Wealthsimple est un tout nouveau genre de service de placement. Ce billet est le plus récent de notre série Modes d’emploi dans laquelle nous partageons nos judicieux conseils sur le monde des finances.

Félicitations! Maintenant que vous êtes travailleur autonome, vous pouvez aller au gym à 15 h 30, quand il n’y a personne sur le rameur. Vous pouvez braiser une épaule de porc un mardi après-midi, et vous ne manquerez pas votre enfant dans Les 3e années de Mme Allaire chantent La compagnie créole. Tant que vous pouvez parler à votre chat pour chasser la solitude, le travail autonome comporte de nombreux avantages.

L’épargne pour la retraite ne fait pas partie de ces avantages.

Je sais de quoi je parle : je suis travailleur autonome depuis cinq ans. Si l’éclairage peu flatteur au néon et le déplacement jusqu’au bureau ne me manquent pas le moins du monde, je dois admettre que je m’endors parfois en pleurant en repensant à mon régime de retraite. (Adieu, contributions de l’employeur!)

Difficile d’être un adulte financièrement responsable sans un département de ressources humaines.

Heureusement que nous sommes là! Pour nous aider à bâtir un plan réaliste pour les travailleurs autonomes, nous avons fait appel à des experts : Jonathan Medows, fondateur de CPA for Freelancers; Paul Golden, expert financier chez Smart About Money; et Hersh Shefrin, gourou de la finance comportementale et professeur à l’École des affaires Leavey de l’Université Santa Clara.

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La priorité : un fonds pour les jours gris

La seule bonne raison de devenir travailleur autonome sans avoir mis de côté l’équivalent de trois mois de dépenses (minimum!) serait si « devenir travailleur autonome » signifiait « j’ai été mis à pied ». Les experts recommandent même d’avoir une réserve de six mois, mais le minimum absolu est trois mois. Souvenez-vous que les chèques aux deux semaines sont chose du passé. Et même si un paiement s’en vient, vous ne savez pas exactement quand il va arriver.

Vous devriez garder la majorité de ce fonds de réserve en espèces, et ne jamais le placer dans des investissements comportant le moindre risque.

Rappelez-vous la règle des 30 %

Ne sortez pas le champagne trop vite lorsque vous recevrez votre premier chèque de travailleur autonome. Souvenez-vous que cet argent n’est pas imposé! Les comptables prônent de mettre 30 % de vos revenus de côté pour les impôts (que vous paierez sans doute chaque trimestre plutôt qu’une fois par année). Ouvrez un compte d’épargne séparé seulement pour l’impôt, et ne touchez pas à cet argent : il n’est pas à vous!

Surveillez obsessivement vos habitudes de consommation

Voilà un aspect que je prends très au sérieux. Comme pigiste, l’argent provient de plusieurs sources. Ça peut devenir compliqué. Si vous ne notez pas exactement tout ce que vous dépensez, vous ne comprendrez jamais pourquoi vous n’êtes pas capables d’épargner pour la retraite. Vous remettrez ça à plus tard. Puis « plus tard » va arriver, et vous serez bien mal pris!

Téléchargez Quicken ou Mint ou n’importe quelle autre application de gestion des finances (personnellement, je préfère un bon vieux fichier Excel), et passez au peigne fin vos relevés de banque et de cartes de crédit afin de voir où vous dépensez votre argent.

« Vous pensez peut-être que vous n’avez pas assez d’argent pour épargner, mais si vous suivez votre argent de plus près, il y a de bonnes chances que vous voyiez quelques possibilités », affirme Paul Golden de Smart About Money. « Prenez votre temps et poursuivez l’exercice sur quelques mois. C’est fastidieux, mais important, car nos habitudes de consommation varient. »

Établissez un budget

Chaque budget est différent, mais il y a quelques lignes directrices. Par exemple, on conseille généralement aux locataires de consacrer moins de 30 % de leur revenu mensuel à leur loyer. Et lorsque vous bâtissez ce budget, c’est le moment de penser à inclure vos épargnes — pour la retraite et pour la vie. D’ailleurs, à ce sujet...

Le point crucial : déterminez le montant à épargner

Si vous n’investissez pas dans d’autres comptes, tentez de maximiser les cotisations à votre CELI et à votre REER. Le plafond de cotisation à un CELI pour 2018 est fixé à 5 500 $. Pour un REER, la limite est de 18 % de votre revenu, jusqu’à concurrence de 26 230 $. À long terme, le mieux est de ne pas laisser cet argent dormir dans un compte ordinaire. Pourquoi ne pas ouvrir un REER ou un CELI maintenant? Vous n’aurez plus d’excuses pour ne pas cotiser! (À notre humble avis, Wealthsimple propose les meilleurs CELI et REER. Par ici pour commencer.) Quel type de compte devriez-vous privilégier? Nous y reviendrons dans quelques minutes.

En outre, si vous gagnez assez d’argent pour maximiser vos comptes de retraite et qu’il vous en reste encore pour épargner, c’est le moment d’ouvrir un compte d’investissement imposable.

Éloignez les tentations : faites des dépôts automatisés

Premièrement, prenez l’habitude de mettre de côté une partie de chaque chèque que vous recevez. D’après Jonathan Medows, 10 % est un bon point de départ; vous adapterez cette proportion à mesure que votre revenu annuel augmente (espérons-le). « Il faut viser 25 %, indique-t-il. Ce n’est peut-être pas réaliste à court terme, mais rappelez-vous que vous avez besoin de beaucoup d’argent pour prendre votre retraite. »

Ne vous fixez toutefois pas un objectif inatteignable. « Soyez honnête avec vous-même, ajoute M. Medows. C’est ma règle d’or. Choisissez un pourcentage réaliste en fonction de votre revenu et de vos frais de subsistance. Pour le reste, au fond, c’est seulement une question de discipline. »

Encore là, la clé est de faire des prélèvements automatisés, comme le ferait un employeur. Si vous avez un contrat assez régulier et que vous êtes certain de gagner un certain montant chaque mois, instaurez des virements automatiques avec une entreprise comme Wealthsimple. Autant que possible, arrangez-vous pour ne plus avoir à y penser.

