Illustration par Sammy Yi

REER c. CELI : lequel l’emporte?

Wealthsimple crée des outils puissants pour vous aider à gérer et à faire fructifier votre argent. Informez-vous plus avant

La vie a le don de nous mettre devant des dilemmes déchirants. Par exemple : devrais-je regarder cette série qui a l’air bien mais qui va se gâter après deux épisodes, ou cette autre série qui a l’air bien mais qui va se gâter après deux épisodes? Et lequel de ces comptes de placement serait le mieux pour moi en tenant compte de mon âge et de ma situation fiscale? Vous savez, le genre de discussion légère à avoir accoudés au bar. Pour les choix télévisuels, on n’est pas trop fiables, mais pour ce qui est du dilemme REER ou CELI, on assure.

Bon, c’est quoi un REER?

Il y a très, très longtemps que le REER existe. Créé en 1957 pour encourager les Canadien.ne.s à épargner en vue de leur retraite, le Régime enregistré d’épargne-retraite permet aux contribuables de placer une partie de leurs revenus bruts à l’abri de l’impôt en vue de l’utiliser au moment de la retraite. Le titulaire du REER peut choisir comment il investira les fonds, qui seront imposés seulement au moment de les retirer. Chaque année, les Canadien.ne.s peuvent cotiser un maximum de 18 % de leurs revenus dans un REER, jusqu’à une certaine limite annuelle établie par le gouvernement. (En 2021, cette limite est de 27 830 $, et elle passera à 29 210 $ en 2022.)

Prenons un exemple pour illustrer tout ça. Disons que vous gagnez 75 000 $ cette année et que vous cotisez le maximum de 18 % de votre revenu dans votre REER, soit 13 500 $. Le montant de vos cotisations n’étant pas imposé, vous déclarerez donc des revenus imposables de 61 500 $ cette année. Pendant ce temps, ces 13 500 $ seront en train de fructifier gaiment. Ce montant (et tous les gains qu’il aura générés) ne sera imposé qu’au moment où vous le retirerez, pendant votre retraite.

Le REER est génial pour une foule de raisons. (Ou, en tout cas, aussi « génial » qu’un compte de retraite peut l’être .) En voici quelques-unes.

Régimes complémentaires de retraite : Beaucoup d’employeurs offrent à leurs employés un REER collectif dans lequel ils versent un certain pourcentage du salaire des employés. Disons que votre employeur offre un versement complémentaire de 5 %. Si vous cotisez 2500 $ (soit 5 % d’un salaire de 50 000 $), votre employeur ajoutera le même montant, portant le total de vos investissements à 5000 $.

« Peu importe la situation, vous devriez toujours tenter de votre mieux de profiter d’un tel programme, avise Zoe Wolpert, spécialiste principale en investissements et retraite chez Wealthsimple. Autrement, cela revient à refuser une partie de votre salaire. »

Vous pourriez payer moins d’impôt au moment de votre retraite : Éventuellement, lorsque vous voudrez retirer des fonds de votre REER, cet argent sera imposé. Cependant, pour la plupart d’entre nous, le taux d’imposition après la retraite sera plus faible que pendant que l’on travaille. L’argent épargné sera donc imposé à un taux moindre.

N’oubliez pas que vous ne retirerez pas tout votre argent d’un seul coup. (Autrement, oui, le taux d’imposition serait sûrement assez élevé.) L’année de vos 71 ans, vous devrez convertir votre REER en Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR). Par la suite, vous devrez obligatoirement retirer chaque année un pourcentage minimal. « Ainsi, non seulement vous ne payez d’impôt que sur le montant retiré chaque année, mais tout l’argent qui reste dans le FERR continue de croître », indique Zoe Wolpert.

Et qu’est-ce qu’un CELI, pour l’amour?

Si le REER a une vague odeur d’âge d’or, le CELI, lui, a l’aura du jeune branché qui connaît des chorégraphies TikTok. Le CELI, créé pour inciter les Canadien.ne.s à épargner, n’existe que depuis 2009. En fait, le CELI, ou compte d’épargne libre d’impôt, porte plutôt mal son nom. Il ne s’agit pas du compte d’épargne commun (ou epargnus officinalis). Comme pour le REER, les fonds dans un CELI peuvent être investis comme bon vous semble. Autre point en commun avec le REER, le CELI possède aussi une limite de cotisation qui varie chaque année. Les montants non cotisés peuvent aussi être reportés d’année en année. (En 2021, la limite annuelle est de 6000 $.) Par contre, les droits de cotisation s’accumulent. Par exemple, quiconque était âgé d’au moins 18 ans en 2009 aurait des droits de cotisation totalisant 75 500 $ en 2021. (Tant que vous avez eu 18 ans avant 2009, vous pouvez calculer vos droits de cotisation avec ce tableau.)

