Wealthsimple est un tout nouveau genre de service de placement. Ce billet est le plus récent de notre série Tranche de vie financière, dans laquelle des gens au parcours intéressant parlent sans détour du rôle qu’a joué l’argent dans leur vie.

J’ai obtenu mon premier contrat à l’âge de 8 ans : je jouais dans le vidéoclip Forever Your Girl de Paula Abdul, l’un des succès de son premier album. David Fincher réalisait la vidéo. Je crois que j’ai eu la piqûre. Peu après, j’ai commencé à être mannequin lors de défilés dans un centre commercial local de Cedar Rapids en Iowa, là où j’ai grandi. À 10 ans, je n’étais pas un acteur célèbre, mais j’obtenais de petits contrats ici et là. C’était amusant et j’aimais l’idée d’apporter une certaine contribution financière à mes parents.

Ma famille faisait partie de la classe moyenne. Mon père travaillait dans une manufacture de boîtes et ma mère, dans une usine de gruau Quaker. Plus tard, ils ont ouvert un petit restaurant. Grâce à leur exemple, j’ai toujours cru au travail acharné. C’était formateur de les observer jongler avec les dettes et le gouvernement. En fait, je ressentais toujours une forme de stress financier et ça m’a rendu très prudent avec l’argent. C’est d’ailleurs le cas encore aujourd’hui. Après ces années difficiles, j’ai appris à ne jamais prendre l’argent pour acquis et à éviter les dépenses inutiles.

Encore aujourd’hui, je deviens nerveux lorsque je dois dépenser un gros montant d’argent.

C’est en partie ce qui explique que je n’ai jamais été matérialiste. Même si je cumulais des millions à l’infini, je ne pense pas que je changerais mes habitudes. Pour moi, ce que l’on possède doit avoir une signification, sans quoi ça devient tout à fait futile.

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C’est notamment la raison pour laquelle je collectionne des vinyles. J’en ai plus de 4 000. Certains valent plutôt cher, mais ça ne fait pas longtemps que je suis à l’aise avec l’idée. Récemment, j’ai acheté un album du jazzman Horace Silver paru sous l’étiquette Blue Note, avec Art Blakey à la batterie. Il coûtait 300 $. Quand j’ai commencé à acheter des vinyles, je trouvais que 50 $ pour un disque était exagéré. Puis je me suis mis à travailler de plus en plus, et j’ai commencé à me dire : « je ne dépense pas vraiment autrement, je peux bien me permettre ça ». C’est drôle comme notre perception des dépenses change avec le temps; on commence par justifier ces petites tentations, puis un prix qui nous paraissait autrefois élevé ne représente soudainement plus grand chose. Toutefois, j’ai encore mes limites. Payer 1 000 $ pour un vinyle me rendrait nerveux. Encore aujourd’hui, c’est ce qui m’arrive lorsque je dois dépenser un gros montant d’argent.

Je collectionne aussi des photos anciennes que je trouve par terre, ou dans de vieux livres ou pochettes d’album. Elles ne coûtent rien, mais elles ont beaucoup de valeur à mes yeux. Vous savez, ces photos en noir et blanc que l’on trouve pêle-mêle dans un magasin d’antiquités? Ma soeur aussi en est obsédée. Elles piquent la curiosité, elles sont comme une fenêtre qui s’ouvre sur le passé. Quand on les regarde, on veut juste savoir qui sont ces gens et quelle vie ils ont menée. Je trouve ça tellement fascinant, les vies de ces mystérieux personnages et aussi ce que les gens choisissent de photographier. Parfois même, quand je suis chez un ami, je feuillette les albums photos qui traînent. Je peux devenir complètement absorbé.

Voici une autre chose qui a de la valeur et qui ne coûte rien : pleurer un bon coup.

À part les disques, l’une des seules choses sur lesquelles je veux dépenser mon argent est les expériences. Les voyages, par exemple. Il n’y a rien de plus enrichissant. La bouffe en est une autre. Selon moi, aller manger dans un bon restaurant améliore la vie. Bon nombre de ces expériences gastronomiques sont uniques, elles ne se répéteront jamais. Quand pourrez-vous de nouveau vous asseoir au restaurant ou passer la soirée avec vos amis? Pour moi, ces raisons justifient la dépense.

Tiens, voici une autre chose qui a de la valeur et qui ne coûte rien : pleurer un bon coup. Il n’y a rien de comparable à ça. L’automne dernier, j’ai pleuré la fin d’une relation, pas parce que je me sentais seul ou que j’étais complètement détruit, mais parce que je perdais un lien avec quelqu’un. Je me suis senti mieux après. Je pleure souvent en regardant des films. Certains ont le don de me rendre émotif. C’est humiliant, mais j’ai pleuré durant Star Wars : le réveil de la Force. Mes émotions sont près de la surface, alors ça ne prend pas grand chose pour que les larmes commencent à couler.

Pour être franc, j’aimerais même pleurer davantage. Il n’y a rien de plus soulageant, rien qui ne nous connecte davantage à nous-même. Je ressens souvent énormément de stress, de pression sur mes épaules, et pleurer laisse tout sortir. Étant quelqu’un de très prudent avec l’argent, j’en suis venu à accorder de la valeur aux choses qui me font me sentir mieux, mais qui ne coûtent rien. Pleurer en fait partie!

Tel que raconté à Davy Rothbart en exclusivité pour Wealthsimple. Illustration par Jenny Mörtsell. Avec nous, l’investissement devient simple et abordable.

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