Investir est compliqué. Nous avons simplifié le tout!

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Manipulez votre psyché pour devenir un meilleur épargnant

Vous croyez être mauvais pour épargner? Bienvenue dans le club! C’est dans la nature humaine. Acheter une bonne bouteille de rye est pas mal plus excitant que de virer 47 $ dans votre compte de retraite. Mais croyez-nous, il y a des trucs pour taire votre démon dépensier intérieur.

« Les gens sont intrinsèquement vulnérables aux problèmes d’autocontrôle. Le désir de gratification immédiate dépasse souvent le besoin de planifier à long terme, explique Hersh Shefrin, psychologue comportemental. La manière la plus efficace de gérer cela est de faire appel à des rôles externes. » Les rôles externes sont des gens ou des éléments extérieurs qui vous amènent à agir de la façon désirée. Ils fonctionnent parce qu’ils retirent la responsabilité de prendre une décision et minimisent le besoin d’affronter les tentations et d’y résister. Votre employeur qui prélève de l’argent de votre paie pour votre régime de retraite est un bon exemple de rôle externe efficace. « Pour les travailleurs autonomes, il est plus difficile d’avoir des rôles externes », admet M. Shefrin. Lorsqu’on travaille pour soi, il n’y a personne pour nous faire faire la bonne chose. Il faut donc s’y forcer soi-même.

Comment introduire les rôles externes dans vos habitudes de consommation? Voici deux trucs.

Payez seulement en argent comptant
C’est une façon de rendre les dépenses plus douloureuses. Le fait de voir vos réserves s’amenuiser n’est pas si amusant. M. Shefrin conseille aussi de payer avec les plus gros billets dans votre portefeuille. « Cela vous force à vous demander si vous voulez vraiment casser un billet pour une dépense donnée. Cela devient une façon d’économiser : en coupant dans vos dépenses plutôt qu’en vous défaisant volontairement d’une partie de votre argent. »

Maintenant, joignons l’utile à l’agréable. « Lorsque vous payez en argent et qu’on vous remet 5 $ ou moins en monnaie, dit M. Shefrin, mettez la monnaie dans une tirelire et accumulez-la. Après un mois, allez déposer ce montant. Ça, c’est plaisant! » Ce ne sera évidemment pas suffisant pour vous payer une villa en Toscane pour votre retraite anticipée. Il y a quand même deux utilités : vous faire dépenser moins d’argent sur de petits achats impulsifs et vous forcer à mettre votre monnaie (qui s’accumule plus vite que vous ne le pensez!) directement dans vos épargnes. Ce qui vous motivera à épargner encore plus!

Faites de l’épargne un jeu
Ça peut sembler ridicule, mais ne fermez pas l’onglet tout de suite. Après tout, M. Shefrin est l’un des plus grands experts au monde en finance comportementale.

« Le jeu active la zone de la récompense de votre cerveau, explique le professeur. Si c’est le centre de récompense qui détermine votre comportement, et non la peur, il y a de bonnes chances que vous passiez à l’action. »

Une manière facile d’y arriver (bon ok, et peut-être simple) est de vous fixer un objectif réaliste d’épargne pour la retraite, puis de vous récompenser chaque trimestre en vous offrant une belle sortie ou une paire de jeans ridiculement chère que vous désirez depuis des mois.

« Assurez-vous simplement de structurer le jeu afin qu’il soit possible de gagner. Vous devrez aussi être sévère avec vous-même. Pas d’épargne, pas de récompense, que ce soit un repas au resto, ou une activité amusante que vous aviez prévue pour le weekend, ou quoi que ce soit d’agréable, prévient M. Shefrin. Les gens réagissent bien aux environnements ludiques. »

Mais un instant. Il y a plusieurs comptes de retraite. Lequel choisir?

Eh oui, la question à un million de dollars. Les petits caractères de ces comptes peuvent être un peu compliqués — comme peut l’être la réglementation financière en général. N’hésitez pas à demander conseil à votre comptable (ou à un de nos conseillers, mais il existe néanmoins une règle d’or : si vous gagnez moins de 75 000 $, vous devriez cotiser d’abord à votre CELI, ensuite à votre REER. Pourquoi?

Les cotisations à un CELI sont déjà imposées. Si vous faites moins de 75 000 $ par année, et si vous pensez que votre revenu va augmenter significativement, il est préférable de cotiser le maximum à votre CELI d’abord. Ainsi, lorsque vous serez susceptible de passer à une fourchette d’imposition supérieure, il vous restera plus de droits de cotisation dans votre REER, ce qui réduira votre fardeau fiscal. (Car les cotisations à un REER sont déductibles d’impôt!) Par contre, si votre revenu est présentement supérieur à 75 000 $, vous devriez commencer par cotiser à votre REER, de façon à réduire vos impôts.

Un dernier conseil. Si vous le vouliez, vous pourriez faire toutes vos cotisations en même temps. Nous vous recommandons cependant d’investir de façon hebdomadaire ou mensuelle. C’est une stratégie d’investissement plus avisée, car vous ne risquez pas d’acheter tous vos placements alors que le marché est à son pic. (On appelle ça la « moyenne d’achat ».) Et si l’argent est automatiquement prélevé de votre compte de façon régulière, vous n’avez même plus à y penser et vous devenez un meilleur investisseur.

Plus de temps à perdre! Commencez à épargner!

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