Toutefois, la plus grande différence entre le REER et le CELI, c’est que l’argent cotisé dans un CELI fait partie de votre revenu après impôt. L’argent qui s’y trouve et tout revenu d’investissement qu’il vous rapporte est donc à l’abri de l’impôt pour toujours. Rien à payer lorsque vous le retirez.

Revenons à notre exemple. Si vous gagnez 75 000 $ par année et déposez 20 000 $ dans un CELI (plutôt que dans un REER), vous devrez quand même déclarer 75 000 $ de revenus imposables. Cependant, lorsque vous le retirerez, vous ne paierez pas un cent de plus en impôt, tant sur le montant initial de 20 000 $ que sur les gains du compte.

Voici le principal avantage du CELI :

Votre argent est accessible. Le CELI, c’est un peu comme la gymnaste olympique des comptes d’investissement : on ne trouve pas plus flexible. Considérez-le comme un guichet pour vos épargnes. Vous avez besoin d’une mise de fonds pour une maison? Retirez 50 000 $ de votre CELI. Si vous voulez retrouver ces droits de cotisation, vous n’avez qu’à remettre ce montant dans le compte à partir de l’année suivante ou dans 10, 20 ans… peu importe! Tant que vous êtes en vie, ces droits de cotisation vous appartiennent. Et même si ces 50 000 $ étaient au départ 40 000 $ qui ont fructifié, vous aurez quand même 50 000 $ de droits de cotisation.

Idéalement, ne choisissez pas un compte ou l’autre. Si vous avez le merveilleux privilège d’en avoir les moyens, maximisez les cotisations dans chacun de ces comptes. Pourquoi ne pas tirer le maximum de tous les comptes fiscalement avantageux au lieu de laisser votre argent dans des comptes... non fiscalement avantageux? Autrement, c’est effectivement comme refuser de l’argent donné par le gouvernement.

Comme ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de cotiser le maximum dans ces deux comptes, nous devons prioriser.

Quand faut-il privilégier le REER?

Quel que soit votre salaire, si votre employeur offre un REER avec cotisations complémentaires, la première chose à faire serait d’investir de manière à obtenir le montant maximal de votre employeur, avant de vous tourner vers un CELI. « Si vous avez un régime complémentaire de retraite, c’est le premier endroit où investir votre argent », affirme Zoe Wolpert.

Également important : si vous gagnez plus de 50 000 $ par année, vous devriez toujours cotiser d’abord dans votre REER. Wolpert explique : « L’objectif est d’accéder à une tranche d’imposition inférieure en réduisant votre revenu. Si vous gagnez moins de 50 000 $, vous êtes déjà dans la tranche inférieure et n’avez pas besoin de l’aide du REER. Mais si ce n’est pas votre cas, le fait de cotiser de votre revenu brut pourrait vous faire payer moins d’impôt. »

Quand il s’agit d’investir dans un REER, il y a une autre question à se poser : aurai-je besoin de cet argent avant ma retraite?

Le grand désavantage du REER (son seul désavantage, en fait) : si vous retirez des fonds avant votre retraite, le fisc vous attendra les bras ouverts. Le montant retiré sera considéré comme un revenu imposable et une retenue fiscale sera déduite de votre retrait. De plus, contrairement au CELI, vous ne retrouverez pas ces droits de cotisation. Une fois que vous retirez un montant de votre REER, ces droits de cotisation sont partis pour de bon. Ciao.

Seules deux situations vous permettent de retirer de l’argent avant votre retraite. Si vous achetez votre première maison, le régime d’accession à la propriété (RAP) vous permet d’emprunter jusqu’à 35 000 $ de votre REER. Vous devez commencer à vous rembourser deux ans après son retrait, et l’avoir entièrement repayé au cours des 15 années suivantes.

