégie de porter ses fruits. Ainsi, la stagnation à court terme financerait le pari à plus long terme.
Risques à surveiller
Assignation anticipée
Comme Marcus a vendu une option d’achat, il doit composer avec le risque d’assignation anticipée sur cette patte de l’opération. La partie acheteuse peut exercer la position vendeur sur option d’achat du mois 1 en tout temps. Marcus n’a pas son mot à dire sur le moment choisi.
La raison la plus courante pour le faire est le versement d’un dividende. Si KIWI verse un dividende et que la position vendeur sur option d’achat est en jeu, le détenteur ou la détentrice pourrait exercer l’option par anticipation dans le but d’être actionnaire à la date de clôture des registres. Si Marcus reçoit une assignation avant cette date, il se retrouve en position vendeur sur les actions de KIWI à l’approche de la date ex-dividende (contrairement à ce qu’il avait prévu).
Sa position acheteur sur option d’achat du mois 2 ne présente aucun risque d’assignation anticipée, puisque c’est lui qui décide s’il exerce l’option (et à quelle date il le fait).
La complication liée aux deux échéances
Ce qui distingue les écarts calendaires des écarts verticaux standards, c’est la présence de deux échéances à gérer plutôt qu’une seule.
Si Marcus se voit assigner la position vendeur sur option d’achat du mois 1, il se retrouve avec une position vendeur sur l’action KIWI, mais continue à détenir la position acheteur sur option d’achat du mois 2. Il doit désormais gérer cette position jusqu’à l’échéance du mois 2 :
Si le cours de KIWI est supérieur au prix de levée à l’échéance de l’option du mois 2, Marcus peut exercer sa position acheteur sur option d’achat pour clôturer la position vendeur sur l’action.
Si le cours de KIWI est inférieur au prix de levée à l’échéance de l’option du mois 2, la position acheteur sur option d’achat ne sera pas exercée. Marcus devra acheter des actions sur le marché pour clôturer la position vendeur sur actions avant de se retrouver avec une position vendeur non couverte.
Autre information utile : les options sont automatiquement exercées à l’échéance si elles sont en jeu d’au moins 0,01 $. Si le cours de KIWI oscille autour de 100 $ à l’approche de l’une des dates d’échéance, Marcus doit savoir quoi faire pour les deux dates, pas seulement pour l’une.
S’il veut éviter toute position sur actions imprévue, la solution la plus simple serait de liquider l’écart avant l’une des dates d’échéance. Comme il y a deux échéances en jeu, il faut redoubler de vigilance.
En résumé
Un écart calendaire en position acheteur sur options d’achat peut être judicieux lorsque vous estimez qu’une action se trouve présentement dans une phase de stagnation, mais qu’elle présente un bon potentiel de hausse. Vous profitez de l’accalmie à court terme pour réduire le coût de votre position à plus long terme. Le risque est plafonné au montant que vous avez payé pour établir la position. Le gain que vous ferez dépendra de vos choix et de ce qui arrivera aux deux dates d’échéance.