Finalement, le régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) vous permet de retirer jusqu’à 20 000 $ afin de payer des frais d’études supérieures. Vous avez 10 ans pour les rembourser sans pénalité. C’est un peu comme un prêt sans intérêt.

Et quand faut-il choisir le CELI?

Si vous gagnez moins de 50 000 $ par année, cotisez d’abord à votre CELI. Comme nous l’avons expliqué précédemment, plus votre revenu est élevé, plus vous payez d’impôt. Si vous restez sous la limite magique des 50 000 $, vous obtenez déjà le taux d’imposition le plus faible. Vous n’avez donc pas besoin de l’avantage fiscal offert par le REER.

« Si vous êtes sous la barre des 50 000 $, les réductions d’impôt apportées par le REER seront minimes, prévient Zoe Wolpert. Concentrez-vous sur le CELI, qui entraîne aussi d’excellents avantages fiscaux. »

Une chose à savoir : le CELI n’est pas idéal pour l’épargne.

Nous l’avons déjà dit : ce « compte d’épargne » porte bien mal son nom. S’il s’agit d’un excellent outil pour éviter de payer de l’impôt sur les gains de placements, le CELI n’est cependant pas un compte d’épargne à proprement parler, c’est-à-dire un compte stable et à faible risque où garder les fonds dont vous pourriez avoir besoin rapidement. Puisque le CELI comporte des droits de cotisation limités, il vaut mieux l’utiliser de manière à en retirer le meilleur rendement, en investissant dans des actions, par exemple. « Idéalement, vous feriez mieux de ne pas utiliser vos droits de cotisation pour vos épargnes à faible croissance, explique Zoe Wolpert. Si vous utilisez ces droits de cotisation, alors investissez votre CELI dans des produits de placements qui vous rapporteront le plus possible à long terme, car ces profits seront libres d’impôt. »

Vous hésitez encore?

Nous ne pouvons peut-être pas vous proposer le jeu de pièce de monnaie que vous voyez en haut de cette page (hypnotisant, non?), mais nous avons quelque chose de tout aussi amusant. Une aventure de compte à l’abri de l’impôt dont vous êtes le héros :

Andrew Goldman écrit depuis 20 ans et fait des placements depuis 10 ans. Il anime présentement le podcast The Originals et écrit sur les finances personnelles et les placements pour Wealthsimple. Auparavant, certains de ses articles ont été publiés dans The New York Times Magazine, Bloomberg Businessweek, New York Magazine et Wired. Il vit à Westport, au Connecticut, avec son épouse, Robin, leurs deux garçons et un Bedlington terrier.

Tranches de vie financière

"Jusqu’à l’âge de 44 ans, je n’ai jamais eu de compte d’épargne. Je ne m’en vante pas, c’est la triste réalité. J’étais toujours dans le rouge. Je devais toujours de l’argent à quelqu’un. J’étais aussi égoïste et totalement irresponsable."

Anthony Bourdain

Abbonez-vous

Chaque mois, recevez les meilleurs articles de notre magazine.

Abonnez-vous à notre infolettre

    IMPÔT WEALTHSIMPLE

    Produisez votre déclaration de revenus de 2020 dès aujourd’hui

    Cette année, vous allez adorer faire vos impôts – sans blague. Vous obtiendrez le remboursement maximum : c’est garanti.

    full cta

    Nos meilleures histoires, une fois par mois.

    Abonnez-vous à notre infolettre

    Le contenu de ce site est produit par Wealthsimple Technologies inc. et est publié à titre informatif seulement. Il ne doit pas être considéré comme des conseils en matière de placement, ni comme aucun autre type de conseil professionnel. Avant de prendre une décision en fonction de ce que vous lisez sur ce site, consultez un professionnel. La mention de tiers sur ce site ne doit pas être interprétée comme un cautionnement. L’argent placé est exposé à des risques, et il n’est pas exclu qu’il soit perdu, en partie ou en totalité. Les rendements antérieurs ne sont pas garants des rendements futurs. Les références à des rendements antérieurs, hypothétiques ou anticipés et les illustrations sont fournies à titre indicatif seulementEn utilisant ce site Web, vous acceptez nos Conditions d’utilisation et notre Politique de confidentialité. Droits d’auteur 2021 Wealthsimple Technologies Inc.

    ;